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DE LA PERSONNALITÉ

Sommaire

Il y a des conditions nécessaires pour qu'un homme se .développe pleinement, et sans lesquelles il reste imparfait, et comme inachevé.

Ces conditions nécessaires, ou devoirs à remplir, sont :

A) Les devoirs de famille;

B) Les devoirs du citoyen ;

C) Le devoir d'exercer une profession ;

D) Les devoirs de la vie nationale.

A. — La famille.

Des sentiments puissants, et toute une éducation de délicatesse, de prévoyance, de responsabilité manquent à qui ne fonde pas une famille.

Seule la famille, avec ses devoirs, nous met en face des réalités de la vie. Seule, elle développe toutes les énergies de l'intelligence, du cœur, de la volonté.

327. La famille a été un progrès bienfaisant. — La famille a été une conquête de la civilisation sur la barba* rie. Mais longtemps la femme resta l'esclave du mari, et les enfants n'eurent aucun droit.

Une union qui crée des devoirs et des responsabilités pour toute la vie n'était pas possible pour des barbares grossiers, violents. La femme, plus faible, fut exploitée et condamnée aux travaux les plus pénibles. Encore aujourd'hui, elle est loin d'avoir conquis ses droits légitimes.

3a8. Un bon ménage est le plus grand bonheur. — Il y a déjà beaucoup de familles unies. Lorsque le papa et la maman s'aiment et se respectent, les enfants grandissent dans un intérieur gai, calme, où tout le monde s'entr'aide.

Un bon ménage est le bonheur le plus grand que puisse donner la vie. Quelle force que de pouvoir compter l'un sur Vautre! Mais, un mensonge, et c'est fini: une cloche, n'eût-elle qu'une fêlure imperceptible, a perdu son beau son pur; de même, la confiance veut être sans une fêlure.

Qu'importent les méchancetés, l'ironie malveillante, la jalousie, l'hostilité, quand en rentrant on trouve la confiance réconfortante et l'amour d'une femme.

C'est la maison tiède et joyeuse, d'où l'on se moque de la bise et de la neige.

329. Le mariage, école de délicatesse et de justice. — Les hommes sont parfois un peu rudes; les jeunes filles sont plus délicates. Marié, un jeune homme intelligent voit les souffrances que causent les paroles dures, les actes sans gêne ou brutaux : il devient meilleur, plus doux. Le vieux garçon, qui n'a pas eu à se gêner, est souvent plus égoïste.

Y Les jeunes filles trop sensibles, un peu faibles, soumises au « qu'en dira-t-on », deviennent plus énergiques. Protégées par le mari, reines indépendantes dans leur ménage, elles osent penser librement. Si elles sont «débrouillardes», bonnes ména- ^ gérés, comme des fourmis diligentes, elles amassent

Y des économies pour quand viendra l'hiver, c'est-à-dire ^ la vieillesse.

33o. Les familles troublées. — Malheureusement, les familles sont souvent imparfaites et troublées. Bien des maris sont colériques. Chez eux, entourés d'êtres faibles, ils ne se maîtrisent plus.

Un égoïste, jamais content, ne se rend pas compte du travail excessif qu'il impose à sa femme qu'il n'aide jamais.

S'il est soupçonneux, triste folie presque inguérissable, il persécute sa compagne.

Et quel malheur quand le mari boit et perd toute raison !

y La famille peut être troublée aussi par la femme. Combien sont paresseuses ! Le mari travaille : elles ne

| font aucun effort pour le bien nourrir. Le logis est toujours en désordre et malpropre. Vaniteuses, elles dépensent le salaire en futilités, et leur temps en bavardages avec des paresseuses comme elles.

33 1. Soyons prudents pour choisir une femme I — Quand on a l'âge de fonder une famille, il faut être prudent pour choisir sa femme. Il y va du bonheur ou du malheur de la vie.

N'épousons pas une femme maladive qui aura des enfants chétifs et fera de la maison un hôpital où le médecin entrera souvent. N'épousons pas une femme paresseuse : c'est épouser le malheur et la ruine. N'épousons pas non plus une vaniteuse, parce que c'est épouser la misère. Choisissons une femme bien portante, saine, de caractère égal, courageuse et de bon sens. Si elle est intelligente, elle verra la vie telle qu'elle est et ne sacrifiera pas le solide au clinquant. Si nous voyons une jolie robe avec un jupon de dessous effiloché et des bas troués,

n'épousons pas la coquette paresseuse et malpropre.

Choisissons une ménagère avisée qui saura donner à notre intérieur le charme de Tordre et de la propreté, qui soignera les vêtements, le linge, le mobilier, préparera à bon compte des repas sains, soignera ses enfants et les élèvera bien.

Ainsi le bonheur et l'aisance seront assurés.

Une jeune fille doit être plus prudente encore pour choisir son mari.

Il y va du bonheur ou du malheur de la vie et de l'avenir des enfants.

