Duinont de Genève, I, ch. viit. p
3. John Bowrin);. Coup d'œit lUr la max. du bonheur. Déontot, 1. 1, p. 37T.
3. Dum. de Gen., I. p. 21S, S21. — Benthsm donne comme exemple la béton ou l'épÉe Bur lesquels je n'ai droit qu'en tant aue je ne m'en sera pKs pour frapper autrui. — Hsia les partisaag du droit illimité pourraient répondra : que Je frappe autrui ou non. J'ai toujours droit sur le bilon qui m'appartient; seulement, je n'ai pas le droit de frapper autrui, et si l'unique moyen de m'ea empêcher est de m'enlcver ce bSlon, on Mira le droit de me l'enlever.
duux masses de richesses, moins il est probable qu'il existe une disoroportion également grande entre les masses corresponaantes de bonheur ^
5* (Corollaire). Plus la proportion actuelle approche do réalité, plus sera grande la masse totale de bonheur.
L'égalité est donc, mathématiquement parlant, un bien ; ; cela peut se démontrer par A+B. Mais d'autre part nous savons déjà qu'elle n'est et ne peut être qu'un bien secondaire; si donc il arrive qu'elle s'oppose à la sûreté, il faut qu'elle lui soit sacrifiée. Or, que demande l'égalité, dans le • sens économique où Bentham prend ce mot, c'est-à-dire l'égalité des biens, non des droits ? Une nouvelle distribution des biens. Mais on ne peut distribuer les biens sans porter atteinte à la sûreté : « Il ne faut donc pas hésiter un moment. C'est l'égalité qui doit céder... Si l'on bouleversait
1. L'égalité civile n'est, comme on voit, nullement déduite par Bentbam ou ses partisans d'une égàïïié de droit entre les hommes et d'une égale inviolabilité: elle est tirée simplement, par voie mathématique, des conditions du plus grand honheur pour le plus grand nombre. Bentham a dit, il est vrai, que, dans le partase du bonheur, chaque homme doit être compté pour un et nul pour plus d'un. Mais ce n'est point là pour Bentham un principe à priori; ce n'est qu'une conséquence plus ou moins légitime des prémisses posées, à savoir qu'il faut produire la plus grande somme possible de bonheur. Bentham ne prend pas davantage pour principe un certain « droit égal au bonheur » qui existerait chez tous les hommes, et M. Spencer, en lui attribuant ce cercle vicieux, s'est fait une idée inexacte des doctrines de Bentham.
M. Spencer imagine un dialogue entre un utilitaire et un partisan du sens moral. « Vous pensez que l'objet de votre régie de vie devrait être le plus grand bonheur du plus grand nombre? — Telle est notre opinion. — Fort bien... Si vous êtes cent, et si nous sommes quatrevingt-dix-neuf, votre bonheur doit être préféré au nôiro, supposé le conâit de nos désirs et supposé légalité parfaite des satisfactions individuelles oui, de chaque côté, se trouvent en jeu. •— Exactement, c'est bien ce qu implique notre axiome. — Comme vous décidez entre les deux parties par la majorité numérique, vous admettez, il semble, que l'on doit accorder au bonheur d'un membre quelconque d'une (Mtrtie la même importance, la môme valeur qu'au bonheur d'un membre quelconque de l'autre partie. — Par conséquent votre doctrine, réduite à la plus simple forme, finit par devenir cette assertion que iou.^ l^ kommea ont des droits égaux au bonheur; ou, pour en venir à une application personnelle, que vous avez le même droit au bonheur que l'ai moi-même. — Je n'en doute pas. — Et gui vous a dit. Je voua prie, monsieur, que vous ayez le même droit au bonheur que moi ? — Qui me Ta dit? Mais j'en suis sûr, je le sais, je le sens, je... — Ce n'est pas répondre. Donnez-moi votre autorité. Dites-moi qui vous a appris celte vérité; comment vous y êtes arrivé; d'où vous l'avez tirée. — Sur quoi, après quelques paroles évasives, notre benthamiste est forcé de convenir qu'il n'a pas d'autre autorité que son « propre sentiment. » [Social statics, 33, 34). — Sluart Mill refond à M. Sp^'ncer, et avec raison, que la théorie de l'utilité ne présuppose aucun droit égal au bonheur, mais seulement ce principe, admis au fond par M. Spencer lui-même : — « Le bonheur est désirable partout où il se trouve, et des quantités égales de bonheur sont également désirables. » [Utilit., ch. v.j
a U WORILE AXGUISE CONTEMPORAINE
