‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 127 sur 138 · Bain. Emoi, and will, loc. cit · texte numérisé non relu

Bain. Emoi, and will, loc. cit

8> DarvÏQi Dtieetidance de rhomme, L ;, dU

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f tion ; reste à savoir si la moralité même se contredit et change. Celui qui marche sur lî It'slo obéit encore aux lois du mouvement; celui qui accomplit avec bonne intention les actes les plus bizarres obéit encore à ce qu'il croît moral, beau et. bon, La conception que je me fais du bien extérieur peut varier ; celle que je me fais de la bonne volonté ' est fixe. Que la volonté humaine se manifeste de telle ou ( telle manière, c'est une question qui ne regarde pas notre ' moralité même ; l'imporUint est qu'elle se manifeste. IJue je veuille, que je veLlUe moralement, que les autres hommes soient aussi capables de vouloir moralement, cela suffirait à la rigueur, ou du moins le reste est secondaire.

La vraie méthode de l'écule utilitaire ne devrait pas être seulement de montrer des contradictions dans telles idées et tels sentiments moraux Ces peuples ; elle devrait découvrir un peuple qui n'eût certainement pas la moindre idée d'une moralité quelconque et ne sût en aucune ma- ' nîère ce que c'est que bien et mal, bonne ou mauvaise. volonté, mais simplement ce que c'est que l'utile ou le nuisible. Or il sera bien difficile de découvrir un tel peuple. Les voyageurs rencontrent sans doute des tribus qui n ont nulle idée de la pudeur, d'autres qui n'ont nulle idée du vol, etc. De tous ces faits plus ou moins contestables un moraliste anglais fait une liste : ici, dit-il, l'idée de la pudeur n'existe pas; là, l'idée du vol, etc. ; donc l'idée do la moralité n'existe pas dans l'homme. Mais cela revient & dire : Tel homme manque du bras gauche, tel autre du. bras droit; donc tous les hommes sont sans bras. Pour: prouver que l'homme n'est pas nécessairement et universellement un être moral, il faudrait, avons-nous dit, trouver une collection d'hommes, ou au moins un homme qui fût complètement étranger à toute idée de bien moral. Or, sans aller plus loin, on ne trouvera pas seulement un homme à qui soit étrangère l'idéu de courage et qui n'appluudisse h un acte de brnvoure ou de dévouement.

M. Uain, du reste, semble trancher la question en reconnaissant que, chez tous les hommes, il existe un même sentimenl moral, c'cst-à-dire une faculté d'approuver et de désapprouver ; c'est seulement, d'après lui, clans les k matières » auxquelles s'applique ce sentiment, dans les actions qu'on approuve ou désapprouve, que se produit la diversité et se manifeste l'évolution. Mais, là où existe un sentiment moral, il peut exister une volonté morale. < L'accord entre les hommes est émotionnel, ■ dit M. Baio.

■i U «MUU AXGLAIiiB CONTEMPORAINE

Nspodim mto ci rt ii p e eooc£ptiun d'un idéal moral enct fegp iii Ji iaffiine . et ea même temps U volonté de réaUJ «d «kalf L^Kvord eatre les hommes sérail alors Ou ■mtai oa «cnnl dt voloDld, ua accord de moralilé.

