‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 28 sur 138 · Dumont de QenâTe, I, p. IBO · texte numérisé non relu

Dumont de QenâTe, I, p. IBO

46 LA MORALE ANGLAISE œNTEMPORAINË

à la recherche du bonheur. « Certains remèdes, comme ropium, » disait-il, « font plus pour le bonheur que les

Sensées les plus graves, pour peu qu'elles ne soient pas ans le droit fil des sensations ; un seul grain de suc narcotique ajouté au sang nous communique plus de ^Taie jouissance que tous les traités de philosophie. > Bentham, s'il n'est pas médecin, a des préférences marquées pour la médecine. « J'étais frappé, écrit-il, en lisant quelques traités modernes de cette science, de la classification des maux et des remèdes. Ne pourrait-on pas transporter le même ordre dans la législation?... Ce que j'ai trouvé dans Trébonien, les Cocceji, les Blackstone, les Vattel, les Potier, les Domat, est bien peu de chose : Hume, Helvétius, Linnée^ Bergman^ Cullen m'ont été bien plus utiles. »

Si l'arithmétique morale nous avait jusqu'à présent suffi,

c'est que le moraliste, dont nous examinions la tâche,

i conseille et ne commande j)as ; il donne aux hommes les

chifires du calcul : à chacun d'exécuter le calcul, comme

41 l'entend, sur les plaisirs que sa propre expérience lui

• a fait connaître. Ainsi n'agit pas le législateur -, il est dans

la nécessité d'opérer lui-même le calcul, de l'opérer à la

place de tous les individus; il faut donc gu'il représente

Sar de nouveaux chiffres les différences qui se rencontrent 'individu à individu. L'arithmétique se change ainsi tout naturellement en pathologie.

« La peine et le plaisir sont produits dans l'esprit de l'homme par l'action de certaines causes (by the action of certain causes), » voilà le principe de la pathologie. « Mais la quantité de peine et de plaisir (the quantity of pleasure and pain) n'est pas uniformément proportionnelle à la cause (runs not unimrmly in proportion to the cause) *. » Voilà le fait, qui paraît d'abord en opposition avec la loi énoncée; pour ramener ce fait à la loi, pour expliquer la différence de la sensibilité, il faut tenir compte des drcons^ tances qui influent sur la sensibilité (circumstances influen* dng sensibility). « Comme on ne peut calculer le mouvement d'un vaisseau sans connaître les circonstances qui influent sur sa vitesse, telles que la force des vents, la résistance de l'eau, la coupe du bâtiment, le poids de sa charge, etc., de même on ne peut opérer avec sûreté (one cannot work with certainty) en matière de législation, sans considérer toutes les circonstances qui influent sur

i. Introd, tô the prinCf çb. VI. — Dvunont de Genève, I, p. CÙ,

la sensibilitc ». » — Ainsi Ilenlbam admet qu'il n'y a pas lîe différence plus notable ot plus inlime entre les diverses } âensîbiiilés qu'entre divers vaisseaux; toute sensation ren- : ff-rme un élément objectif qu'il est possible de dégager en tenant compte des circonstances extérieures : c'est là le postulatum ae la nouvelle science.

(-es circonstances sont de deux sortes : il y en a du premier et du second ordre. Dumont de Genève en compte (juin'ze de premier ordre : avant tout, le tenipéramenf, puis ïa santé, la force, la fermeté d'âme, les habitudes naturelles ou acquises, le développement de l'intelligence, de la sympathie, etc. *. C'est en examinant soigneusement toute cette série de circonstances qu'on pourrait approcher le plus près du for intérieur, et deviner très-exactement les tendances utiles ou pernicieuses de chaque âme ainsi que les genres de sanction appropriés à ces tendances.

