‹ La morale anglaise contemporaine: morale de l'utilité et de l'évolutionChapitre 78 sur 138 · Lectures and Essays, ii · texte numérisé non relu

Lectures and Essays, ii

k préférer la famille, la tribu, la nation, à son moi individuel. La piété, dit-il, n'est pas l'altruisme. Ce dernier sentimeat a pour objet un iadtvidu; la piété a pour objet un . groupe, une communauté dont noua ne nous sentoas plus différent.

Ces principes darwiniens une fois posés, GlilTord expligue comme Darwin l'approbation morale et le remords. Qu un individu, obéissant à des motifs égoïstes, agisse contre la communauté, le mot social ne tardera pas à se réveiller en lui ; il détestera alors son crime. Il prononcera lui-même, au nom du moi social, un jugement qui est la conscience. Il dira : < Au nom de la tribu, je n'aime point ma personne individuelle. > De là le sentiment du remords.

Ces maximes morales, quoique bypotbéliques, apparaissent i la conscience comme catégoriques, parce qu'elles ont été acquises par la sélection et non par l'expérience individuelle ; leur source étant cachée dans les siècles, elles paraissent surgir immédiatement dans la conscience.

La vraie divinité morale, c'est l'humanité, « c'est notre père l'homme, qui nous regarde avec l'éclat de l'éternelle jeunesse dans ses yeux et qui nous dit : Je suis celui qui était avant que Jehovah fût ».

II. M. Alfred Barratt a essayé de refaire une physique des mœurs sous ce titre : Physical Ëthics. Son but est de fonder la morale sur la nature, comme l'avaient essayé les anciens. Il se rattache à Épicure d'une part et de l'autre à Darwin. Son principe est individualiste et, au sens an- Iglais, purement ■ égoïste ». L'utilité générale fonde ce que les anciens appelaient la politique; l'intérêt individuel fonde la moraù.

' Etant donné uu tissu doué de sensibilité, c'est-à-dire ayant ' la propriété de réagir sous un stimulus, nous avons la H matière brute de la moralité », « car le seul tissu qui puisse ' H continuerd'existerestceluidontlesréactionssontpropres « à assurer la conservation ou, en d'autres termes, le bien de « l'agent. » Celte loi de conservation {self-preservalion) a un ï côté intérieur et.subjectifï, c'est le plaisir, « car le plaisir « est simplement l'état constant qui accompagne l'accomi< plissement de la fonction vitale. " La vraie moralité commence, à proprement parler, non seulement quand le plaisir est atteint, mais quand il est alleint « par une action intentionnelle '. »

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