CHAPITRE IV
De la Contribution du sang.
L'ambitioiï et T orgueil se sont ëpuisës en combinaisons , tantôt atroces y tantôt ridicules , pour rendre Thomme inférieur à 1 homme , et pour multiplier les anneaux de la chaîne des distinctions sociales. Les destructeurs de T égalité naturelle n'ont point prévalu contre la puissance du Créateur. Il a donné au berger les mêmes organes qu^au monarque , le sang plébéien n'est pas d'une couleur différente de celui des patriciens ; et quand il s'agit de la défense du pays y le noble fils du premier baron chrétien a souvent des bras moins vigoureux , une poitrine moins forte , un cœur moins ferme à opposer à l'ennemi que le fils du dernier artisan.
Sur ces arènes sanglantes , où se décide le sort des nations , tous apportent un tribut égal ,
APPLIQUÉE A LA POLITIQUE. 2lS
celui de la vie et de la mort , qui frappe également le pauvre dont Thabit est de bure , et Thomme dont les vêtemens ëtincellent d'or et d'acier.
Les rois d'Assyrie levaient aussi des Contributions d'hommes pour faire la guerre; mais ensuite ils imposaient des taxes d'hommes et de femmes , pour rétablir la population dans les provinces que la guerre avait rendues désertes* Les gouvememens modernes ne songent qu'à la destruction , et abandonnent à la nature le soin de réparer ses pertes.