u îr.njrit^ê dans riDtenlion directe d'établir régalite des forxiiut^, le mal serait irréparable... Les perspectives de bien- Tt^kLc^ ei de concorde, qui ont séduit des âmes ardentes iif sont jue des chimères de Timagination. » Pour le prou- -r-ic. î^r-iLani S appuie sur ce principe fondamental de sa a».»Tr-z:e. tjt l iioa:me recherche toujours son intérêt et ne re^aer:crf . r-t<-: d'autrui qu'en tant que lié naturellement avec le sîhh. Ixf r-r.niir'jjiisme, en brisant ce lien naturel aneanurur "a :iej:^t:i3ce, loin de la développer. « Où sénat, ^iius Ji il -:si;*i df:s travaux, le motif déterminant pour tfmurt^srr t*< 7rni >: Lj::es? Oui se chargerait des fonctiuus ^j>s-->:'- tv .'^i:i.u.i;'f<*... Combien de fraudes pour rentier iur iu-:-a jt: :r:-Z z:zX on voudrait s'exempter soi-nneme * .. li :n . :- :^ li sv.-:é ne suffirait pas pour rrfiiitîr liLi r^ * » :*i ^ r v5 hzz:Lrx:n est loin de mettre en julii. ,^l::.::r5 :j .1 .. :. if :ir.3::pe de Tégoïsme : Iti Scii'aiji •*-. ..:^.••^-.^-r- :i ..:. ir:c«r qu'on a parfois ri::ur.:e.\: --.v 1 ii\,c-z l^i'^ :^rz£ et ses adeptes; le 3«:J ^.!^ >,-L > r I ic:;;j^? i-v.fOiiiL Li politique, comme il z:.,ri.»f. ir<î i^-ZTî :cc:5*; ^ve « li rv^-gularisation .de
« r 1 r^.l i':.':c riV-ire c^rs deux rivales, la sûreté et
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ii»e=5 s^*-; :::c'::i\r.i::Mes: mais avec un peu de patience et
i a^-.res^se. oz peûi les rapprocher par degrés. Le seul mé-
£,i.;icr e::tn?\vs intérêts contraires, c'est le temps...
A.:icit\: 1 c7'>:ue naturelle qui met fin aux espérances et
i^v v'rn.nttV. rt^>>^'v:e de la mort. » C'est par des lois sur
!£>> >;;:av^k -S qu'a pense produire une égalité progressive,
5i::s i::t :':::e à ;a sûreté, sans désappointement : « Lorsque
^os ^<i*:is ^''-^ devenus vacants p^ir le décès des proprié-
^j^. I^ loi p^^ut interveuir dans la distribution qui va
$ .-ot^c^r. scit en limitant a certains é^irds la faculté de
jj^wc^ ju:3 de prévenir une trop grande accumulation de
t r^xso^ «fe Geoère, di. XI, p. 210.
de nouveaux acquéreurs dont les attentes ne sont pas formées, et l'égalile peut faire le bien tle tous, sans tromper les espérances de personne, » Et il ajoute avec un certain oplimisme : • Chez une nation qui prospère par son agriculture, ses manufactures et son commorce, il y a un progrès continuel Ters l'égalité. Si les lois ne faisaient rien pour la combattre, si elles ne maintenaient pas de certains monopoles, si elles ne gênaient pas l'industrie et les échanges, si elles ne permettaient pas les substitutions, on verrait sans effort, sans révolution, sans secousses, les grandes propriétés se subdiviser peu à peu, et un plus grand nombre d'hommes participer aux faveurs modérées de la fortune. Ce serait le résultat naturel des habitudes opposées qui se forment dans l'opulence et dans la pauvreté (d'une
Eart la prodigalité, de l'autre Pépargne)... Ils ne sont pas ien loin ces siècles de la féodalité, où le monde était divisé en deux classes, quelques grands propriétaires qui étaient tout, et une multitude de serfs gui n'étaieilt rien. Ces hauteurs pyramidales se sont abaissées... On peut conclure que la sûrelé, eu conservant son rang comme principe suprême, conduit indirectement à procurer Végatilé, tandis que celle-ci, prise pour base de l'arrangement social, détruirait la sûreté, en se détruisant elle-même '. «
Plus loin, Bentham applique ces théories ingénieuses et très-prafiques à propos des successions, des indemnités, des satislactions, de tous les cas enfin oii le législateur, sans porter tort à la sùrolé, peut porter atteinte à l'inégalité. ?ar exemple, en s'appuyant sur les axiomes de pathologie cités plus haut, « on pourra produire un art régulier et constant d'indemnités et de satislactions. Les législateurs ont montré assez souvent une disposition à suivre les conseils de l'égahté, sous le nom d'équité, auquel on donne plus de latitude qu'à celui de justice; > mais cette idée d'équité, de justice pratique, était vague et mal dévelop-
Îiée ; Bentham espère la fonder sur le calcul , la fortifier par es mathématiques, la rattacher comme branche à la science générale de la dynamique morale.
En ce moment, nous embrassons à peu près tout le système de Bentham. Morale, législation, — en d'autres termes, arithmétique, pathologie et dynamique, — toutes ces sciences nous apparaissent comme groupées autour d'un
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