CHAPITRE II
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Il faut un grand courage,, beaucoup d^quar lités, de savoir, et e^nçoresplus^ patience pour se dévouer à rinstraction delà jgifn^s$c, UnJpng travail sans éclat, une consid^ratîoa. médiocre dans le monde, et rarement ua.^,tat d'fli^çeià la fin d'une carrière honor^bl$,f|iteU^^^i^t les récompenses du profi^or«^t. ,- ,.r;
Un talent supérieur céde-t^il à sa noble vo-
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cation, une jeunesse avide court puiser Tinstruction à cette source féconde.
Uu homme * a étudié en philosophe les lois confuses et contraditoires des nations ; dans les règlemeos de la justice criminelle , il a su démêler les vestiges de la baiharie, galitoise , et les tracer pln^ profondes du scieptre de f^r àous:Ict qujel nos 'aïea^i' ont gémi .- Cet li^lnle et sâgepcor fcsseur recherche ffioinsVeisprit que la morale 4^^ lois : ses jeunes auditeurs se pénètirenten Técour tant des hautes vérités quMI ens^î^e. « Le re^ M posdans les lois est. le premier hien, maisja « liberté périlleuse Vjiut mieiixvqiie.je calm/e » dans l'esclavage . », Toute sa doctrme estren-r fermée dans ces paroles : des âmes neuves, 4cs esprits ^ bien préparés les recueillit , et une génération nouvelle grandit et s'élèye iàns Tar mour de la patrie ,4e:Jajustii&e ^et de la^yéiit.éij Mais la sottise etTei^vieont éooiité dui: ((ortc^;^ à leur voix rautorité s'àlWne ^: Iç vertueux prorfesseur e$t arraché 4k sa chaire ^i et- les jeunes gens qui étudient Us lois apprennent ^omrtient on les outrage, dans F enceinte même où.an U^' enseigne.
* M. Bavoux I professeur de droit civil à l'Ecole iU Droit.
Qa'nii aatre professeur d^un talent reconnu , d^une ame forte et d'un esprit éleyé*^ , se charge de développer devant un jeune et nombreux auditoire les beautés sublimes <les anciens poètes : si , ne se bornant pas à mesurer des spondées €t des dactyles , il sent et cherche à faire sentir la poésie en vrai poëte ; s'il fait partager aux autres FéftiotioTl profonde qui Tagite, toutes les* fois ^qiï'unc grande pensée en beaux vers fait palpiter son cœur au nom de gloire et de patrie ; s'il féconde ainsi le champ de la littérature ancienne, où la critique s'est trop long-tems amusée à ne chercher que des fleurs : ses leçons , accueillies avec enthousiasme, sero^ dénoncées au pouvoir; il ne pourra pleurer, avec Ovide, sur les malheurs de l'exil , sans être accusé , comme lui , de manquer de respect à la personne d' Auguste ^ il' ne pourra s'indigner, avec Juvénal, de la dégradation des âmes romaines , sans voir se déchaîner contre lui les modernes Crispins; il ne pourra commenter les vers de Lucain sur le génie de César , sans soulever contre lui tous les ennemis de la gloire française, et «ans se
* M. Tîssot , professeur de poésie ancienne , au colk'ge de France.
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voir enlever , au déclin de l'âge , le fruit de vingt ans d'honorables travaux.
Où se précipite cettefoule d'étndians , grossie de tous les amis de la science et des lettres ? Un jeune professeur *y doué d'une sagacité rare , d'une éloquence entraînante , applique aux recherches métaphysiques toute la force de son es^ prit, toute la chaleur de son ame; placé au centre des différentes doctrines philosophiques dont il a su débrouiller le chaos, il a rassemblé sur un point les divers rayons lumineux qu'il en a fait faillir , pour en composer un système ingénieux qui sàtis&iit à la fois aux voeux les plus ardens de l'iniagination^ et aux jpreuvesqu'exige la- raison la plus sévère. Ces hautes idées , ces princi* pes lumineux, exprimés dans des. improvisations brillantes, attirent autour de cette chaire des flots d^auditeurs; tout à coup , du volcan éteint de l'ancienne Sorbonne , s'élève un nuage de cendre qui itouffe pour un moment la voix du célèbre psofesseur.
* M. Cousin , professeur de philosophie à la Faculté djes lettres.
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éducation pour bases, et c'est de leur harmonie que résulte l'éducation vraiment nationale dont la société même est la dernière école.
Sans doute nous sommes loin encore , depub quelque tems même nous parabsons nous éloigner du véritable but de l'instruction publique , qui doit être de former des hommes et des citoyens. Cependant les contradictions entre les préceptes des maîtres et les exemples des livres' sont aujourd'hui moins choquantes qu'elles ne Tétaient autrefois ; il y a moins d'inconséquence , je ne dirai pas plus de franchise , i &ire apprendre, discuter, traduire les œuvres de Tacite et de Xénophon par des enfans destinés à vivre sous un gouvernement constitutionnel , qu^il n'y en avait à mettre ces mêmes livres entre les mains de leurs pères, que Ton. avait tant d'intérêt à façonner au joug despotique d'une société cotrompue.
Les tems sont venus où les peuples doivent s'occuper d'eux-mêmes , où la loi romaine dmt cesser de peser sur la Gaule affranchie : nos moeurs , nos superstitions , nos coutumes , nos tradifSons, nos préjugés, attestent encore que les Gaiitoii furent jadis la conquête d'une peuplade
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1>arbare ; une éducation nationale peut seule faire disparaître ces traces honteuses, en élevant pour la patrie des hommes instruits,libreset vertueux.