Elle doit prendre garde d'épouser un malade, qui fera d'elle une garde-malade et lui donnera des enfants mal venus, destinés à être malheureux.

Qu'elle refuse un homme qui aime à boire : c'est un malade de la volonté, sur lequel une femme ne peut compter, car il est probable que le malheureux ne se corrigera pas.

Si on prend un mari, ne le prenons pas avec un Y défaut grave : ne le prenons ni buveur, ni brutal, ni paresseux.

Le prendre ainsi, c'est entrer dans un enfer, au lieu daller au paradis. Attention de ne pas se tromper de ^ porte 1

332. Ne jetons pas le manche après la cognée. — Mais si nous nous sommes trompés, ne jetons pas le manche après la cognée. Une femme peut beaucoup pour corriger les défauts de son mari, et un mari pour corriger ceux de sa femme. Il n'est pas de ménage parfait au début, parce que toujours, entre époux, une éducation mutuelle est nécessaire.

Si la femme est dépensière et vaniteuse, c'est au mari à la convaincre, à lui faire voir par des exemples le contraste entre an ménage où la femme est économe et simple, et

un autre où elle ne Test pas. A force d'affection, de douceur, par un appel constant à la raison et à l'observation des autres ménages, il la convaincra si elle est intelligente.

Si le mari est violent, coléreux, il y a moyen de l'adoucir. S'il a tendance à boire, il faut que la

^ femme soit intelligente et énergique, car le danger est terrible. Elle ne doit pas pleurer, ni se lamenter, comme font les faibles, mais elle doit regarder la vérité en face, et agir. Les défauts, les vices, ont des •

^ causes : c'est à ces causes qu'il faut s'attaquer pour les supprimer.

11 n'y a que l'égoïsme et la sécheresse de cœur qui soient inguérissables ; mais il ne faut jamais épouser

^ un égoïste.

333. 11 faut lutter! — Chaque fois que nous souffrons d'un défaut, d'un vice, rien ne sert de se fâcher ou de se lamenter : soyons calmes, et examinons comment nous lutterons contre lui avec succès.

Souvent, les dissentiments ont pour cause des riens, de petites contrariétés insignifiantes : un peu de bonne humeur ferait disparaître ces « piques ». Elles sont signe d'une petite intelligence et d'un caractère mesquin, irritable, d'une volonté malade. C'est à celui qui est le plus intelligent, le plus calme, de ne pas donner d'importance à ces riens et de sauver la situation par sa gaîté et par une saine philosophie de la vie.

334. La grotte du chien. — Chacun est l'artisan de son bonheur. A Naples, on visite une grotte appelée la grotte du chien. Les chiens y meurent, parce que l'acide carbonique, plus lourd que l'air, forme une couche irrespirable au-dessus du sol.

Nous avons tous notre grotte du chien où les pensées

laides, mesquines, les sentiments bas, la colère, l'orgueil, la haine, forment un air empoisonné.

Tenons-nous debout, de façon à respirer Fair vivifiant des pensées justes et généreuses et des sentiments purs comme la bonté et la charité. Ce sont des faibles ceux qui se couchent dans la région des sentiments bas et qui s'y empoisonnent : le malheur en ménage provient de là.

335. — Les qualités qui font un bon ménage, sont aussi celles qui assurent la bonne éducation des enfants.

Nous avons des devoirs à l'égard des enfants. Nous devons les entourer d'affection. Nous devons surtout les élever dans le calme et la gaîté. Nous avons vu le mal que fait la tristesse. Les parents irritables qui se disputent, s'injurient devant les enfants et les brutalisent, sont des fous, des faibles de volonté qui leur font du mal.

w 336. Être maman, est un métier qui s'apprend. — Élever un enfant est un « métier » qui veut être

\L appris. L'affection ne suffit pas, et les mamans perdent des enfants par ignorance de leur métier de ma-

^ mans. Plus instruites, elles les auraient élevés.

337. Les devoirs avant la naissance. — Les devoirs de la mère commencent avant la naissance, puisque

X les fatigues et les émotions font du mal à l'enfant. C'est un devoir pour elle d'éviter la fatigue, les excès. Elle ne doit jamais boire d'alcool, ne pas se mettre en colère, ne pas se laisser aller à la tristesse, aux sentiments haineux, à l'envie; elle risque de faire de l'enfant à naître un enfant irritable, nerveux, déséquilibré. C'est pour toutes les mères dans l'aisance un devoir impérieux de charité et de solidarité que d'assurer aux femmes qui peinent rudement pour vivre, un mois ou

^ deux de repos avant la naissance de l'enfant.

338. Attention à la saleté et au froid ! — L'enfant venu au monde est fragile ! Il a besoin de soins intelligents. Bien des mères, par leur ignorance, rendent leur enfant aveugle : il suffît parfois de lui laver les yeux avec de la salive ou avec un linge malpropre.

