‹ La morale appliquée a la politique, pour servir d'introduction aux observations sur les moeursChapitre 91 sur 116 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Causes gënërales des Révolutions.

J'ei^tei^ds sans cesse louer ou accuser quelques hommes de ce que les uns appellent les bienfaits et les autres les crimes de la révolution. Les hommes ne font pas plus les rëyolutions qu'ils ne font les tremblemens de terre ; ce sont les choses qui font crouler et qui relèvent les empires ; c'est du choc imprévu des élémens hétérogènes qui fermentent pendant des siècles lu cœur d'un état , que naissent ces grandes commotions politiques , dont les causes remontent

APPLIQUEE A LA POLITIQUE. 3x>9

toujours bien au-delà des générations qui en> subissent les effets.

La révolution en France était faite moralement quand le grand monarque mourait $eul dans .son palais désert; elle était faite quand Richelieu s'emparait du pouvoir souverain , et laissait par dérision à Louis XIII les insignes de la royauté ; elle était faite quand la sainte ligue déclarait. Henri IV inhabile à régner , quand ses sujets catholiques le repoussaient d'un irânc légitime ohXt placèrent ses sujets protestans.

Préparée par deux siècles de guerres intestines et de persécutions religieuses , par cette dégradation politique et morale où le règne de Louis. XY.^^dit plongé Tétat, doifH)ns^ étonner cpi'iuif révolution soit sortie tout, armée d'un cliaos^politique où la philosophie luttait contre, la corruption des. mœurs, où la lumière combattait .contre les ténèbres, où Tamour delà, liberté fermentait dans des âmes impatientes d'an despotisme sans repos et sans gloire.

Le corps social comme le corps humain est dette d'une ame ; cette ame c'est Tesprit public. Cette ame vive, indépendante et impétueuse chez ks Gqeçf ; libre , énergique et dominatrice chez;

les HomaÎDS-; fou^eusd , insoudafite^ et> léghrt chez les Français de l^ancienne nidnatcfaie^ M se teodHiaiif par ks institutions et les knbifcdes^ » &it Thistoire gbriense et ttttaâenli'^ superbe el tc^ble, baibart- etbtsHame, Ab trois peuples les mifeiix éoués' pcsot^Vd deto» cemx qm ont brilé si» la terrev

Qaaifd Famie ronuâne s'est contimpiir sefH les mcBurs r il y ^ eitrévoIationtaïKptofitdiide^ pofisiDe, et TétinceUe de Famé àntiqoie: œ se retroirfâ biont^ plus q«e dansk» Hol^'nif les Tacite: et qaelqaes hammed su^^étkMK^ à kitr siècle.

Es vdn ac«iis»-^on Cisat d^a^%4f HMKpé Feapiie ^ la< r^^Iique était dëtrtiifef : h^ lévtH lotion ëlaiB bité q«2Bid Scipiott-, 9ù litw de i»iid«e Sês coiiipte9^p»o|M)sai^aii^pé^ple'd-àlléi' atv tenpfe de Jupiter lui- rendre grâces Ae'svit*^ toires qu'il avait rempot^e^; ItMrsqM léSs j^ttf^ dBÊMg^ismÊ assassineir les GfadfpÉê^ |ftar éfadef le parta;;6 èss^feri-es eéwquifiie'a^, ^tee»rAée^fëf m» Ml wtf pliisipami%«> dfoyetis'. Laf^ t'é^èltf^ii éfarif feité qaand Marins entlra dUM^RolM i^ltf rtte d'une armëe pMv y ëgwger la- noblesse ; ^aftd ^Btf , phw grand ^ plus b^ile* y ftftSfi^nefr

APPLIQUEE A LA POLITIQUE. 3t ^

moÂis rëvolutUiwaire ^ se proclama lui-même dictateuf , et vengea la noblesse par le massacre et les proscriptions ; la révolation était accomplie alors même ({oe Cicéron , père de la patiie , Cwait mettre à m(^ sans jagemenl les complices de CatilÂiia.

La république avait cessé d^exister pour les Romwis, qû ne pouvaient plus vivre qu'au milieu des festins , des plakirs , des favoris et des courtisans- : accoutumés- aux mets dépravés et délicats d'un luxe sensuel^ leurs estomacs débiles ne supportaient pluâ! Taliment pur. de 1» liberté.

La libertine peut se maintenir our s'étiablic

que chez un peagfle. vertueux; cet amour , comme

tous les antres , est moins une persuasion de

yes|int qu'une, ceoyance du co^ur^ et c'est sur-

tout aax nation» <|ui ont vieilli dans l'esclavage

qtt'il faut répéter ces paroles de Pbton.: « Vou-

n left-vonS'ètre libres,* ebangez vos> mœurs: en

M ebanf^aat vos iasiitutions';. les jieus.du eis-*

'» que, les spectacles^, smit les jouelSs»de ces na-

» tioss* frii(foleSi* qui- daiisent aur bruit de leurs

« fefs, et q^l paient pourvu qu'elles dansent ^

» Athéniens! votre amour pour le plaisir est

3l2 LA MORALE

» YOtre première chaîne ; uh peuple facile i » amaser est toujours un peuple facile à as- » servir. »

Les colonies anglaises du nord de T Amérique étaient commerçantes , façonnées aux habitudes de r Europe , sans aucun sentiment de liberté , sans aucune connaissance de leurs droits ; mais l'oppression de la métropole y développe tout k coup un nouvel esprit public ; la guerre éclate , et les mœurs des colons américains ne sont plus les mêmes. Ce peuple marchand, devenu guerrier, brûle ses magasins et ses vaisseaux ; des hommes habitués à F aisance , à la vie sédentaire, se vouent auxfatigues des camps, aux périls de la guerre ; leurs femmes, jusquelà les plus timides , les plus indolentes de toutes les femmes, partagent leurs glorieux travaux ; on en voit un grand nombre charger leurs débiles épaules du pesant mousquet qu'un mois avant elles n'auraient pu soulever, combattre avec leurs maris , vaincre ou tomber avec eux sur le champ de bataille.

Dès lors les Américains sont dignes de fondet\ une république ; elle est dans leurs mœurs , dans leur ame ,. dans leur sang.

APPLIQUISIS À LA POLITIQUE. 3i3

Si la révolution française , qui avait commencé sous des auspices plus heureux encore , n'a pas eu le même résultat , ,c'est qu'elle n a point été faite par ceux qui l'avaient conçue ; c'est qu'elle avait eu pour objet, dans le principe, de fonder la liberté à l'abri d'un trône constitutionnel, et qu'en renversant ce trône , contre la volonté nationale , ciontre' le vo^ de l'esprit public , les hommes qui s'emparèrent violemmentriAe; la réicoUtioift en d^truiçplreBt le principe €t snlHktitaèrent : ji des mceurs ; corrompues , où déjà Ufphîl|(9^phie; avait :opér(i d'heureux changemensi , des m^jurs sauvages qu'il^i appelaient répubUi^^^ilies ;• jet qui ,. sans • aucune analogie avec: le dAai^tère français ,. ne pouvaient avoir de dutée que ceÙp;.de I9 terreur, dcmt elles étaient rouvrage.., ,:

. t ri

If. li

3l4 LA MOBALE

Page 1