Par malheur, le législateur, ne peut le faire : force nous est de passer des circonstances primaires, impossibles à observer dans tout leur détail, aux circonstances secondaires, qui sont au nombre de neuf ; le sexe, l'âge, le rang, l'éducation, les professions, le climat, !a race, le gouvernement, la profession religieuse. Ces circonstances « évidentes et p^pables » sont les seules que le législateur doive observer. « Le voilà donc soulagé de la partie la plus ditflcite. Il ne s'arrête pas aux qualités métaphysiques ou morales, il nft se prend qu'à des circonstances ostensiLib-s.Il ordonne, par exemple, la modification de telle

feine, non pas à cause de la plus grande sensibilité de individu, ou à raisop de sa persévérance, de sa force d'âme, de ses lumières, etc., mais à raison du sexe ou de l'âjje '. » Sans doute il peut se tromper : telle femme, tel enJÉint, peut ne pas être plus sensible qu'un homme. Mais le législateur néglige les exceptions, les' détails : la pathologie, pour devenir pratique, doit perdre de son exactitude. Qu'elle n'en perde pourtant que le moins pos- ( sible. Bentham combat vigoureusement cet adage : Les \ m/mes peines pour Us mêmes délits (The same punisbmentâ \ for the same otfences) ; c'est la source de la plus monstrueuse inégalité (most monstrous inequality). Au coatraire, < lorsque le législateur étudie le cœur humain, lorsqu'il se prèle aux différents degrés de sensibilité par

l.Intr.Co t/ieprinc.jCh.yi,Obstn'ttti<ms.— Dumont de Genève, I, p. 77. 3. Dura, de Gen.,I, 60. — Inli-od. lo the princ, VI, vi, p. 22 et auiv. 3. Dum. de Gei^., 1, 83. — Inlrofi. l» tht princ, VI, Obiervatiotu, -.

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iiQ du danger, ces deux lots de mal

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sa répand sur la communauté entière,

iii nombre indéfini d'individus non assi-

mal du troisième ordre, qui ne suit pas tou-

autres , mais qu'ils tendent à produire.

me arrive à un certain point, quand elle dure

■n efiet ne se borne pas aux facultés passives

Il passe jusqu'à ses facultés actives, il les

id les déprédations sont devenues habituelles.

■ découragé ne travaille plus que pour ne {

iaim : l'industrie tombe avec lesperance '... » >

> lormes, l'intérêt étant le ressort de toutes les

■ la cause de tous les mouvements dans le monde

-I on porte atteinte à cet intérêt, on entrave le mou- '

li et la vie; toute action mauvaise, c'est-à-dire coa-

iuix intérêts, tend à faire retomber dans l'inertie et '

jurt ce monde qui, d'après Helvétius, n'en était sorti

"3 par le désir.

Si, à la classification des circonstances influant sur la -ensibilité et k celle des conséquences sociales de nos actions, nous ajoutons le tableau des plaisirs et des peines, Dous aurons à peu près sous les yeux la série d'observations et de recherches sur lesquelles Bentham espérait fonder une nouvelle science, n Ces analyses, dit Dumont de Genève, ces catalogues, ces classifications, sont autant de moyens d'opérer avec certitude, de ne rien omettre d'essealifil, de ne point s'écarler de ses propres principes par JQadvertaace, et de réduire même des travaux difnciles à une espèce de mécanisme. C'est ainsi que, en parcourant le tableau des affinités chimiques, le physicien raffermit l'encbalnement de ses idées et gagne du temps par la promptitude de ses réminiscences '. » — Sans doute, Dûment de Genève exagère un peu la valeur pratique des catalogues de Bentham; toutes ces divisions et ces subdivisions, s'il est intéressant d'en prendre connaissance, il est

i. Dumonl de Genève, l,ch. x.— Mr. lo Iht princ, Xll. ~ Cl. ibid.,XVÏ, Et Dum. dcGen.. t. II.

^ Dum. de Gen., Dite, prélim.. p. 19. — Bentham ne s'est pas conitnté de poser lus Tondements de la nouvelle science; il a laissé des Uicoréines de pathologie dont nous aurons à parler plus loin.

