Darwin, The descent of mon, 1. 1, c. iil
lit eu uDfi sort ) les <
î eunemis
e rinstÎDct social pui
Frînslipct intlividuel de
^^^ ■Jip»re, l'intérêt des inem-
TT^^ ks et entre en conflit : la
~^^^â» •P*' liaient déjà arrivés au
"^ . MUe jsnibes. Il se posait donc
-« mli fallait iranclicr par une
.viiniot ne serait pus exagéra
li'^ on vertiieiise. L'instinct so-
'Otuitton avec l'instinct de con-
. -at proproment instinct moral.
.i.'fltnJ une sorte de patriotisme;
.:M de nouveau les cbiens à
■?ris, tous les babouins avaient
. ôjilion d'un jcitne de six mois
- «:ns de détresse sur un bloc de
:>.u la meule. C'est alors qu'on
ris redescendre de la montagne,
l'Ioret l'emmener en triomphe,
■ is pour s'y opposer '. » L'esprit
i-oro dans le premier exemple,
;',iiro place, dans le dernier acte
1 im vérilable esprit do dévoue-
iiitres exemples non moins cu-
:is faire une analyse semblable :
|Lie est saisi par un aigle, mais il
.rie au secours : toute la baade
;iilV;rnal et se met à [ilum-îr la
,ui plus vite. Lorsr[u'un b.ibouin
l'iiiirun méfait qui mérite puni-
'. .lit de le protéger. On a trouvé
loment aveugle, gros et gras
,.,ii-.ii! nourri longtemps par ses com-
■ pour des corbeaux ; de même pour un
i.i|u'ators se sont passés entre animaux
a pour mieux dire de même commu-
■maux, c'estle « patriotisme de clocher u
ni. los instincts sympathiques et moraux
lU MA 3i sVtcndro au delà des bornes tracées par
DARWIN ibb
les affinités d'origine. Gb. Darwin cite ces amitiés bizarres ' nées dans les ménageries, l'affection des animaux dômes-tiques pour leurs maîtres, mais surtout un trait bien remarquable d'un petit singe américain : a II y a quelques années, « un gardien du jardin Zoologique me montra une blessure a profonde et à peine cicatrisée que lui avait faite un « nabouin féroce pendant qu'il était à genoux sur le plancher H de laçage. Le petit singe, qui aimait beaucoup le gardien, « vivait dans le même compartiment et avait une peur horcf rible du babouin; néanmoins, lorsqu'il vit son ami en « péril, il s'élança sur l'agresseur et le tourmenta si bien par « ses cris et par ses morsures, que l^bomme put s'échapper, 4 non sans avoir couru de grands risques pour sa vie. » .
IL — Des faits de courage et de dévouement étant cons- • tatés chez les animaux comme chez les hommes, Gh. Dar- ' Win explique les premiers comme Bentham et Stuart Mill! expliquent les seconds : par la recherche du plaisir ou la crainte de la peine *. En effet, la satisfaction d'un instinct est un plaisir d'autant plus intense que l'instinct est plus , fort; or, en général, l'instinct social est énergique, car il est éminemment utile à la conservation de l'espèce, et comme tel> gr&ce à la loi de sélection, il tend nécessairement à se
lepar temps entraîné par le plaisir.
Ce n'est pas tout. Il existe un élément que nous n'avons point encore introduit dans la question : c'est la mémoire et la réflexion. Supposez que les instincts sociaux ou moraux entrent en lutte avec quelque désir subit, violent, comme la faim, avec une passion, comme la haine : ils sont vaincus. Mais, une fois la faim assouvie ou la rancune satisfaite, le plaisir né de cette satisfaction s'efface ; les instincts sociaux restent, persistants et vivaces; ils ont pour eux tout le passé, toutes les tendances, toutes les habitudes accumulées lentement par l'hérédité ; ils n'ont contre eux qu'un moment de plaisir déjà disparu et lointain. Lorsqu'alors l'intelligence, ressaisissant par la réflexion l'acte
1. « n est toutefois probable, dit-il, que dans beaucoup de cas les « Instincts se perpétuent par la seule force de l'hérérlité. sans le stimu- • lant du plaisir ou de la peine. Un jeune chien d'arrêt, flairant le gibier « pour la première fois, sembje ne pas pouvoir s'empêcher de tomber m. en arrêt. » De même pour Técureuil qui, dans sa cage, cherche à enterrer les noisettes qu*il oe peut manger.
