L'égoïsme de la tristesse Non seulement une
personne triste se fait du mal à elle-même, mais elle est un rabat-joie. Elle assombrit ceux qui vivent auprès d'elle, et elle ruine le bonheur de sa famille, de ses enfants. Notre tristesse est donc un malheur pour nos proches et pour notre entourage dont elle diminue l'entrain et la gaîté. ï
Beaucoup de femmes se laissent déprimer: constamment elles se plaignent.
Chez une maman qui donne le sein à son enfant, le chagrin peut faire diminuer le poids d'un enfant ^ de près de 5oo grammes en quelques jours.
Aussi est-ce égoïsme que de se laisser aller à la tristesse.
On peut presque toujours se guérir : c'est une question de volonté.
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196. Comment se guérir. — Pour guérir de cette maladie, il y a d'abord un traitement physique : le repos, la bonne nourriture, le grand air pur. Mais le traitement est surtout moral /C évitons la société des personnes sans gène qui nous imposent leur tristesse. Évitons la solitude où l'on « rumine » ses chagrins. Recherchons la société et l'amitié des gens joyeux. Si nous sommes de loisir, lisons des écrivains gais. Nous devons, avant tout, éviter de penser à nos contrariétés, à nos chagrins : mais rien ne vaut le travail pour guérir.
Si nous avons autour de nous une personne frappée Par un deuil, il ne faut pas lui parler de son chagrin, ni k plaindre. Il faut l'obliger à s'occuper de détails et à travailler. Entourons-la, parlons-lui de tout ce qui l'inté- ^sse, sauf de son chagrin. Au besoin, traitons-la avec quelque rudesse : citons des gens qui courageusement ont apporté des malheurs plus terribles que les siens.
197. Ce que voudraient ceux que nous pleurons. — ** nous avons perdu un être que nous aimions de tout notrecœur, songeons combien il souffrirait s'il nous voyait r°ïigés par le chagrin î Ce n'est pas en les pleurant que ^pxis aimons vraiment nos morts, mais en continuant à v*Vre, en les associant par la pensée à noire vie, en travaillant courageusement, en devenant plus intelligents et Meilleurs, et tels qu'ils seraient heureux et fiers de nous voir.
Au fond des chagrins inconsolables, il y a souvent de **êgoïsme: c'est sur nous-mêmes que nous pleurons. Du ï**oins sachons pleurer seuls et n'imposons pas aux autres ^ spectacle de notre douleur.
198. La peur. — La peur est aussi un signe de débilité. On ne peut pas compter sur un enfant qui a peur de l'ob fccurité, des coups, etc. Il faut se corriger en s'appliquan à « considérer les raisons, les objets et les exemple
qui persuadent que le péril n'est pas grand ; qu'il y aura toujours plus de sécurité en la défense qu'en la fuite ». 11 faut penser à la joie qu'on aura de s'être vaincu, et à la honte de céder.
Mais il ne faut jamais brutaliser un enfant qui a peur de s'endormir le soir sans lumière. Prévenez-le que le lendemain on ne laissera la lumière que dans la pièce à côté et amenez-le, en le raisonnant, à demander luimême qu'on éteigne la lampe.
Les terreurs nocturnes, les cauchemars, viennent souvent aux enfants qui ont trop mangé le soir ou qui ont bu du vin.
Toute personne qui raconte des histoires de croquemitaine, de loups-garous, de diables, de démons, de revenants est un malfaisant qui peut détraquer l'imagination d'un enfant peureux.
199. La timidité. — Les conséquences de la timidité sont pénibles. Un enfant timide se raidit, il cesse d'être lui-même, et il paraît orgueilleux quand, au contraire, il souffre de n'oser parler, ni agir. Le timide, qui se sent mal jugé, en devient triste. C'est un infirme social,, car il n'ose se mêler aux autres, se faire connaître, se faire aimer. Farouche, il vit seul, et devient son propre bourreau.
Il doit donc se guérir : il doit dominer par la volonté son impressionnabilité. Qu'il s'exerce à se tenir droit, à regarder franchement les gens dans les yeux, à faire des gestes fermes, décidés, à parler d'une voix mâle. Un camarade qui se moque d'un timide lui fait du mal : il est lâche de railler les défauts physiques ou la pauvreté ou la timidité d'un enfant. Au contraire, entraînons-le, montrons-lui qu'il est aussi adroit que les autres et qu'il peut faire aussi bien : entourons-le, aimons-le, sachons le réconforter.