‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 18 sur 43 · LA MORALE U\N- I ATELIER · texte numérisé non relu

LA MORALE U\N- I ATELIER

le mauvais air, le mauvais exemple, les onl amaigris, atrophiés, corrompus, démoralisés On D'entre dans ers maisons que par des allées basses, étroites et obscures, où souvent un homme ue peut tenir debout. Les allées servent de lit à un ruisseau Fétide chargé des eaux grasses et des immondices de toute espèce qui pleuvent de tous les étages, et qui séjournent, dans de petites cours malpavées, en flaques pestilentielles. On y monte par des escaliers en spirale, sans garde-fous, sans lumière, hérissés d'aspérités produites par des ordures pétrifiées; et on aborde ainsi de sinistres réduits, bas, mal fermés, mal ouverts, et presque toujours dépourvus de meubles et d'ustensiles de ménage. Le foyer domestique des malheureux habitants de ces réduits se compose dune litière de paille effondrée, sans draps ni couvertures; et leur vaisselle consiste eu un pot «le bois ou de grès écorné, qui sert a tons les i enfants plus jeunes couchent sur un sac de

cendres: le reste de la tamille se plonge pêle-mêle, père

et enfants, frères el sœurs, dans cette litière indescriptible comme les mystères qu'elle recouvre. Il tant que personne en France n'ignore qu'il existe {\{>< milliers d'hommes parmi nous dans une situation pire que l'état sauvage, car les saues onl de l'air,el les habitants du quartier Saint-Vivien n'en ont pas. »

Voila le spectacle que la ville de Rouen offrait à M. Blanqui en l<Vis. Il en trouva un plus horrible encore dans une autre grande ville de France, à Lille.

I ne portion considérable de la population manufacturière de cette ville habite dans des caves situées à deux ou trois mètres au-dessous du sol et sans communication avec les maisons dont elles font partie : ces caves ne reçoivent d'air et de jour que par la porte de l'escalier qui j conduit et qui donne sur la rue; leur étendue est rarement de (U'iw mètres & deux mètres e! demi «le hauteur sur cinq mètres de côté, et il \ en a une infinité qui onl des proportions beaucoup moindres.

71 CINQUIÈME I i > V

I i un spectacle vraiment effray ut épie celui de eesomlnes humaines, dont la tète arrive a peine a la hauteur de nos pieds, quand !«• demi-jour qui les. éclaire permet (l«' lei aper-« cevoir du haut de la rue. Mais nulle plume t ■• - saurait deerire avec une exact»' vérité, pour qui l'est hasardée ] descendre, répouvantable aspect de ces asiles, capables de Caire en^

aui hommes les repaires des hôtes de dos forêts Le quar-i

lier Saint-Sauveur n'est pas le seul où il existe .les , a\ mais c'est celui <>ù il en existe le plus, «it dans lequel toute! les combinaisons semblent avoir été réunies pour l'insaltH brité. C'est une suite d'Ilots séparés p - ruelles s» imhres et étroites, aboutissant a de petites cours niniiursMiih le nom de cow sei vanl i« » u i à lit fois cl égoûts et «le dép«6ts d'imj mondices, où règne une humidité constante en toute saison. Les Fenêtres des habitations et les portes «les caves > ouvre» sur ces passages infects, au fond desquels une grille reposd horizontalement sur des puisards qui servent «le latrines pus bliques le jour el la nuit. I es habitations «le la oommunautl suiit distribuées tout autour de ces loyers [pestilentiels, dont la misère locale s'applaudit «le tntn un petit revenu. V mesure qu'on pénètre dans l'enceinte des courettes, une population étrange d'enfants étiolés, bossus, contrefaits, d'un aspec t pale et terreux, se presse autour «les visiteurs, «-t leur demanda l'aumône. La plupart de ces infortunés sont presque nus ,t les mieux partagés sont couverts de baillons. Mais œui la. du moins, respirent à l'air libre; «'t c'«asl seulement au foui «les . a\«'s que l'on peut juger du supplice d i que leia

nu la rigueur de la saison ne permet pas de iaire sortirl L plus souvent, ibcou«chenl tous sur la terre nue, lui débris de paille «I»' oolxa, sur d«es t. mes de pommes de L< desséché«es, sui du sable... Le gnutlVr «>ù iU > ntiè-

n'ut dépourvu «le meubles i n est qu'aux plus fortune qu'il «est donné «!«' possède) un poêle flamand, nue chaise m l»"is el quelque ustensiles de meu.i Je ne suis pas j i« lie, moi, * nous disait une vieille femme en nous montrant sa vol

sine étendue sur Taire humide de la cave, «mais j'ai une botte «le paille, Dieu merci!.. »

