‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 59 sur 138 · Bmot. and will, p · texte numérisé non relu

Bmot. and will, p

S. « La rareté comparatire de sentiments si élevés à Végard de la , « moralité aimtraite, si Ton y réfléchit bien, prouvera, pour tout cber- « cbeur sincère , qu^ils ne sont point fournis déjà dans le schôme ori- « ginal de l'esprit, tandis que la possibilité d'expliquer leur développe- « ment partout où il se présente rend anti-phitosophique de recourir à « une telle hypothèse. » {Emot and will, p. 291.)

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diction des jugements moraux, d'où il conclut la dirersïtô des consciences morales. Il distingue le sentiment moral,

■ qui est universel, de la matière à laquelle il s'applique, qui varie suivant les individus, « Toute l'espèce humitine, « dit-il, est d'accord pour avoir le sentiment de la croyance, n quoiqu'elle ne soit pas d'actiord sur les matières de la Il croyance ou sur les causes qui la produisent. De même Cl pour la conscience ; chaque homme peut avoir le scnli- B ment de la conscience, c'est-à-dire d'approbation et de H désapprobation morale. Tous les hommes sont d'accord en « tant qu'ayant ces sentiments, bien qu'ils ne soient pas (I d'accord sur les matières auxquelles ces sentimants s'ap- (I pliquent ou sur les causes qui les produisent ; iaccord « entre eux est émotionnel (the agreement amon^ them îs n emotional)', » Si une discussion s'élève entre deux individus, on ne peut décider en faisant appel à ce sentiment qui leur est commun : « Le sentiment de chacun est iufail- « lihle pour lui. Lorsqu'un abohliouniste du Massachusetts « dénonce l'institution de l'esclavage et qu'un prêtre de « la Caroline la défend, tous les deux ont en commun le « même sentiment de justice ou d'injustice; mais le senti- « ment est excité par des objets totalement différents '. » Le fait fondamental, qui se reproduit partout et chez tous, c'est le fait de l'approljalion et de la désapprobation : faculté d'approuver ou de désapprouver, voilà à quoi semble se réduire, sousl'effortdel'analyseanj^laise, la conscîencemorale. Mais comment connaître et déterminer les objets que ta

f conscience des divers peuples approuve ou désapprouve? Il n'y a qu'un moyen, cf'après M. Uaîn ; observer et classer. Montaigne engageait ses contemporains « à ramasser en un « registre, selon leurs divisions et leurs classes, sincèrement B et curieusement, les opinions de l'ancienne philosophie sur « notre étreetnos mœurs, leurs controverses, le crédit et suite u des divers parties. » — « Le bel ouvrage et utile que ce a serait ' ! » s'écriait-U. Ce que Montaigne conseillait de faire pour les controverses et les contradictions antiques, M. Bain le conseille pour les contradictions de tous les temps et de tous les pays qui peuvent exister entre les hommes et les systèmes. « U faudrait, dit-il, composer et « soumettre à notre examen une complète coîleclion de « tous les codes moraux qui ont jamais existé. »

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