La maman doit éviter le froid, qui est l'ennemi du nouveau-né. Elle doit l'entretenir dans une propreté parfaite.

339. La maman doit allaiter. — Elle doit allaiter elle-même ; c'est un devoir absolu quand elle le peut. Il est d'une injustice cruelle qu'une mère, par paresse, vole à un autre enfant le lait de sa mère. « Quand vous voyez, sur les promenades publiques, de grasses et majestueuses nourrices, dont la tête est ornée de bonnets à longs et larges rubans multicolores, portant un bébé dans leurs bras, le plus souvent, cela signifie qu'il y a quelque part un pauvre petit qui souffre ou qui est déjà mort. » %

340. Nourrices meurtrières à mépriser. — Quand l'opinion publique sera plus consciencieuse, elle considérera comme déshonorée une femme qui vend un lait qui appartient à ses enfants et qui quitte son mari et sa famille pour se placer comme nourrice. Presque toujours, elle est meurtrière de son enfant. La loi Roussel interdit à ces mauvaises mères de vendre leur lait avant que leur enfant ait sept mois.

34i. Ce que doit savoir et lire une maman. — Une maman doit savoir que pour son bébé, tout autre aliment que le lait est un poison : la moitié des bébés d'un an meurent empoisonnés par du vin ou par de la viande, ou par la bouillie mortelle qu'on leur donne sous prétexte de les fortifier.

Les biberons à tube ont empoisonné plus d'un mil- & lion d'enfants.

ty

Sevrer un enfant aux mois, chauds : juin, juillet, août et septembre, c'est presque toujours le condamner à mort.

Une maman qui allaite et qui « pour se remonter » boit de l'alcool, fait de son lait un poison pour l'enfant qui y gagne des convulsions1.

34a. Éducation du bébé dès le premier jour. — - Il faut aussi que la mère sache que l'éducation du bébé doit commencer dès le jour de la naissance. Combien sont exténuées parce qu'elles n'ont pas su

^ apprendre à leur bébé égoïste et exigeant que la nuit est faite pour dormir, qu'il doit rester au moins six

^ heures, et si c'est possible, huit heures sans téter.

343. Maris coupables. — Un mari brutal, violent, qui cause du chagrin à la maman, fait du mal à l'enfant qui va naître. Le chagrin de la maman retentit sur l'enfant.

Quand elle allaite, une scène de brutalité peut tarir son lait, ou en faire un poison dont le bébé mourra. Honte à l'homme incapable de maîtriser sa brutalité et sa méchanceté I Un homme qui boit et qui a des enfants est doublement un misérable, car les enfants d'un alcoolique risquent d'être épileptiques, ou idiots, ou mal équilibrés.

344. Les plus beaux jouets. — Pour rendre nos enfants heureux, il n'y a pas besoin d'acheter des jouets coûteux : il suffit de savoir tirer parti de ce qu'on a.

Les boîtes de tous genres font des chariots, des moules à sable, des seaux. Les boîtes de sardines et les vieilles

1. Toute mère doit lire la Puériculture du premier Age, par le Docteur Pinard, de l'Académie de Médecine. Elle y apprendra son métier de mère et les soins à donner aux nouveau-nés. Que de larmes elle s'évitera I (Librairie Armand Colin, un volume in-12, cartonné, 1 fr. 50.)

casseroles font des voitures. Les coquilles de noix» d'escargots, les marrons, les noyaux de pêche nettoyés font mille jouets. Les bobines entassées font des forts, les quilles habillées, de belles poupées. Les enfants pauvres ont des jouets à profusion : ils n'ont qu'à les découvrir.

345. Du calme 1 Du calme I — L'éducation des enfants demande avant tout du calme. Beaucoup d'enfants sont nerveux, querelleurs, rageurs ou pleurards : ce sont des malades qu'il faut soigner. Évitez les aliments énervants, les abus de la viande, le café, l'alcool surtout. Évitez les fatigues, les jeux excessifs : des promenades calmes, des jeux reposants en plein air, quand on le peut, sont excellents.

346. L'obéissance doit être vive, joyeuse. — Il est facile aux enfants d une famille unie de se montrer obéissants.

L'obéissance est nécessaire : enfants, nous sommes inattentifs, crédules ; nous n'avons ni patience, ni courage; nous sommes despotes, imprévoyants; nous ne voyons pas les conséquences de nos actes : nous jouons avec un couteau, avec le feu; chaque année, des incendies sont allumes par des enfants; chaque année, des camarades ont les yeux crevés par un porte-plume, ou reçoivent des blessures.

Nous devons donc obéir à nos parents plus raisonnables, plus prévoyants.

Mais il faut obéir gaiement, vivement. Ceux qui obéissent de mauvaise humeur, en rechignant, sont des faibles de volonté. Ils sont menés par leur gourmandise, ileur paresse, leur entêtement. La véritable volonté consiste à faire gaîment ce qui ne nous plaît pas : un désobéissant est un faible.

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