CHAPITRE VIL
Du Prince.
Il faut renoncer à être roi ou se soumettre aux conditions de la royauté. Celui qui est exposé aux regards de tous , doit à tous Texemple de la fidélité en ses promesses , de son respect pour les sermens qu'il a prononcés, pour les lois qu'il a faites ou consenties. H faut que ses actions soient toujours conformes à ses discours i
il lui importe d'être cru stable dans ses desseins et sincère dans ses paroles. Le choix de ses bmiliers, de ses ministres , de ses généraux, de ses agens dans toutes les branches de Tadministratibn , ne doit tomber que sur des hommes dont les vues , les sentimens , les intérêts et les discours soient aussi sincères que les siens , car quoi de plus propre à mettre en doute de sa foi , s'il gouverne un peuple libre et régi par des lois, que de le voir confier le soin de leur conservation ebde leur exécution aux partisans de l'arbitraire et de la servitude ?
Le banquier, le négociant, qui prendrait pour commis des banqueroutiers frauduleux , des hommes d'une mauvaise foi reconnue , protesterait vainement de sa loyauté dans les affaires , de la sûreté de ses engagemens ; la confiance publique se retirerait de lui.
U importe plus particulièrement encore que des hommes qui xeprésentent le prince au dehors soient connus par leur attachement aux institutions et à la forme du gouvernement établi dans leur pays : non-seulement ils ne doivent pas être soupçonnés de calomnier ces institutions chez T étranger, mais leur devoir