‹ La morale appliquée a la politique, pour servir d'introduction aux observations sur les moeursChapitre 9 sur 116 · II · texte numérisé non relu

II

est d'en prendre hautement la défense en toute occasion. L^bonneur de la nation et l'honneur da prince demandent qu'il ne soit ëlevé aucun

doute sur leur confiance réciproque , sur la vo-

lontë ferme , constante , inébranlable du monarque et des sujets, de garder leurs sermens.

Mais , dira-t-on , les ministres d'un roi sont responsables ! Cette responsabilité peut être une garantie contre eux et non une justification pour lui , car s'ils résistent à sa volonté d'être juste y de ne régner que par les lois, pourquoi les conserverait-il ? et s'il arrive que , sous des apparences trompeuses et les dehors d'une feinte obéissance , ils traversent secrètement ses desseins , n'est-il pas de son devoir de les faire punir aussitôt qu'il en est averti par la voix de ses sujets ?

<c Malheureusement , dit Sully , lorsque les » princes renvoient leurs ministres ou changent M leurs agens, ce n'est presque jamais pour >» les fautes que ces ministres ont commises ; » ils font par caprice , par légèreté , par mau- N vaise humeur , par orgueil , ce qu'il ne tien- » drait qu'à eux de faire par le seul motif de n la justice. »

Page 1