CHAPITRE XIX
Suite du même sujet.
Tant que la voix de la raison et les sentimens humains ne sont pas étouffés par les cris de l'intérêt et de Torgueil, le spectacle de l'injustice enflamme les cœurs les plus indifférens d'une vive et profonde indignation. <c Quand la tyrannie » enrichirait plus d'hommes qu'elle n'en ruine , » ceux-là ne seraient pas encore les plus forts , n dit Cicéron ; car alors on ne compte pas , mais M on pèse , on apprécie. »
Les sophistes ont soutenu que rien n'était juste de soi , que le législateur fait la justice ;
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que ce qui est établi pour la commodité du souverain et de ses ministres est toujours équitable. « Ainsi, dit Pascal, trois degrés d'é- » lévatîon du pôle renversent toute jurispru- >• dence , un méridien décide de la vérité ; et » comme la justice est une force spirituelle dont » on peut disposer lorsqu'on en est maître , » on l'a mise entre les mains de la puissance , » et l'on appelle justice ce qu'il est force d'ob- » server.
» Sans doute , la justice sans la force est » impuissante , mais la force sans la justice est » tyrannique. Ne pouvant faire que ce qui est >• juste fût fort , OR a fait que ce qui est fort » fût juste. »
Ce que le despotisme souffre avec le plus d'impatience , c'est la vérité , c'est la justice ; réduit à conserver les noms , il détruit les choses , et appelle vérité ce qui est mensonge, justice ce qui est violence.
M. Guizot, dans un très-bon écrit sur la justice politique , a montré , d'une manière aussi lumineuse qu'effrayante , comment la justice a été envahie par la politique , et comment leur rapprochement est également fatal à l'une
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na été acceptée dans aucune assemblée du peuple. C'est dans le secret des cabinets que se proposèrent le bombardement de Cadix, Tincendie de Washington , F enlèvement de la flotte, danoise, et que des ordres furent donnés pour Texécution de ces crimes politiques.