i,m. de rirri., 1. n
3. Uiiin. de Den. , 1, 2:ij. — Ct. Beiitli., UguLuc d'un ouuinge en faveur dti fiauvrei, tred. liuquesnoy.
BENTHAV Si-
de la prudence humaine. Quant aux contributions volon~ foires, elles ont bien des imperfections : 1" leur incertitude; 2" rinégalité du fardeau ; 3" les méprises de la distribution.
Les moyens spontanés et individuels ne pouvant remé- , dier à l'indigence que d'une manière insuffisante, la loi doit inten'enir. « On peut poser comme un principe gé- :Déra! que le législateur doit établir une contribulion régu-' liére pour les besoins de l'indigence : bien entendu, on ne regarde comme indii^ents que ceux qui manquant du nécessaira ; mais il suit de cette déSnition que le titre del'indigent comme indigent est plus fort que le titre de propriétaire d'un superflu comme propriétaire. Car la peine ae la raorl qui tomberait enfin sur l'mdigent délaisse sera toujours un mal plus grave que la peine d'attente trompée qui tombe sur le riche, quand on lui enlève une portion bornée de son superflu. Quant à la mesure de la contribution légale, elle ne doit pas outrepasser le strict nécessaire '. « — On ne peut mieux montrer et la nécessité des secours aux indigents et la limite qui les sépare d'une contribution arbitraire et despotique. Bentham trace ici plus nettement qu'il ne l'avait fait naguère la ■ circonférence » de la politique ; il répond par avance, au nom même de l'uti'ite, à l'utilitaire Owen. >
2" Des lois relatives à Vabondatice. — Fera-t-on des lois pour prescrire aux individus de chercher, non la simple subsistance, mais l'abondance? — Evidemment non, répond Bentham. Comme la crainte de la peine produit la soin de la subsistance, l'attrait du plaisir produira le soinl de l'abondance, n Les désirs s'étendent avec les moyens : ' l'horizon s'agrandit à mesure qu'on avance. » Bentham défend avec Adam Smith et les économistes l'abondance ou luxe. Le luxe est un surplus présent qui empêchera le besoin dans l'avenir : sans ce qui est aujourd'nui le superflu, on n''aurait pas demain le nécessaire '.
3° Des lois relatives à la sûreté. — Non-seulement la ' sûreté est l'objet principal des lois, mais on peut dire ; encore qu'elle est leur ouvrage ; sans lois, point de sûreté. , « La loi seule a fait tout ce que les sentiments naturels ' n'auraient pas eu-Ia force de faire, o La sûreté des biens, en effet, n'est pas naturelle. Locke avait fondé avec raison la
! propriété sur le travail : est à moi ce que j'ai Iravaillé, ce ■ que j'ai fait, ce à quoi j'ai imprimé la miirque de nm per- < sonnalité. Bentham repousse cette doctrine : « Avoir la chose entre les mains, dit-il, la garder, la fabriquer, la vendre, la dénaturer, l'employer, toutes ces circonstances physiques ne donnent pas l'idée de la propriété. Le rapport qui constitue la propriété n'est pas matériel, mais métapnysique. ■ C'est ici qu'il fait intervenir le grand principe de Vattenle, dont nous avons déjà parlé et qui rappelle la Trpd)>7n).iî d'Epicure, ainsi que l'attente dont Hume et Sluart Mill font le principe de Fioduction. « L'homme n'est pas, comme les animaux, borné au présent, soit pour soutliir, soit pour jouir, mais il est susceptible de peine et de plaisu' par anticipation... Le pressentiment, qui a une influence si marquée sur le sort de l'homme, peut s'appeler attente, attente de l'avenir... C'est par elle que les instants successifs qui composent la durée de la vie ne sont pas comme des points isolés et indépendants, mais deviennent des parties continues d'un tout. L'attente est une chaîne qui unit noire existence présente à notre existence future et qui passe même au delà de nous jusqu'à la génération qui nous suit. La sensibilité de l'homme est prolongée dans tous les anneaux de cette chaîne. " Nous pouvons maintenant, à l'aide du principe d'attente, définir la sûreté : la sûreté, c'est Valtente entretenue, c'est le non-désappointement. " Le principe de la sûreté prescrit c[ue les événements, autant qu'ils dépendent des lois, soient conformes ,aux attentes qu'elles ont fait naître. Toute atteinte portés 'à ce sentiment produit un mal spécial : la peine d'attente trompée, le désappointement '. n La propriété, cette branche de la sûreté, « n'est qu'une base d'attente, l'attente .de retirer certains avantages de la chose qu'on dit posséder en conséquence des rapports où l'on est déjà placé vis-à-vis d'elle. »
Cette attente, qui constitue la propriété, est l'ouvrage de la loi. Sans doute, à l'origine, les hommes avaient une attente naturelle de jouir de certaines choses, attente faible et momentanée, qui « résultait de temps en temps de circonstances purement physiques, n Dans l'état primitif, le propriétaire n'était alladié à la chose possédée que par un I iil fragile; à présent, c'est une indissoluble chaîne. « La ; propriété et la loi sont donc nées ensemble. Avant les lois^