II! r.-ïirril- Ji r-Giriir» la si^iSDres de i iostinct social tou- :» :i^ ^ Ti-^ i^ : trï5i^LT~- -tl^ ze leii pas ne pas prendre -a i TTrir r-r- iLiof : mas r^îs r:ci.ioQs, le souvenir de la :- .1. d sij-if Tîir . ji^c:!..'^ s:«!iiil rreod néœssairement la imi: ri TWcr i^ *. if H'fii:!?. ji rc^visson d'une victoire rrci >:*^i*t roT" cia iEsrLii:^ rrr!!-! rL-r^ressairement la forme i^TZ. Li^'A^. i Lif Ttr:»f -HTtir-ii Àr?»«r, dit Ch. Darwio, « >f^- : rr i:rT-r.>fir ^»n: îLrii-TC^fcî b conscience d'un « zj^^ ■ Tt: v-s^i^:. juijr :c e:i r-in:-? t^r-jais, lequel nous « fwf. ir ^. -ir- - rZL riit z:«:^s t isf^rnsiu: désobéir. »
I. zi.i^: f- L^"-. - i- .'->«:: .c^r.i^. à li f^iîe de Ch. Dar- ^-r. ::t^ ^ ^^^ui-f : > : ij^ l'i^^iiLi! de Thomme? F:-- :r,-:- r^. x^-x 'j-.<- t.t^-z^ r^e ncus fournissait le ri^' I ir^:. ji. .--.«..o-^î-if m.r^zy. ircirtnzent dite, il nous 1 s. z I ^ T? j. rr:"-v .:::. .-e rc r 5^. r soi. facultés que rir^.iiiT rf c.^-n i . i ,z:z:e. 0::. L^r^^in a découvert c-T.: '> i: ^1 -X uiir >:r:e c^r Tfr:u srvntrinée, desins- :.r::s r^:^- \ ti: :\:^ crvrljjrs d^z^s Ii classe plus étenc -r virs :'-is*„r-.:s sc-'Iiva : z :es ins'inrts ajoutez Tintelli- Y -S iu:v^, c i:r^ lui. le s^^timent de Yobligatioti c;: irTLtr, ç-:i rrrvxrie, su::, assiège en quelque s ::e li :::i- <.'2 rjurn::, crnr.micmeat à la pensée de Cl. Pir\^"lz, Crti-iir iVirli-riiijn morale la conscience c ui-r i re:"i:c izzrrjure à co:re volonté par toute la série d a-uviics anîcCtùeiLîes, Ce serait là peut-être, entre les
i. « Un des execries les plus cori^iuc qoe je conoaisse d'un instinct
en doaimjict un autre est ce.ui d<e 1 instinct d'émigration l'emportant sur i lastiiict niaierr.rl- Le rr>?ciier est étoacamm^ot fort ; un oiseau caotif. iors de la saiso^a ducrpsir: se jette contre les barreaux de sa ca^re, jusqnà se drço ailler U pciinne de ses plumes et à se mettre en sai g. Il fait bxiiir les jeunes saumons hors de Teau douce, où ils [rouiraient cepeniant coLimuer à virre , et leur fait ainsi commettre UD suicide sans intention Chacun connaît la force de Tinstinct maternel, qui pousse des oiseaux fort timides à braver de grands dangers, bien qu'ils le fassent avec hésaatLon et contrairement aux inspirations de TinstiDct de conservation. Néanmoins iinstinct migrateur est si puissant, qu'on voit eu automne des hirondelles et des martinets abandonner fréquemment leurs jeunes et les laisser périr misérablement dans leurs nids... C'est la un exemple d'un instinct temporaire, mais tres-énerpiquement persistant dans le moment, qui remporte sur un autre instinct habituellement prépondérant sur tous les autres. Pendant que l'oiseau femelle nourrit ou couve ses petits, l'instinct maternel e^t probablement plus fort que celui de la migration ; mais c'est le plus tenace qui l'emporte, et enfin, dans un moment où ses petits ne «ont pas sous ses yeux, elle prend son vol et les abandonne. Arrivé à la fin de son long voyage, 1 instinct migrateur cessant d'agir, quel remords ne ressentirait pas Toiseau si, doué d'une grande activité men^ tal#î, il ne pouvait s empêcher de voir repasser constamment dans son ©«prit l'image de ses petits qu'il a laissés dans le nord périr de faim Cl do froid? » {The descent of mon, trad. Barbier, p. 29.J ^^
^xsitm , 157
dêQnilIoDs essayées par l'école inductîve, l'une des plus conformes à notre sentiment intime- Dans !a nouvelle théorie, » ce qui caractérise un être M moral, c'est la faculté de comparer ses actions passées et fii- « /lires, ainsi que les motifs de ces actions, d'approuver les Il unes et de reprouver les autres. » — Jusqu'à présent, on avait considère le rappel et la comparaison des actions comme une des opérations de la conscience ; d'après Gh. Darwin, celte opération est la conscience même.