Depuis que ces lignes ont été écrites, un grand nombre de s caves ont été comblées plus de trois mille sur trois mille six i ents, dit M. Jules Simon, dans l'Ouvrière^ p. 155, ; mais il en subsiste encore (/W. . p. 157) qui servent de logen h -ut à toute une famille, et où couchent prie -mêle, père, mère, enfants, sans souci des mœurs; et d'ailleurs les courettes décrites par M. Blanqui sont toujours la et ne valent guère mieux, el dans les autres villes de fabrique, Roubaix, Saint- Quentin, etc., les logements d'ouvriers ne sont pas moins insalubre* el moins contraires a la décence. «Toutes les villes industrielles, dit H. Iules Simon, qui en a t'ait une étude particulière, offrent 1*' même spectacle,!

Voilà ce que sonl trop souvent les logements des ouvriers: la saut»- et 1rs mœurs en souffrent également. Si l'on veut ramener chez eux l'esprit de famille, il faut commencer par améliorer leurs habitations. On a déjà fait, sous l'impulsion de la révolution de 1848, quelque chose en ce sens. D est vrai qu'où s'est souvent trompé sur les moyens: <>n a construit pour le.^ travailleurs, sous le aomdeo/és ouvrières, des e&pb de casernes dont ils n'ont pas voulu, et avec raison. Mais d autres cités ont été construites sur an meilleur plan, et ont su attirer »it captiver les ouvriers. M. Jules Simon cite, entre un t ivs. comme modèle, celle de Mulhouse, La description qu'il en fait est un tableau qu'on est heureux de pouvoir opposer à celui de ces tristes demeures qui déshonorent trop souvent les villes manufacturières, et elle est vraiment engageante. J'en citerai quelques trait

Il \ a deux sortes de maisons dans la nte ouvrière de Mulhouse. Les unes sont isolées de tous les côtés au milieu d'un jardin, les autres sont alignées côte à «un- comme les maisons d'une rue ordinaire; une de ces dernières est amé najrée pour servir de logement garni aui célibataires. Chacune de 1 es maisons isolées est divisée, par des mur- de refend, en

CINQ! Il \ll l I . ■

quatre logements paiTaitemenl semblables, qui se loueul ou s.- vendeul séparément. Tous les logements affectés à l'habitation d'un ménage on! la même dimension, el ne diffèrent (jur par quelques détaih insignifiants de distribution intérieure. Les arrangements qui dépendent des locataires sont » n général bien entendus e! ne manquent pas d'une certaine i i gance. En voyant ces planchers bien cin 5,1 es rideaux bien blancs aux Fenêtres, ces jolis papi< s meubles solides el

bien entretenus, on se rappelle involontairement les misérables logements «le la Kattenbach, 3 Thann... Les jardins sont bien cultivés. Les ouvriers, en revenant de la Fabrique, ne se trouvent pas trop fatigués pour faire un peu de jardina^ 1 travail en plein air les délasse. C'est une émulation cuire eux :'. qui aura les plus belles fleurs. Ils se prennent de passion pour leurs légumes et leurs plates-bandes

Vi iliiiin grand bien accompli; il ne reste plus qu'à le néraliser.

I . soin revient d'abord aux chefs de fabrique, et plusieurs ont en effet donné à cet égard unexemple que les autres devraient suivre. IN concourront ainsi à l'amélioration du sort îles ouvriers el cela sans s'imposer à eux-mêmes de grands sacrifices, puisqu'ils peuvent s'indemniser < 1 « * leurs dépenses en retenant le prix du loyer sur le salaire <|u'ils mil .1 payei \ défaul des fabri< dont les fonds ne sont

