‹ La morale appliquée a la politique, pour servir d'introduction aux observations sur les moeursChapitre 81 sur 116 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

De la Ceoâurc.

PoiHT de morale sans liberté, sans libre arbitre. Si ce priincipe est ineontestable , qa'y a-t-il de coramiiA entre la molrale et h. cen$ure ?

Un homme a dit : « Voyez dans quelle dëca- » dence bomble la liberté de la presse à (ait » tomber rÂngtçterre , pays de sédition, parce » qu'il n'y a pas de censeurs ; elle parait riche et » puissante , mais sa grandeur est factice et son » opulence est fausse. Un peuple éclairé ne peut » subsister. » Mais bientôt , quittant Tirônie , Voltaire ajoute : « Non , Téglise de Rome n'a » point été vaincue par les livres du moine >* Luther , du chanoine Jean Chauvin , du curé » Zuingle ; elle Ta été pour avoir révoUé TEu- » rope par ses rapines , par la vente publique • des iudiilgejiccs , pour avoir insulté aux hom- » mes } pour avoir voulu les gouverner comme

sGo LA MORALE

j» des animaux domestiques , pour avoir abusé

» de son pouvoir à un tel excès , quMI est ëton-

» nant qu'il lui soit resté un seul village . » Et

je dis à mon tour: Non , ce n'est pas le ConsH"

Udionnel espagnol publié à Londres qui a fait la

révolution d'Espagne , c'est Tinquisition , le ré^

gime militaire des Elio et des Labisbal ; c'est

Tingratilude et la persécution; c'est le sang des

Lascy et des Portier. Soyez justes , bumains ,

fidèles à yos promesses et à yos engagemens , et

vous n'aurez pas. besoin de censeurs ; ni les li-^

vres , ni les journaux , ni le tbéâtre , ne pré'

vaudront contre vous : mais si vous n'ttes ni

sincères dans vos paroles , ni équitables dans

vos jugemens , ni bumains dans vos actes , les

censeurs , les commissaires , les familiers de Tin-

quisition , ses bourreaux et ses bûcbers, n'empè-

cberont pas que l'Espagne lassée ne perde un jour

patience , et ne s'écrie : « Vive la constihtiion et

les coriès! Elle se fût contentée d'un peu de liberté :

vous n'avez voulu lui en donner ancune , et dans

la crainte de n*en avoir pas assez pour l'avenir ,

elle en a pris peut-être plus que ne l'exigeaient

ses besoins présens. Tel est le cœur bumain , et

tels sont les inévitables résultats de la tyrannie.

APPLIQUÉE A LA POLITIQUE. a6l

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