‹ La morale à l'écoleChapitre 20 sur 35 · S PQ · texte numérisé non relu

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que la souffrance et le besoin, la fureur des éléments et la vicissitude des choses humaines ; mais ces rudes précepteurs font ce que nul ami indulgent et compatissant ne ferait pour nous. »

aa5. La plus variée et la plus profonde des joies, — De plus, le travail intelligent, réfléchi, nous donne une joie intense et durable. Quelle joie quand nous avons bien réussi un problème, ou un devoir! On nous entend chanter dans toute la maison, et nous rions tout seuls. Le menuisier qui a bien réussi un meuble ; la mère de famille qui a bien réussi un déjeuner offert à des amis, éprouvent la joie de la difficulté vaincue. Le jardinier qui a bien dessiné un jardin, mène le dimanche sa fernme et ses enfants contempler son ouvrage. Quelle joie pour la jeune fille dont le ménage est reluisant de propreté!

Mais c'est l'agriculture, si variée, qui est la source des joies les plus profondes (fig. 25).

« Je ne connais pas, disait un paysan philosophe, de plus grand plaisir que de labourer ; quand je vire mes sillons, il me semble que je suis roi. Cultiver la terre est par excellence la fonction de l'homme. »

226. L'erreur malfaisante des oisifs. — Malheureusement, la plupart des écrivains n'ont pas travaillé de leurs mains. Ils considèrent le travail manuel comme une servitude, et la vie du paysan comme médiocre. Gomment pourraient-ils enseigner que le travail est l'épanouissement le plus complet de l'intelligence et de la volonté humaines ?

Notre affranchissement ne doit pas consister à travailler peu, à mener une vie de fainéants et de chercheurs de distractions.

L'homme heureux et digne est celui qui met dans son travail son intelligence et son énergie, que ce soit le laboureur qui trace son sillon droit comme un fil tendu,

ou la ménagère qui fait un gâteau parfait. Aucun plaisir n'est comparable à celui de la lutte intelligente et émouvante de l'homme contre la matière : qu'il s agisse du menuisier qui fait un meuble pratique, de la couturière qui réussit une robe, nulle distraction, ni les cartes, ni le cabaret, ni la bonne chère ne valent ce sentiment d'énergie saine, robuste, joyeuse que donne le travail intelligent accompli de tout cœur.

Sujets à traiter (page 116). — Quels ravages fait la tristesse? Peut-on s'en guérir? Comment aimer nos morts? Comment se corriger de la peur? de la timidité? Que faire des paresseux? Quelle est la paresse la plus répandue? Ya-t-il une autre sorte de paresse? Pourquoi les paresseux sont-ils envieux ? Peut-on compter sur un paresseux ? Montrer que la paresse peut être criminelle. Est-elle un bon calcul? Comment se guérir de la paresse?

Sujets a traiter. — Qu'entend-on en disant que les hommes sont toujours en lutte? Pourquoi le travail est-il une école? Comment sont punis la dissipation? la précipitation? le désordre? Montrez que tout travail demande de la méthode, de l'initiative. Qui a créé le pain? Avons-nous des collaborateurs invisibles? Montrez que l'égoïste, même quand il travaille, crée du bonheur. Par quelles pensées vivifier notre travail? Comment le mauvais ouvrier nous fait-il souffrir? Montrer que la désunion coûte cher. Avons-nous intérêt à nous nuire? Que seraient les hommes sans lé travail? Quelle est la joie la plus profonde? Les oisifs sont-ils dans le vrai?

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