‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 54 sur 138 · UUUtar.,ch. II · texte numérisé non relu

UUUtar.,ch. II

132 LA MORALE AiSGlAlSE COiSTEMPORAINIJ:

« avec tous les autres) soit enseifiné comme une religion, « et que toute la force de l'éducaiion, des institulions et de « l'opiniou soit dirigée, ainsi qu'elle l'a jadis été pour la « religion, de façon que chaque personne grandisse dès B l'enfance au milieu de la profession et de la pratique de a ce sentiment, je pense qu'aucun de ceux qui peuvent a réaliser celte conceplion ne doutera que la sanction « dernière de la morale du bonheur ne soit suffisante... Je ■ « crois qu'il est possible de donner au service du genre « humain — même sans le secours d'une croyance en une « Providence — et le pouvoir psychologique et l'efficacité n sociale d'une religion, et cela en le faisant s'emparer de n la vie humaine et colorer toute pensée, tout sentiment et « toute action, de telle manière que le plus grand ascendant « exercé jamais par aucune religion n'en soit que le type et , a l'avant-goùt'. h

Tel est l'idéal social que Stuart Mill présente aux adversaires de l'utilitarisme. A l'en croire, « aucun de ceux « qui peuvent réaliser cette conception ne doutera que la « sanction dernière, » c'est-à-dire, d'après la théorie de Stuart Mill, l'obligation suprême « delà morale du bonheur u ne soit suffisante n; mais comment peut-on réaliser cette conception idéale? En attendant l'harmonie future des intérêts et leur association future, pourquoi me sentirais-je préseotenient obligé fi les mettre en harmonie par ma conduite, & les associer dans mon esprit? Et comment me convertirais-je à votre nouvelle religion avant même qu'existe son objet, le bonheur suprême? — Autant de questions que Stuart Mill a laissées sans réponse.

1. Utilitm:, ch. or. Cr. l'ouvraRe posltiume de Stuart Mill sur la religion publié par les Boins d'Helcn Toylor (p. 2iû). Il existe, y i!St-il dit, une religion réelle, quoique purement humaine, qu'on peut appeler • tantôt U religion de l'iiumanitë, tantôt celle du devoir. <i Cette religion peut admelire l'exiaienee d'un être invisible ei divin, pourvu que cet tire ne soit pss conçu comme omnipotent (s'il l'était, l'existence du mal serait injuBliËable} : la vertu devient alors une aorte de coopération avec cet £Ire inconnu, qui lulte comme nous contre le mBl;Vbomine de bien acquiert le sentiment > qu'il aide Dieu •.

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