CHAPITRE PREMIER
Rapports entre la Mor^e et l'Education.
Sf f^avais le malbeur d'être né sujet d'un de ces monarques paternels , comme les appellent leurs flatteurs , qui ont horreur des lumières ^ qui déclarent aux hommes dont ia profession est dlnstmire, qu'ils seront punis de Texil s'ils s'acquittent des devoirs qui leur sont imposés , je me garderais bien de rechercher quels rapports existeirt entre la morale et l'instruction; car toute lamoralité d'une action résultant, pour
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celui qui la commet , de la connaissanee acquise des principes , qui font que cette action est bonne~ ou mauvaise , juste ou injuste, permise on défendue, il est évident que ceux à qui cette connaissance est refusée ne sont plus justiciables de la morale publique. Indifférens par ignorance , entre le vice et la vertu , ils obéiront à la force , et ne se décideront jamais que par intérêt ou par crainte : sentimens dont Montesquieu fait le seul ressort des gouvememens despotiques. Heureux habitant d^un pays où la culture de Tesprit n'a pas encore cessé d'être en honneur, où la science des hommes et des choses est encore Toccupation des races qui s'élèvent ; où les premières pierres du temple de l'obscurité , posées par des mains honteuses, n'attesteront que les ridicules efforts des ennemis de la lumière , je n'arrive pas trop tard pour dire ce que la morale approuve et ce qu'elle condamne dans l'éducation publique.
L'éducation a deux objets : augmenter les lumières de l'esprit, développer les vertus du conur ;' et tous deux tendent au même but , l'aceomitHssfiment d^s devoirs ! Or il e^ des hommes qui ne veulent pas ^e l'éducation fasse des sa-
fans; ils le déclarent À la face du monde. DIais Aristote prétend que nulle vertu n'est propre aux eâclaveiï ; aussi ne veulent-ils pas que ré-, dncation^' fasSse des hommes libres. D'où ils doivent conclure qu elle est inutile , et que récdÛMÉie comistei supprimer les dépenses suptrftiis.qn'elle. entraîne : c'est sans doute vers ce biit-qiie tendent ceux qui retrancbent de TéducatioRipublique le culte de la patrie , et qui bannissent des écoles jusqu'au nom de liberté. Qu'importent ces puérils efforts? le tems emporte les resfes d'une génération vieillie dans l'enfance des préjugés , et en ramène une autre brillante de jeunesse et ricbe de tous les biens que nous aurons acquis pour elle.
Les sages dé tons les- tems et de tous les pays ont fait de l'éducation l'objet de leurs plus bautes méditations / les uns l'ont considérée uniquement sôus le rapport pbysique ; persuadés que tout vice est issu de faiblesse, ils ont cru qne pour avoir des hommes vertueux il suffisait de les rendre robustes.
tTautrés, apris avoir créé des utopies, les ont peuplées d'halHtans imaginaires , qu'ils ont dotés
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à loisir de toutes les qualités, et de toutes les vertus.
D'autres enfin n'ont vu dans Tenfasce qu'une pépinière de sayans ,: d'artîstet^ et d'étudila * ^t se sont imaginés qne; T éducation. devait 99^ hâi-r ner à cultiver ces jeunes plantes daJui'iàiAérét d^s sciences et des arts. Trèstpeiude plilQSfipbiMloiil envisagé l'éducation sous le tri^k.TappoRttiqui la constitué : la Camille , la âM»ciéfé;.4:étali:h; ;
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