‹ La Morale d'AristoteChapitre 44 sur 58 · L AMOUR FRATERNEL · texte numérisé non relu

L AMOUR FRATERNEL

« La cause de l'affection réciproque des frères, Qous dit Aristote, est la naissance qu'ils doivent aux ûaêmes parents; car cette communauté de naissance leur inspire les uns pour les autres un même sentiment, j» Sans doute, une naissance commune forme un premier lien; mais ce lien ne serait pas durable s'il n'était fortifié par la sympathie morale, créée par une éducation commune, perfectionnée par les mêmes exemples de vertu. Les parents peuvent beaucoup pour resserrer l'union fraternelle, d'abord par leur affection sincère, dévouée, qui se donne à tous, sans se partager ; ensuite par leurs soins vigilants pour cultiver l'âme de leurs enfants et la former au bien. L'inliuence puissante de parents

vertueux rend indissoluble l'union de leurs enfants : alors même que le temps et les événements les dispersent loin du foyer paternel, ils se rencontrent toujours dans un même sentiment, malgré toutes les divergences d'opinions et les diverses influences nouvelles qu'ils subissent. Ce sentiment, c'est le culte pieux de la mémoire de leurs parents qui entretient en eux le respect du devoir et l'amour de la vertu.

La cause de l'affection réciproque des frères est la naissance qu'ils doivent aux mêmes parents ; car cette communauté de naissance leur inspire les uns pour les autres un même sentiment. Aussi dit-on qu'ils sont un même sang, qu'ils appartiennent à la même souche, et autres expressions de ce genre; ils sont donc, s'il le faut ainsi dire, une même substance dans des individus distincts. La nourriture commune et le peu de différence d'âge sont encore un puissant motif d'amitié ; car tout homme se sent plus naturellement porté vers ceux qui sont de son âge, et la ressemblance dans les mœurs est un lien qui unit ceux qui s'associent pour le plaisir ou l'amusement: aussi l'amitié fraternelle ressemblet-elle beaucoup à cette sorte de liaisons. {Morale à Nicomaque^ pp. 386-387.)

On trouve aussi, dans l'amitié fraternelle, ce qui se remarque dans les liaisons d'agrément et de plaisir, et d'autant plus dans les liaisons entre des individus estimables, et qui se ressemblent, en général, sous beaucoup de rapports, qu elles sont plus intimement unies, et par une affection qui a, pour ainsi dire,

ommencé avec la vie ; parce que ceux qui sont nés es mêmes parents, et qui ont été nourris et élevés nsemble, ont des mœurs plus semblables, et u'enfîn, l'épreuve du temps est à la fois la plus ûre et la plus constante. (7d., pp. 287-288.)

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