POLITIQUE ET LÉGISLATION UTIUTAIBES
I. — Le bonbciir, fin de la science sociale et de l'art sociul. — La Ju3< lioo d'uprùs Sluart MilL — La iusUce cst-eile un simiilc produit, de la légalité et de t'uliJité? — Critique d'Helvétius et de Buntham. — Hcdierches étymologiques, — La justice dérÏTée de la loi cl de ta taiiclîoD. — Essai pour introduire une disliacUon entre le conveniiMc, le moral et le juste.
IL — Le sentiment de la justice se résolvant, en dernitre analyse, iliiiis te désir de punir, — Le désir de punirse ramenant lui-même i. l'inlérât personnel élargi par la sjrapalhie et l' intelligence. — Stuart Mill en opposition avec Bentham. — Procédé régulier qu'emploie Slimrt Hitl dans les senËses empiriques qu'il tente. — AnaljFse de l'idée de droit. — Dennilion utililaire du droit. — Explication du raructére absolu que nous attribuons au droit. — Sanction sociale. — Uu droit de punir d'après Stuart Mitt. — Comment le simple «ontiment de justice ijui s'attache à une punition peut suffire k la lAfrislation sans considération immédiate d'utilité. — La justice, [ilits nacrée que la politique. — L'égalité déduite de la justice.
m. — Point précis sur lequel, après toute cette théorie de la justice, l'utilitarisme se sépare encore de la morale a priori. — Le sentiitiuiit empirique de justice pcutrtl guider le iécislaleur. — Critique du i^entiment de justice entreprise par Stuart^Mill. — Qu'en somme l'utilité seule peut fiier ce qui est juste.
IV. ^ Que le législateur, dans la doctrine utilitaire, peut seul donner iii force obligatoire auï ré;;les moralea. — L'État ulilitjiii'e ctiargé dn venir en aide au moraliste. — Deux moyens principaux emplovés par lui. Organisation sociale. — Éducation. Rflle de l'fducntion dans la morale utilitaire. — La science de la formation du caractère, ou élhologie. — Idéal physique et économique, mord et religieux de la société, d'après Sluart Mill.
I. — La science et l'art sociaux, par cela même qu'ils se rapportent à une fin, se rapportent au bonheur, qui est la Qn
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suprême : « promouvoir le bonheur, » nous le savons, est a le principe fondamental de la téléologie ».
La fin de l'art social ne pouvant être, pour Stuart MiU , que le bonheur universel, voyons les moyens d'y arriver « . Le principal sentiment dont se servira la science sociale pour maintenir et diriger la société, c'est celui de la jus-} tice.
La justice, selon Bentham comme selon Helvétîus, Hobbes et Épicure, n'était autre chose que la loi conforme à l'intérêt : ridée et le sentiment de la justice étaient un produit simple de la légalité et de l'utilité, sans l'introduction d'aucun autre élément. Cette conception de la justice a toujours donné prise aux adversaires de l'utilitarisme. « Â toutes les époques de spéculation, dit Stuart « MiU, une des plus fortes objections à la doctrine de l'uti- « lité a été tirée de l'idée de justice. Le sentiment puissant € et la perception claire — en apparence — que ce mot « rappelle avec une rapidité et une certitude ressemblant u à f'mstinct ont paru à la majorité des penseurs provenir « d'une qualité inhérente aux choses, et démontrer que le «juste doit exister dans la nature comme quelque chose « d'absolu , génériquement distinct de toutes les variétés « de l'expédient *. » Stuart MiU, remarquons-le, ne comprend guère mieux que Bentham la théorie opposée à la sienne : les moralistes anglais ne semblent pas, en général, tenir assez compte de Kant dans l'histoire de la morale ; d après eux, tout moraUste qui n'est pas utilitaire en est nécessairement resté à l'antique conception de la (puctç, d'une justice naturelle et en quelque sorte physique^ inhérente aux choses^ aux objets, a la matière, au heu d'être Jiar hypothèse inhérente à la personne, au sujet. Si Stuart lill ne comprend pas très bien la solution proposée par ses adversaires, il voit du moins la difficulté du problème mieux qu'aucun de ses prédécesseurs. L'idée de la justice, dit-il, s'est toujours présentée « comme la pierre d'achoppement de la morale utilitaire ». Sans doute, objectivement, la justice coïncide avec l'utilité; mais « le « sentiment subjectif et mental de la justice est différent o de celui qui s'attache d'ordinaire au simple expédient, et, « hors les cas extrêmes d'expédient, ses exigences sont de
1. Noua serons obligés de mêler en passante notre exposition quelques critiques de détail, pour n*avoir plus & y revenir lorsque le débat sera engagé sur le fond môme.