‹ La morale appliquée a la politique, pour servir d'introduction aux observations sur les moeursChapitre 58 sur 116 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Maisons de débauche.

Da^s les pays où les femmes sont renfermëes ou ne sortent jamais seules et sans voile , les lois et les mœurs s'opposent à ce que d'autres femmes , bravant la pudeur publique , provoquent les passans et les arrêtent au détour des rues : on craint que l'aspect impur de ces femmes perdues ne souille les chastes regards des adolescens. En Italie même , où les mœurs sont peu sévères , les mères sortent sans danger avec leurs filles ; elles ne craignent pas que la rencontre d'une autre personne de leur sexe puisse donner lieu à des questions auxquelles elles

2Lo6 LA RIORALE

ne pourraient répondre , sans rougir , sans trahir le devoir maternel , ou qu'elles ne pourraient éluder sans faire naître des doutes , sans éveiller une curiosité périlleuse. Moins protégées par leurs magistrats , les vierges de la Gaule , de l'Angleterre et de la Germanie , ne peuvent sortir, même au milieu de leur famille , sans se voir initiées ^ux mystères du vice et de la débauche avant de Têtre à ceux de 1 hymen et de la maternité. Une scandaleuse magistrature qui, semblable aux reptiles, vit dans la fange et les ténèbres, et, comme eux, se nourrit de venin et de poison , la police , protectrice du jeu , est aussi protectrice du libertinage , et tire également de Tun et de Tautre un immonde salaire. Dirai-je sur quels honteux , sur quels misérables motifs se fonde le privilège des jeux et de la prostitution? Non : ma plume n a pas appris , comme les magistrats de la corruption , à braver toute pudeur : elle recule et se voile devant cette boue politique.

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