pas toujours disponibles, les logements d ouvriers pourraient .•ire bâtis par des personnes riches, soil isolées, soit réunies en société. ( es personnes d . «lit un homme qui .1 lui nlême donné l'exemple en faisant construire à Paris des maisons ouvrières qui méritent d'être 1 itées .1 côté de celles de Mulhouse M. de Madré 1 ■ 1 es personnes retireraient des capitaux qu'elles j emploieraient un intérêt beaucoup plus élevé que celui qu'elles trouvent dans l'achat «les biens ruraux;

plies n'auraient pas plus à craindre des souffrances et de l'insolvabilité des ouvriers qu'elles n'ont à craindre dis épizoolies1 de la grêle et des pertes de loute nature ,qui jettent bien souvenl dans la détresse un fermier qu'elles ne peuvent pas expulser, bien qu'il ne pave pas ou paye mal. Elles pourraient être humaines sans toucher à leur nécessaire et sans cesser de recevoir de leurs capitaux un rendement légitime, soit en accordant crédit aux ouvriers pendant les jouis de chômage, soit en faisant des remises aux plus nécessiteux. Ces remises n'auraient jamais besoin d'être importantes pour produire de grands adoucissements, el pour soutenir dans le sentiment de la dignité et de l'honneur des malheureux que dégrade moralement un déménagement furtif «ai public sans le payement de leurs défies.

Des logements convenables et a hou marché, comme ceux dont je yiensde parler, rattacheraient les ouvriers à la viede famille, et, en les Bxant chez eux, a leurs heures de loisir, par l'agrément de leur habitation, et même, quand cela est possible, par la culture de leur jardin, comme à Mulhouse, les préserveraient de la fréquentation du cabaret et de ses désastreuses conséquences.

On peut taire plus encore que de mettre a la portée des ouvriers des logements convenables, «est de leur faciliter les moyens de devenir eux-mêmes propriétaires «le ces habitations. C'est .u^si ce que l'on a déjà lait dans certaines villes industrielles, .1 Mulhouse, par exemple, à Amiens, etc. \ 1,1 vérité, plusieurs causes s'opposent àce nouveau proès : 1 l'insuffisance du salaire de l ouvrier; 2 son incurie : 1 er laines dispositions législatives sur l'acquisition des un meubles. |i -s partages el les licitatious. D'après ces dispositions, on ne peut vendre, ,ui imin d'enfants mineurs, un l<>t d'immeuble décent francs sans plusieurs jugements el des frais qui s . >\r\ eut .1 des centaines de fran< s Cf. de Madré, p. 94 . ( tiie dernière cause peut être supprimée ou atténuée pai

82 ( rSQl II ME l Ri -n

un-' réforme riéi ratique de la législal '• rai!

[uisition ii. > m d'ouvriers des droits de muta!

iciliterail la transmission pitam qu'elles

lent : la première dépend «jhi ne peuvent

être ; d'aucune législation ; mais la seconde, <|iu

r>t un mai mai n/, peut 61 ibattue p

/'/'// . Si l'on ;i ins] I ouvrier le le devi

le propriétaire m qu'il habite,

lut m, nouvel encouragement a I eue; une i'« »i^ p

mme li attaché au -"1 qui lui ap-

partiendra, «-t il échappera encore plus aisément aux tei lions «lu caba

Hais qu'il devienne propriétaire <>ii qu il iple loi

taire, une grande amélioration aura été apportée dans soi i et «laiis celui de rime «'t di ule-

iii. 'lit 1* m 1 1- santé * i la pudeur «'t V mes

mœurs s'en trouveront mieux, ••! puis la lu mai

du |)ère i la maison aux heures de un bienfait |

i"iiv i 1 1 la d< ids |»« »int^ obtenus.

I loyens qui indiqués jusqu'ici pour an i\ei heureux résultat dépendent surtout des patrons et talistes M - il en est un «jui vaudrait mieux

que les ouvriers pourvussent eu leurs liai

i i omme i l-us les auti •• leur vie, -i 1

<!«• i s aux débuts desquels

assistons eu <•«• moment, • •! <|m ont p< »u t but •!«' au joug du patronage et k ce « \ t h * l'on s nommé, non s raison, la tyrannie «lu capital.

I i aussi sérail doute le meilleur moy< n t/ta

de réaliseï m, autre bien, non moins désirable que !• et nans lequel, môme «lans li p nent le plus convenable, I» rie de famille ne ment i che

les travailleurs : je veux dire e de la femnM

au foyei domestique II Faudrait en etftt, pour que œ bd

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