ft. Bû aMDpare riiuiiMDilé & im chœur iinmonse oiii Tmx^Êckt^BKcbuÈiear, quoimreile se fonde avec toutesll WKW^resIe pouitial oo efli<t distinct produit par sa prc ^éBbon Ite in*nio qull n'existe point n de voix abstj MÎierriW • OQ • de cbceur abslniit * k part des cborisu mm Û a.'t3âAe poial une sorte de conscience huma' diaiaut liMites les consciences individuelles etlesrôgla B aV a rwo dans U coascieuce d'tiniversel. — Mais, « ïBl-«a npoodre, de mfme tfue, dans ce chœur doul ï fwW.UTauDecbosecommuueà tous les chanteurs, qael ^at seàl la dÏTersttè des notes «lu'ils émelteul, à savoir I Toiostr de chanter et de s'unir dans une nièuia harmooll tujv; a y ;i-:-il pas chez tous les hommes, à certain ir.si - ^<. ! il lie que soit la diversité des mLeurs et dil B>aô ■-.i> J'i-;ir, une chose commune, conslarile, la volool de 6K-ii liiif ' Ne serait-ce pas celte volonté du beau et i toD tjui. âominanl toutes les consciences individuelles, L Itntêaerait h l'hitrmonie et ferait un immense concert ded mi, au premier abord, semblait une immense discordance v:l fn est ain^, tous les peuples, de quelijue manîèr c-.: \s ivnçoivent le bien, veulent le bien et se proposeï, ,^ ■ it Mai?, en admettant qu'ils veuillent et aiment ton ■ isuit pas (piils le veuillent égaiemanl :| is cet universel amour. Or, qui dit deg iti'nt pour s'élever du degré inférieur (

^., ... , ;■- Ainsi reparaît li-ansformée, au sein méa.

40~te ïijioHtè, cotte çraniie idée de niouvenieut vers j ^ieut . de prûgrèsj d'évolution, que les utilitaires excloail H wulent introduire et faire agir qu'au seiu des intérêts i ^ awtide sensible. Cesoniilfausser l'idéede lamoraliléq ^ h repréwnter comme immobile, incapable de progr< Jtnaji^n'>i l'évolution qui a^ïte et travaille sans cesse la l . ^-. i'-i-sl w ({ue les « spiritualistes » oublient. Ils ontl ' . . ...Vu leiiu- aux vieilles thèses sur l'immuable morr" y '.1 .oulnuticlion des mœurs et des notions mora, "^-jviciit pas nécessairement d'une complète absead î^^ilité, du moins elle provient d'une imperfectiol lûrftlilé. Je ne veu.\ pas assez le hien uaivera " " V lorsque je veux comme bonnes des choi

qui ne sont pas le bien et le beau; je ne veux pas assez le' Bien si je le conçois sous des formes contradictoires. Ma ! volonté, dans ce cas, n^est pas assez forte pour guider mon = intelligence » pour briser les associations d'idées, les cou- | tûmes et les habitudes qui entravent son action ; qu'elle se ' fortifie, (ju'elle se développe, et elle les brisera. M. Bain dit ,' qu'un défenseur de l'esclavage a le même sentiment et le même amour de la justice qu'un abolitionniste peut avoir. — ' Mon, un défenseur de l'esclavage, tout en étant parfaitement sincère, ne possédera pourtant pas encore un amour suflSsant de la justice, parce qu'il ne l'aura pas assez cherchée pour la trouver. Un sauvage qui, d'après un exemple de Mon taign9 et d'Helvétius, tuera et mangera son frère avec la meilleure intention du monde, n'aimera pourtant pas assez son frère. ] C'est ne pas avoir assez bonne intention que de manifester '. cette intention par des actes imparfaits qui la contredisent. - En résumé, quelque système qu'on adopte sur l'essence | de la moralité, on peut accorder que, plus l'humanité progressera, plus ses mœurs se mettront en harmonie, mieux seront ramenées à l'unité ses idées morales. De là, dans ces idées mêmes, une évolution qui, aux yeux des idéalistes, non seulement ne prouve pas l'absence d'un principe de mordlité, mais au contraire semble plutôt montrer sa pré-: , sence et son action incessantes. Cette évolution, au lieu d'être simplement le produit des forces physiques et des rapports économiques entre les intérêts, serait alors le produit et la manifestation de la volonté. Tous les êtres humains tendent au fond, les uns comme les autres, vers le bon vouloir ; mais cette volonté, encore faible et imparfaite, s'est d'abord signifiée en des actes qui la traduisaient imparfaitement; à mesure (qu'elle se fortifie chez tous, les actions qui l'expriment et les idées qui s'y rattachent deviennent plus parmi tes, et cette perfection croissante les rapproche sans cesse de Tunité, terme de leur évolution. L'idéal serait que, par' les actes les plus divers et cependant les plus harmonieux, se manifestât dans le monde la même bonne volonté. i

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