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NOTRE ÉNERGIE

Nous devons être énergiques et vivre la vie humaine la plus pleine et "la plus riche possible. D'où trois catégories de devoirs.

A) Nous devons donner à notre corps la plus grande vigueur, en veillant sur notre nourriture, notre sommeil, notre respiration. En outre, les découvertes de Pasteur nous imposent une propreté méticuleuse.

E) Nous devons garder notre intelligence libre en évitant la précipitation et la prévention.

C) Nous devons acquérir une volonté puissante, en veillant sur la formation de nos habitudes.

jD) Ainsi nous consoliderons en nous tous les aspects que prend une volonté robuste : patience, persévérance, courage, sang-froid, initiative, entrain, méthode.

A. — L'énergie corporelle.

75. C'est l'énergie qui fait l'homme. — Nous savons qu'on ne peut pas compter sur un enfant faible, pauvre d'énergie.

Il se décourage et pleure parce qu'il a froid, ou parce qu'il a trop chaud, ou parce qu'il a faim, ou parce qu'il a mal à la tète.

Inattentif, vite fatigué, un enfant sans énergie se laisse aller : c'est un « propre à rien ». Il travaille mollement, avec dégoût, et il sabote son ouvrage. Plus tard, il sera un mauvais ouvrier sur qui personne n'osera compter.

Incapable d'efforts patients, découragé avant de commencer sa tâche, c'est de la graine de fainéant, de faiseur de lundis.

76. C'est le cerveau qui fabrique l'énergie. — C'est le cerveau qui fabrique l'énergie. De même qu'un mécanicien doit soigner son moteur, de même, nous devons soigner notre cerveau.

II ne faut pas confondre la force musculaire avec l'énergie : un lutteur de foire est très fort ; il peut ne pas être robuste. Souvent les porteurs des Halles sont tuberculeux, maladifs.

Mais le cerveau, pour produire de l'énergie, doit être arrosé par un sang riche et pur.

77, 11 faut se faire un sang pur. — Le sang est formé par la nourriture ; nous devons donc prendre une nourriture saine, simple, suffisante.

ÎUne femme qui, par paresse ou par insouciance, ne prépare pas avec grand soin le repas de son mari et de ses enfants, est coupable, car une mauvaise nourriture est une cause d'affaiblissement. Mal nourri, ^ l'homme a besoin de se « remonter », et pour se « remonter » il a la tentation de boire de l'alcool et s'il cède, il est perdu.

Combien de femmes achètent, quelques instants avant le repas, du tout fait, de la charcuterie: coûteux et mauvais aliments. Quand le mari ira dépenser l'argent du ménage au cabaret, elles payeront cruellement leur paresse, les mauvaises ménagères ! Beaucoup nourrissent mal leur famille par igno-

y rance. Une ménagère avisée peut tirer parti d'un petit salaire et réduire les dépenses de nourriture, tout en

^ donnant l'énergie au mari qui travaille.

Si peu ménagère qu'elle soit, une jeune fille consciencieuse peut faire de grands progrès dans Fart de nourrir son monde en étudiant chaque jour un bon livre de cuisine. Elle y gagnera que ses enfants, au lieu d'être malingres, tristes, chétifs, sans énergie,

^ seront robustes et gais.

•78. Apprenez à manger raisonnablement, — Rien ne détraque davantage l'estomac que les repas excessifs, et chaque fois que nous sortons de table lourds, congestionnés, avec l'envie de bâiller, nous avons mangé avec excès.

Rien ne nous fait plus ressembler à des animaux voraces que les banquets, que les repas de noce, où chacun mange à s'étouffer.

Ces repas plantureux sont un reste de barbarie; on comprend ces excès chez les sauvages qui jeûnent souvent et qui se rattrapent les jours de bonne pêche et de bonne chasse.

Une autre cause de délabrement de l'estomac, c'est la mauvaise habitude qu'ont les enfants de manger entre les repas. Quelque pauvre qu'elle soit, il n'est guère de famille dans laquelle les enfants n'aient toujours quelques sous en poche; ils achètent des bonbons, des oranges, mangent à toutes les heures et se ruinent l'estomac.

W II faut que les mamans aient le courage de fermer le [ buffet à clef, et qu'elles n'aient jamais la faiblesse coupable de donner aux enfants de quoi acheter des bonbons. Les enfants s'habituent à gaspiller leur argent par gourmandise, et plus tard, ils le dépenseront au cabaret. En attendant, ils se détraquent la santé.* et ils apprennent qu'ils n'ont qu'à être insupportables pour avoir leur sou.

I Beaucoup de jeunes filles se ruinent l'estomac en se serrant dans leur corset. Elles se préparent bien des souffrances pour plus tard.

79. Le sommeil. — Quand on travaille, le cerveau, les muscles, tout l'organisme s'use. Le sang emporte les produits de cette usure que les reins et la sueur rejettent au dehors Mais vers le soir, le sang est trouble : c'est le sommeil qui va lui permettre de s'épurer. Un homme qui ne dort pas assez est à demi-empoisonné.

Mais celui qui fait le paresseux au lit quand il a assez dormi s'alourdit, s'épaissit : le cœur bat lentement, le cerveau est comme hébété.

Chose plus grave, la volonté engourdie ne peut plus lutter contre les bas instincts, et le vice ruine l'énergie et l'intelligence.

80. Nécessité du grand air et de l'exercice physique. — Le grand air est nécessaire. Ceux qui sont sédentaires sont comme des gens qui dorment trop. Les employés de bureau qui pendant leurs heures de liberté courent s'enfermer au café au lieu de marcher ou de jouer au grand air, détruisent peu à peu leur énergie et deviennent épais, paresseux, sujets h la maladie. A ne faire aucun exercice, notre corps s'alourdit et s'enlaidit. La culture physique lui assure une souplesse, une harmonie que les Grecs et les Romains cultivaient avec grand soin (flg. i3 et i4).

Bien des femmes, qui pourraient se promener, restent assises toute la journée. Elles payent cette immobilité par des maux de tête, par l'anémie et par

Y mille souffrances. Il faut que les jeunes filles et les femmes fassent au moins le ménage qui oblige à des

^ mouvements variés et doux, excellents pour la santé.

81. De l'air pur! De l'air pur! — Une condition importante pour que le cerveau fabrique de l'énergie,

c'est que le sang qui y arrive à flots, soit riche en oxygène. Il faut aérer largement et souvent les chambres qu'on habite; et surtout celle où Ton dort : car chacun, en respirant, vicie l'air. Il faut à chacun 10 mètres cubes d'air pur par heure. L'air vicié nous rend somnolents, lourds,

Fig. 13 et 14. — Deux des plus parfaites représentations

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