GUIAU. 4

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- :.. -rsz- le r*î ?e MTXiizC'f r^::^ seidement ..--> *.i^"i^^> -^ Sif ^ex'izziâiz-L'r à ceux qui

^ !..:> .!.::;> î^nece. Le le^T-sIueur est 1- ..:• ^ r-i 1- .\Liik':rL.; iiiis l'ji^nime que ^ ^-«L-L-i-r I, — 'i*^ iTfc *«:c*«fslrs ^^^irialions - -1--^ Si:»^ J.:LL3f^:ir Cfs causes exter- ^-^.i: ^^ i :v" iJiL'*:::^r If:s r*r>>:ns ie ^ machine, -> X i-::^ Jî^ i:r:*fs r::: :>::>. irn: dins lorganir .T ii:^>n> :m^ rar.fr, p::ir nilerûr celles qui -V. ^-ïv :i. -T f i:^:fr iès âu:r>es. ■ C'est aussi ce ^^^ a ii^Lk re. 0-ire lâ r^±oIo^:e mentale, ^ ^i.nzir c:r:r::e èlre passif, il nous faut ,* \ n».i^"-4rf mrf*î:l£. c'esî-à-dire la science des ^ j^ j^- ~îsri:'^J<^ adm-'s de Thomme. « L'objet " * - lud-oiiî de Genève après Helvétius, ..k.-' jk ixcduîte des dtoyens, il doit con- *sHît>^ i la volonté; il doit étudier la force -i-* i*^ tjus les motifs; û doit savoir les

régler, les combiner, les combattre, les exciter ou les ralôntirà son gré. Ce sont les tei'iûrs, les piûssances ilont il se sert pour l'exécution de ses desseins '. «

Ces leviers ne peuvent être que les intérêts, et le léijislaleur ne peut agir sur les intérêts que par les sanctions. Nous devrons donc étudier la sanction à un nouveau point de vue, non plus seulement dans son rapport avec la sensibilité, mais dans son rapport avec la volonté et l'intelligence.

II. — Des quatre sanctions dont nous avons parlé plus haut, — naturelle, populaire, légale, religieuse, — le législateur n'en a qu'une à sa disposition; encore est-elle fort insuffisante, et chacune des trois autres prise à part ne l'est pas moins. Il doit, pour ne pas épuiser leur force, n'en rejeter aucune, mais les diriger toutes vers le même but. • Ce sont des aimants dont on détruit la vertu en les présentant les uns aux autres par leurs pôles contraires, tandis qu'on la décuple en les unissant par les pôles amis '. » Voilà donc une première limite îi la puissance du législateur, et une limite inhérente à cette puissance métne. Uaintenant, à quels objets s'appliquera cette puissance? où s'arrètera-t-elle dans son extension au dehors ? Sachant le centre de la politique, qui est le principe de l'utilité, essayons avec Bentham d'en tracer la circonférence et de marquer les limites où doivent s'arrêter ses efforts. Jusqu'où la dynamique mentale doit-elle pousser ce levier par lequel elle espère, comme Archimède, soulever le monde ?

La déontologie, dous le savons, admet deux grandes vertus : la pruaeace et la bienveillance, qui comprennent i ce qu'on a coutume d'appeler les devoirs envers soi-même ■ et les devoirs envers autrui. Ces deux vertus sont en ' quelque sorte les ouvrières du bonheur universel, Le lé^slateur s'en servira-t-il et essayera-t-il de les faire travailler, produire, capitaliser sous sa direction?