« Au moment de l'action, l'homme est sans doute can pable de suivre l'impulsion la plus puissante ; or, bien « que cette impulsion puisse le pousser aux actes les plus " nobles, elle le portera le plus ordinairement à satisfaire « ses propres désirs aux dépens de ses semblables. Mais H après cetle satisfaction donnée à ses désirs, lorsqu'il com- « parera ses impressions passées et affaiblies avec ses ins- 11 tincts sociaux plus durables , le châtiment viendra. <i L'homme se sent alors mécontent de lui-même et prend i. la résolution, avec plus ou moins de vigueur, d'en agir « autrement à l'avenir. C'est là la conscience, qui regarde « en arrière et juge les actions passées. »
n Un animal quelconque, dit encore Ch. Darwin, doué t d'instincts sociaux prononcés, acquerrait inévitablement n un sens moral ou une conscience, aussitôt que ses fait cultes intellectuelles se seraient développées aussi com- « plètement ou presque aussi complètement que chez u l'homme '. «
Ce principe établi que la faculté de comparer ses actions passées et futures constitue l'être moral, Gh. Darwin fixe d'une manière très-précise les points qui rapprochent et les points qui séparent l'homme de l'animal, — Le sens moral, dit-il, résulte en premier lieu de la persistance et de la vivacité des instincts sociaux, — ce qui rapproche l'homme des animaux inférieurs, — et en second lieu de l'activité de ses facultés mentales et de la profonde impression que lui laissent les événements passes, — ce qui constitue un caractère spécial à l'homme. Son esprit est ainsi fait qu'd ne peut pas s'empêcher de regarder en arrière, de se représenter les impressions d'événements et d'actions qui appartiennent au passé; il regarde aussi sans cesse en avant. Il s'ensuit que, si un désir passager, une émotion fugitive ont eu raison de ses instincts sociaux, il viendra
1. DarwiD, The deuxnt of man, c. lu, trad. Bsrbier, p, Tl el 99.
un moment où il réfléchira et comparera l'impression affaiblie de ces impulsions passées avec l'instinct social qui n'a rien perdu de sa force ; il éprouvera dès lors ce mécontentement qu'excite un instinct non satisfait, et il prendra la résolution d'en agir autrement à l'avenir : — c'est la conscience. Ajoutons, comme autre principe de différence , entre l'homme et Tanimal, que les mstincts sociaux pous- ' sent vaguement le premier à secourir ses semblables, mais ne déterminent plus d' avança les actions par lesquelles il les secourra. Ils lui montrent la fin, en laissant à sa volonté le soin de déterminer les moyens. L'homme, en effet, Eouvant par le langage * donner une forme précise à sesesoins ou à ses désirs, tout instinct spécial a cessé chez lui d'avoir sa raison d'être, et, grâce à la loi d'économie qu'emploie sans cesse la nature, a cessé d'exister. Enfin, la tendance innée qui porte l'animal à accomplir des actes utiles n'agit plus aussi directement sur l'homme; elle s'est transformée et remplacée elle-même : la sympathie, en nous rendant sensibles à 'l'éloge ou au blâme, en nous engageant à exprimer l'un ou l'autre, a créé en nous de nouveaux mobiles et comme des centres secondaires d'attraction.
