L AMOUR FILIAL
Il ne dépend pas des enfants de rendre à leurs parents tout le bien qu'ils en ont reçu. « Ce n'est que lorsqu'ils sont un peu avancés dans la vie, lorsque leur intelligence et leur sensibilité ont acquis un certain développement, qu'ils chérissent les auteurs de leurs jours. » Et encore même ne peuvent-ils sentir tout ce qu'ils leur doivent que lorsque la nature les appelle à prodiguer à une nouvelle génération l'amour auquel ils sont redevables de leur existence, de leur vertu, de tous les avantage qui embellissent leur vie. « La tendresse des enfants pour leurs parents, et le respect des hommes pour les dieux, nous dit Aristote, sont l'effet de la bienfaisance et de la supériorité. » Ainsi l'amour filial est presque assimilé à un culte ; et combien il l'est en effet dans un cœur formé à la vertu par des parents dignes de ce nom ! Les manifestations de la tendresse sont alors si vives, si profondes, si complètes, qu'on se demande si elles ne sont pas une riche compensation de l'amour des parents. Heureux ceux qui ont su inspirer une si sincère gratitude, une si tendre piété î Heureux aussi les enfants qui savent si bien répondre aux hautes inspirations d'un amour si élevé, si dévoué et si pur !
La tendresse des enfants pour leurs parents, et le 'espect des hommes pour les dieux, sont l'effet de a bienfaisance et de la supériorité ; car on doit de :els sentiments à ceux de qui on a reçu les plus 2jrands bienfaits, puisqu'ils sont la cause d'abord de lotre existence, et ensuite de l'éducation et de l'insiruction que nous avons reçues. Mais il y a d'autant dIus d'utilité ou d'agrément dans de tels biens, en comparaison de ceux qui sont moins directs, qu'on i des rapports plus fréquents et plus intimes avec es êtres qui sont l'objet de notre attachement. Morale à Nicomaque, pp. 387.)