‹ La Morale d'AristoteChapitre 40 sur 58 · LES AFFECTIONS · texte numérisé non relu

LES AFFECTIONS

auront encore besoin de l'arnitié ; et certes, ce qu'il y a de plus juste au monde, c'est la justice qui peut se concilier avec la bienveillance. (Morale kNicomaquey pp. 348-349.)

Aimer peut se définir, vouloir à quelqu'un tout ce qu'on lui croit bon et avantageux, le vouloir pour lui seul et non pour soi-même, et lui procurer tous ces biens dans la mesure où on le peut. On est ami quand on aime ou qu'on est aimé de retour ; on se regarde comrre amis quand on est l'un pour l'autre dans ces dispositions réciproques.

Ces principes pesés, il en résulte nécessairement que celui-là est notre ami qui se réjouit avec nous du bonheur qui nous arrive, et qui s'afflige avec nous des maux qui nous atteignent, sans aucun autre motif que notre propre intérêt. Tout le monde est heureux de voir arriver ce qu'il désire ; et l'on s'afflige de tout ce qui arrive en sens contraire, de telle sorte que la joie ou la douleur est bien le signe de ce qu'un voulait. On est ami quand on a les mêmes biens et les mêmes maux, quand on est ami des mêmes personnes, quand on a les mômes adversaires ; cardans tous ces cas, c'est une même chose qu'on veut. Concluons donc qu'on est ami dès qu'on souhaite à un autre ce qu'on souhaite pour soimême. (Rhétorique, I,p. 20U.)

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