; En somme, d'après Ch. Darwin, prenez un animal quel- 'Conque, douez-le d'instincts sociaux énergiques, dévelop- ' pez ses facultés intellectuelles jusqu'au point où elles deviendraient comparables aux facultés humaines : vous n'aurez besoin d'ajouter rien autre chose, cet être deviendra un être moral, il acquerra un sens moral, une conscience. La réflexion, en effet, jointe au langage, se chargera toute seule de changer peu à peu en sentiment moral ce qui n'était à l'origine qu'une impulsion instinctive. Bien
, 1. Ch. Darwin s'attache à montrer que le langage, qui constitue l'une des différences les plus grandes entre l'homme et l'animal, n'établit pas pour cela entre eux une limite infranchissable. Les animaux, jusqu'à un certain point, se parlent ; le singe, lorsque l'homme lui parle, écoute et comprend en partie. Supposez qu'un singe, plus avisé que les autres, un singe de génie, ait imité un jour le cri d'une bêle sauvage pour en signaler l'approche : voil(\ une des origines possibles du langage. Peu & peu la voix se serait exercée, les organes vocaux se seraient développés ; ajoutez la transmission héréditaire, la sélection, et vous aurez le langage humain. La parole, nécessairement, réagit sur le cerveau, réagit sur la
f)ensée. qui n'est qu'une sorte de langage intérieur. Si les singes ne parent pas, c'est que leur espèce a été frappée d'un arrêt de développement; ils ressemblent à ces oiseaux qui ne chantent pas ; ils sont comme les corbeaux, qui, pourvus d'un appareil vocal semblable à celui du rossignol, ne savent que croasser. Cf. L Expression des émotions chez l'homme et les aniynaux.
DARWIN *î»9 ^
plus, la tradition, devenue opinion publique de lacommunauté, approuvera et consacrera sous le nom de morale! certains actes et une certaine conduite tendant à « promou-| ^oir » le bonheur général.
Seulement, il est un fait qu'il ne faut pas oublier et qui ? semble singulièrement fortifier la doctrine inductive. Le sens moral est modelé sur la nature particulière des instincts primitifs; aussi, variez ces instincts, vous modifierez la forme du sentiment moral. Il s'en faudrait de beaucoup que le sens moral acquis par un être différent de nous fut nécessairement identique au nôtre. En loi générale, d'après Ch. Darwin, « tout instinct qui est continuellement plus « fort qu'un autre ou plus persistant, donne naissance à un a sentiment que nous exprimons en disant qu'il fa at lui | a obéir. » Ce n'est donc pas prendre le mot devoir au figuré que de dire : Un chien d'arrêt doit arrêter le gibier. a Un chien d'arrêt, s'il pouvait réfléchir sur sa conduite « passée, se dirait à lui-même : J'aurais dû arrêter ce lièvre « au lieu de me laisser aller à la tentation passagère de le « chasser. » — « Supposons, dit ailleurs Ch. Darwin, pour w prendre un cas extrême, que les hommes se fussent pro- « Quits dans les conditions de vie des abeilles : il n'est pas <c douteux que nos femelles- non mariées, à l'instar des Cl abeilles ouvrières , considéreraient comme un devoir « sacré de tuer leurs frères, et que les mères cherche- « raient à détruire leurs filles fécondes, sans que personne « y trouvât à redire. »
Ainsi, d'après Ch. Darwin comme d'après M. Bain et/ l'école inductive, le sentiment moral est nécessaire, il est né de la force des choses ; au contraire, les objets, la matière de ce sentiment sont, par cette même force des choses, essentiellement variables. Il n'existe nulle part une sorte de punctum saliens où viendraient indivisible- ' ment s'unir le sentiment et sa matière, la volonté et son objet : l'un et l'autre restent distincts, leur soudure n'est jamais indestructible, leur union est toujours passagère. La volonté, produit complexe de l'instinct, de rintel-| licence et de la passion, n'a point de centre fixe auquel* eue puisse s'attacher. Il existe un sentiment moral immuable, il n'existe point une morale immuable.
Comme confirmation de toute la doctrine, Darwin in- ■ voque révolution des sentiments moraux. L'importance accordée à telle ou telle vertu est toujours proportionnelle à l'importance de cette vertu même comme condition,
wm^m^
d'existence pour le groupe social au sein ducuel ello s'exerce. Les « vertus strictement sociales », iadispensables au maintien de toute société, même la plus élémentaire, ont été seules estimées dans le principe. Les vertus individuelles et privées, comme la tempérance, la chasteté, etc., ont au contraire été inconnues a'abord ou dédaignées. De plus, c'est dans le sein d'une même tribu, et non d'une tribu à une autre, que les hommes ont d'abord pratiqué les vertus sociales elles-mêmes. Aucune tribu ne' pourrait subsister si l'assassinat, la trahison, le vol, etc., y étaient habituels; par conséquent, à l'origlpe, ces crimes sont « flétris d'une infamie éternelle dans les limites de « la tribu »; mais, au delà de ces limites, « ils n'excitent u plus les mêmes sentiments. »