LIDENTIFICATION ARTIFICIELLE DBS INTÉRÊTS PAR L'ORGANISATION SOCIALE
l'éducation et la reugion utilitaires.
L'rtlENTIFlCATIOH AHT1P1CIBLI.E DES INTÉRÊTS PAR L'ORGANISATION SOCIALE,
firincipe ou équivitlent de l'obligation selon Stuart Mill. — Sociiisme de Stuart lUill.
I, — Comment Stuart Mill arrive à reconnaître la aécessité d« refaire la société pour produire l'identité dea intérêts. — Objection préalable : Comment agir en attendant l'or^anisalioa idéale de la société? — La morale provisoire. — Comment l'idéa! de Mill pourrait Cire surtout réalisé par des hommes qui ne seraient pas partisans de son système.
n. — L'organisation sociale, en la supposant réalisée, paurT«it-elI« produire l'iiaion complète des intérêts, et conséquemment uno sorte d'obligation physique. — 1" La solidarité est-elle parfait» entre l'intérêt social et l'intérêt individuel. — :;'' Les intérêts indirïduels seralent~ils parfaitement solidaires entre eux. — 3<* Les inègulilés sociales disparaltraient-elIes et, avec ces inégalités, l'envie.
— De l'emploi de la force pour suppléer aux imperi^ectioos néces- . saires de l'organisation sociale. — Utopie sociale de Stuart Mill.
— L'union des intérêts peut^lle résulter des intérêts mêmes. — La moralité, bannie de Viadividu, pourra-f-elle se retrouver dans la société et rentrer par cette voie dans l'individu même. — Comment l'organisation sociale présuppose la moraUsatinn des indi-
m. — L'ioDCATioN tJTiLiTAiBE. Puissance illimitée que Stuart Mill attribue à l'éducation. — L n entralnemsut » d'Oven. — 1* Réduction de l'individu à une machine. — Idée supérieure qg'oa «•<it se faire de l'éducation. — 2* Cette machine fonctionnera-t.ello 'tan au gré des utilitaires. — Comparaison avec les peoséss 'ascal sur la coutume. — Aveur de Stuart Ull. — 3* Eïets iducation utilitaire dans la société ; despotisme et altruisme.
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»— Comment l'idéal utilitaire et altruiste a été réalisé en Orient. — Charité passive et machinale des bouddhistes. IV. — La religion utiutaire. Comment Stuart Mill espère, de méma qu*Helvétius, fonder une k religion de l'intérêt ». — l» Le sentiment religieux peut-il se substituer au sentiment moral. — 2^ Les utilitaires pourront-ils donner au sentiment religieux un objet suffisant.
I. — Stuart Mill, nous rayons vu, est plus ou moias forcé de le reconnaître avec Bentham : le seul moyen d'associer d'une façon durable les intérêts dans la pensée, c'est qu'ils soient associés dans la réalité. Mais il ne peut se résoudre à admettre, comme Bentham, Tharmonie actuelle et naturelle des intérêts, il repousse Toptimisme exagéré de l'école économiste. C'est alors qu'il a recours à une ressource suprême ignorée de Bentham, déjà connue et mise en œuvre avec enthousiasme par Owen : VorganiscUion sodaU^ ou l'identification des intérêts par des moyens artificiels, telle que la poursuivent les écoles socialistes. « Afin ^ de se rapprocher le plus possible de cet idéal^ Tutilité exige- « rait que les lois eiV organisation sociale missent, autant que « possmle, le bonheur, ou, pour parler plus pratiquement, « l'intérêt de chacun en harmonie avec 1 intérêt de tous ^ »
Les intérêts des hommes ne sont pas en harmonie, disionsnous à Bentham et aux optimistes de l'école économique. — Nous les y mettrons, nous, répond maintenant Stuart Mill avec tous les pattisans anglais contemporains de l'école socialiste. La société humaine est imparfaite ; nous la referons. Le mécanisme social fonctionne mal ; nous en réparerons les rouages. Vous nous dites que l'opposition des intérêts qui existe en fait passera toujours malgré nous de la pratique dans la pensée et de la pensée dans l'action; attendez : nous ferons disparaître cette opposition naturel le des intérêts qui vous inquiète; leur harmonie, œuvre de l'art social, ne tardera point à passer du monde dans l'homme. Attendez : une noble tâ.che nous est réservée; c'est celle de réaliser le bonheur sur la terre, et non pas le bonheur d'un seul ni de auelques-uns, mais le bonheur de tous les hommes et de tous les êtres. Attendez; la science sociale n'est pas seulement une science qui constate et observe , elle n'est pas seulement une économie politique ; c'est une science qui construit et crée, c'est une législation et une politique ; sa plus belle fonction n'est pas