‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 23 sur 138 · Déontoloaie, I, 339, S · texte numérisé non relu

Déontoloaie, I, 339, S

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J. Diont.. Il 33i.

cette pensée et la reproduit sous de nouvelles formes : c On a dit quela probile est le meilleur des calculs... Il y a un calcul qui vaut mieux encore : c'est celui de la bienveillance active... » La bienfaisance n'est autre chose qu'une semence en vue de la récolte. Au poiut de vue économique, « tous les actes de bienfaisance vertueuse qu'un homme accomplit sont un véritable versement effectué par lui dans un fonds commun, une sorte de caisse d'épargne dépositaire du bon vouloir général ; c'est un capital social dont il sait que l'intérêt lui sera payé par ses semblables en services de tout genre, négatifs ou positifs '. »

Epicure, Hobbes, Helvétius avaient cherché à détruire la conscience morale; Bentham, doué de l'esprit anglais, porté à compter et à évaluer toutes choses, revenant sans cesse à la pratique, ne s'en éloignant jamais que pour y revenir plus sûrement ensuite, Bentham a cherché à remplacer la conscience morale par une conscience économique et mathcmaLîque, " Quand un homme joue aux boules, vous le voyez longtemps balancer en avant et en aiTière la main qui tient la boule avant de la lancer. Que se passe-t-il pendant tout ce temps dans son esprit? Il place les forces motrices de sa main dans une infinité de situations dilTérentes; il ajuste les fibres musculaires de son bras à leurs divers degrés de tension. Il passe en revue toutes ces combinaisons, afin de trouver celle que lui fournit sa mémoire. Voilà donc une infinité de jugements prononcés dans l'espace de quelques minutes. » Ainsi doit faire l'homme vertueux de Bentham : il accomplît une action comme on lance une boule, et « quand le résultat final est bien calculé, il y a moralité; quand le calcul est faux, il y a immoralité ', »

CUAPITRE III

BENTHAM (Suite.)

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