‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 30 sur 138 · Dumont de Genève, 1, cb. vu, p, t93, Ite · texte numérisé non relu

Dumont de Genève, 1, cb. vu, p, t93, Ite

point de propriété. Ôtez les lois, toute proprièfé cesse '. » ' ■ — Mais on pourrait demander à Bentham jusqu'à quel point le lien de la propriété est aussi solide qu'il le prétend, car il ne repose que sur «n plaisir assez subtil et bizarre, et il sufBt d'un simple décret du législateur pour le briser, u Si la perte de la propriété, dit Bentham, n'entraînait aucun désappointement, le sentiment d'aucune souffrance, il n"y aurait aucune nécessité de punir la violation de ce qu'on est convenu d'appeler le droit de propriété. B

Uuoique la loi doive veiller à la sûreté, il est cependant des cas où elle doit la sacrifier, non pas à un intérêt supérieur, — car il n'y a rien qui lui soit supérieur, — mais à la sûreté même. Le sacriQce dont il s'agit n'est pas une atteinte proprement dite à la sûreté, c'est simplement une défalcation. « VatteiiUe est un choc imprévu, un mal qu'on ne peut pas calculer; elle semble mettre tout le reste en . péril, elle produit une alarme générale. Mais la défalcation ; est uns déduction régulière, à laquelle on s^attmd, qui ne produit qu'un mal du prenûer ordre, mais point de dange.-, point d'alarme, point de découragement pour l'industrie '. » Voici les cas où la défalcation d'une portion de la sûreté est nécessaire pour conserver la masse : 1° besoins de l'Ëtat pour sa défense contre les ennemis extérieurs ; 3° pour sa ' défense contre les ennemis intérieurs ou délinquants; 3* pour subvenir aux calamités physiques ; 4" amendes ; 5° expropriation. Le sixième cas est à noter : « limitation des droits de la propriété, ou de l'usage que chaque propriétaire fera de ses propres biens, pour l'empêcher de nuire soit aux autres, soit a lui-même '. » Hors ces six cas, '. la loi doit à la propriété, comme au principal agent du ' bonheur des hommes, le plus inviolable respect. '

Mais, dira-t-on, « peut-être les lois de la propriété scjt bonnes pour ceux qui possèdent et oppressives pour ceux qui n'ont rien. Le pauvre est peut-être plus malheureux qu'il ne le serait sans elles. » Bentham a réponse à tout, c Les lois, dit-il, en créant la propriété, ont créé la richesse;

Page 1