Considérons d'abord la prudence. — Mais, dit Bentham, ' la prudence se suffira presque toujours à elle-même. « Si un homme manque à ses propres intérêts, ce n'est pas sa volonté qui est en défaut, c'est son intelligence... La crainte de SB nuire est un motif réprimant assez fort. » On objec-

' tera les excès du jeu ou de l'intempèraDce. Mais Bentham,

' sa table des conséquences à la main, est prêt à vous prouver que le mal produit par l'intervention de la loi dans la conduite privée serait supérieur au mal de la faute '. La législation de l'utilité s'accorde donc avec celle de la justice pour défendre la liberté des actes privés. Utilitaires et partisans du droit peuvent applaudir à cette régie générale : 1 Laissez aux individus la plus grande latitude possible dans tous les cas où ils ne peuvent nuire qu'à euxmêmes. Ne faites intervenir la puissance des lois que pour

( les empêcher de se nuire entre eux '. »

Passons donc de la prudence à la bienveillance. On se souvient qu'il y a deux sortes de bienveillance, l'une négative, qui correspond à la justice ; l'autre positive, qui correspotiQ à la charité. La justice sera évidemment protégée par

' la loi. — Mais ici une objection se présente ; ne savonsnous pas qu'il y a i une liaison naturelle entre la prudence et la justice, c'est-à-dire que notre intérêt personnel ne nous laisserait jamais sans motif pour nous abslenir de nuire à nos semblables? » Or, si l'intérêt nous commando la justice, nous ne pouvons en aucune façon ne pas lui obéir ; la loi est donc inutile. Ce serait là, pour Bentham, une occasion de rejeter sa théorie telle que nous l'a^'ons exposée et de donner raison à ceux qui lui prêtent une contradiction inconsciente; mais, au contraire, c'est le moment qu'il choisit pour l'affirmer. Cette liaison naturelle

/ des intérêts existe, dit-il; « mats, pour qu'un indi\'ida sente celte liaison entre l'intérêt d autrui et le sien, U faut un esprit éclairé et un cœur libre de passions. La plupart des hommes n'ayant ni assez de lumières, ni assez de sensibilité morale pour que leur probité se passe du secours des lois, le législateur doit suppléer à la faiblesse de cet intérêt naturel, en y ajoutant un intérêt artificiel plus sensible et plus constant. » Dans ce sens, on peut dire du gouvernement, non qu'il crée, mais « qu'il augmente et étend la connexion qui existe entre la prudence et la bienveillance '. «

L'un des points délicats de la politique utilitaire, c'est la bienveillance positive, ou charité. La loi doit-elle ordonner la charité, comme le voudront plus tard l'utiUtaire Owen et tous les penseurs socialistes? La loi doit-elle intervenir

1. Diiniont de Genève, 1, HO. — Inir. lo theprinc, ch. XIX, p. 112. S. Dum. de Gen.. I, p. 113. — Introd. to Ike print., oh. XIX. 3. Diantol., I, p. Ml.

BE!STHAM 53

Don pas seulement pour empêcher le mal de l'injuslice, [ mais pour distribuer les biens? Bentham atlmet avec raisoa qu3 « la loi peut s'étendre assez loin pour des objets généraux, tels que le soin des pauvres, elc. ; » mais il no fixe Soiût les limites au delà desquelles elle ne devra pas s'éteare. L'utilité, dit-il, commande que, a dans le détail, •> on s'en rapporte à la morale privée : c'est à la volonté libre de riniiividu (dans le sens matt-riel du mot} que la bienfaisance doit son énergie. ■ Cependant, ajoute-t-il aussitôt, au lieu d'avoir trop fait à cet égard, les législateurs n'ont ras fait assez : ils auraient dû ériger en délit le refus ou l'omission d'un service d'humanité, lorsqu'il est facile k rendre, et qu'il résulte de ce refus quelque, malheur '... ■ On ie voit, en ce qui concerne^ la part que l'État doit prendre aux actes do oienfaisance, la pensée de Bentham est encore assez va^ue ; nous la verrons tout i^i l'heure se presser et s'éclaircir. , Ea somme, d'après Bentham, la loi doit rechercher le | plus grand bonheur de tous les légifères ; et elle le recher- i cbera par deux moyens, en sanctionnant l'accomplissement [ de tous les devoirs de bienveillance négative ou de justice, ■ et de quelques devoirs de bienveillance positive ou de ; charité.

Maintenant, quels sont les éléments mêmes dont se com- . pose le plus grand bonheur? quels sont les biens qui, étant ' donnés, donnent le bien suprême? Bentham découvre | dans la fin principale dugouvernementj le bonheur, quatre i fins secondaires : subsistance, abondance, égalité, sûreté. ', Quant à la liberté, ce n'est pas la peine d'en parler ; non {

3ue Bentham la rejette, mais â ses yeux elle est cootenue ' ans la sûreté.

Si jamais il y a contradiction entre les quatre buts de la ■ loi, il ne faut pas hésiter : subsistance, sûreté, voilà le nécessaire ; abondance, égalité, voilà le superflu. On a i comparé souvent la vie à un banquet ; Bentham dirait volontiers que l'égalité, c'est le dessert; il faut toujours' préférer au aessert, en cas de conflit, le substantiel, c'està-dire la sûreté. La sûreté même se divise en plusieurs branches, dont l'une doit céder à l'autre : « Par exemple, la liberté, qui est une branciie, devra céder à une raison

l.Dumont de Genève, 1,116 — IJiIrod.tol/icprinc.tlHiyi- — Ben l lia m veut, oontonnéiueDt à ses principes, que le léRislateur protège les ■ inlétâts des ammaux inférieurs ■> : par la, il ■ cuIUvera le seniimeot général ds \m bienveillance >, sentiment si précieux, qui complète si bien l'ëgoïsme. '

' de sûreté générale, piiisqu'oQ ne peut faire (ies lois qu'aux ' dépens de la liberté '. n Toujours la même conckjption matérieUe de la liberté.

Passons eu revue, avec Bentham, les différeotes sortes de lois.

1° Des lois relatives à la subsistance. — Nous savons que l'Etat ne doit point intervenir dans le domaine de la prudence personnelle ; or qu'est-ce qui rentre mieux dans ce domaine que le soin de la subsistance ? Tout ce que la loi pourrait faire ici, ce serait de créer des motifs, c'est-à-djro des peines et des récompenses; mais le meilleur motif, c'est la crainte de la faim, a La force de la sanction physique étant suffisante, l'emploi de la sanction politique serait superflu. » La loi ne peut donc poui-voir qu'indirectemeat à la subsistance, en protégeant les travailleurs, en leur donnant la sûreté, qui se confond ici avec la liberté '. 11 est pourtant quelques cas sujets à contestation. Le

S lus important, c'est celui de Vindtgcnce. L'indigence, dit entham, n'est pas seulement un accident de la société ; ne savons-nous pas qu'il y a deux grandes forces dans le monde moral, rioerlie et le désir? L'inertie tend sans cesse à ramener l'homme en arrière, à le faire descendre, à le faire tomber, tandis que le désir le porte sans cesse en avant. Eh bien, l'indigence n'est autre chose que la représentation sensible de l'inertie : « Cet aspect de la société est le plus triste de tous. On se représente ce long catalogue de maux, qui tous vont aboutir à l'indigence et par conséquent à la mort sous ses formes les plus terribles. Voilà le centre vers lequel l'inertie seule, cette force qui agit sans relâche, fait graviter le sort de chaque mortel. Il faut remonter par un effort continuel pour n'être pas entraîné dan.s cet abîme, et l'on voit à ses côtés les plus dihgents, les plus vertueux y ghsser quelquefois par une pente fatale *. ■>

Pour faire face à ces maux il y a d'abord deux moyens indépendants des lois, Vépargne et les contributions volontaires. Mais la ressource de l'épargne est insuffisante : , 1° pour ceux qui ne gagnent pas de quoi subsister; 2" pour ■ ceux qui ne gagnent que le strict nécessaire ; 3° pour ceux qui • gagnent plus que le nécessaire, vu l'imperfection naturelle

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