‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 19 sur 43 · I.\ MORALE DANS L'ATELIER · texte numérisé non relu

I.\ MORALE DANS L'ATELIER

pût être atteint, qu'il fût possible a la femme de rester à la maison pour vaquer aux soins du ménage el s'o< cuper des enfants, ou que, si elle es! forcée de travailler afin d'ajouter quelque chose au mince salaire «I»' son mari, elle n<i se livrai (|ua des travaux qu'elle put faire chez «'lie, comme l«'s iravaux d'aiguille, etc.

Un «toi mu liste célèbre, a la suite d'une enquête où il avait vu il.- près la situation des ménages d'ouvriers, proposait d'interdire aux femmes l'entrée des manufactures voy. Iules Simon, [Ouvrière, p. 305). Mais recourirà un tri moyen Berail attenter a la liberté individuelle, el enlever aux ménages d'ouvriers nu aux femmes seules des ressources souvenl indispensables. C'est par <l autres iih>v<mi>. par des moyens libres, que ce n sultat pourra ôtre obtenu. Ces moyens sont de deux sortes : il m est il»' nature économique, et il en est de nature moral . et les uns el K-s autres doivent se soutenir réciproquement. ; a la vérité la Un économique de la libre concurrence «•! pai suite de la production au meilleur marché possible «pu

tttiré les femmes dans les manufactures ; mais n'est-il pas possible de contrebalancer les effets de cette l<>i par d moyei ilement conformes aux principes é ouomiqui mais plus <'u harmonie avec le rôle <l»' la femme? Et le plus important de ces moyens, les ouvriers ne pourraient-ils pas le trouver dans ces sociétés coopératives dont je viens de parler, 'mi les constituant de tell»1 sorte que leurs femmes fussent dispei l'aller travailler au dehors, ou môme affranchi s d»- t«»ut labeur autre que celui de la maison? Mais, toutes poursuivant l'application de ce moyen el en général de tous

ux que peut fournir l'ordre économique, il faut travailler par

les moyens i aux h faire pénétrer dans toutes les classes

de !i *o< i« !■■ cette idée, que la t raie pla( e de la femme* de toute femme, de la femme de l'ouvrier plus encore ijue de toute autre, est er domestiqu 3 os doute. < ette idi • ■

ne pourra iliser qu'à la faveur d'un meilleur système

. [NO! Il \ll LEÇON.

raomique; mais il n'est pas douteux non plus que, si elle t une fois bien enracinée dans . ils, elle ne contri-

buai elle-même puissamment àlacréationdi stème.

i m attendant, — et i st du devoir le plus strict, — il tant que les patrons veillent a ce que, dans leurs fabritj lois de la décent tureusenienl obî >, i

i e que les fabriques ne deviennent pas pour les ouvrières des

des de dépravation.

Quant aux enfants, on a imaginé divers moyens pour ren dier au mal que leur fait la vie manufacturière Ona institué des ' rèt hes, où les •niants en bas ftg çoivent les soins que leurs mères ae peuvent leurdonner. En présence du mat existant i est quelque chose; mais il vaudrait encore mieux travailler a extirper le mal lui-même. D'un autre côté, la loi, an moins dans certains pays, cherche ï\ protéger les enfants en ne permettant de les employer dans les manufactures qu'à un certain pendant un certain nombre d'heu il«i-

ment, et à la condition qu'ils fréquentent en même temps une école. Tout cela peut être bon, mais sera parfaitement insuffisant si les manufacturiers ne sont que d< et si les parents eux-mêmes ne comprennent pas leurs dei envers leurs enfants : les mis et les autres éluderont la l"i autant que possible, comme il arrive aujourd'hui. Il faut donc que les idées et les mœurs viennent ici en aide à la loi, \ d, certains fabricants ont donné un exemple qui dei

\ i.nt être suivi, en instituant eux-mêmes des écoles ii I u> «1rs enfants qu'ils emploient, ou même nV leurs ouvi adultes.

.1 h insisté sur In né< essité «I»' travailler a reh ouvriers la vie de famille k laquelle la vie de fabrique p de -' profondes atteintes, et i ai indiqué les princi|>aux moy< m .1 emp n Mit- de ce but \ ion tour, la vie il»' Famille,

et prise .m sérieux, i ontribuera a développer dans l'ouvriei les qualités dont il a surtout besoin :

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D'abon] V amour du travail.

Celui qui ne travaille pas seulement pour lui-même, mais pour une compagne el des enfants, ou pour venir en aide à de vieux parents, celui-là travaille avec plus d'ardeur et de profit. Ia paresse \>eu\ entrer dans le logis d'un célibataire; elle n'entrera jamais dans celui d'un bon père et d'un bon mari. »»u d'un bon fils.

le dirai la même chose de {'ivrognerie et de la prodigalité. . si funestes à l'ouvrier, l'amour de la famille es! Burtoul propre a les chasser pour mettre à leur place la tempérance et ^économie. Ces! un puissant stimulant à la sobriété et a l'épargne que le souci d'un avenir qui n'est pas seulement le sien propre, mais celui de sa femme et de ses enfants.

Ainsi l'ouvrier se sentira plus encouragé a faire ce qu'il doit faire en tout cas, c'est-à-dire à épargner quelque chose sur son salaire, si mince qu'il soit, afin de pouvoir, soit au moyen des caisses (F épargne, soit à l'aide des hh étés de secours mutuels <»n dr toute autre institution deprévoyan - il enfin par l'action des sociétés coopératives, se mettre a l'abri et en même temps préserver sa famille des funestes effets du chômage de la maladie et de la sicilien,., ces trois fléaux du travailleur.

le voudrais que le temps m»' permit de vmis montrer en détail tout ce que les ouvriers peuvent faire pour assurer euxmêmes leur avenir <■! celui de leur femme et de leurs enfants, an moyen de l'épargne et de l'association, <it. à défaut «lu système coopératif, les services que de leur côté leurs patrons peuvent leur rendre à ce! égard, s'ils sonl vraiment humains et réellement démocrates. Je ne puis ici qu'indiquer toutes choses; mais je voudrais au moins en bien faire ressortir l'importance et la port

On s'est beaucoup préoccupé, dans notre siècle, du sort des ouvriers, • •! l'on a cherché les moyens de les affranchir

M NQI II Ml LEÇON,

de ce que l'on a nommé, souvent nv< ation, ra

imiiiiih lisais i<>iit ii r heure, n raison, la

/A/ capital, et de les arracher à oel étal subordonné et prére qu'on appelle le ariat,

M ireusemeoti on s'est heurté contre un écueQ redoutable, je veui dire contn qui, en chargeant l'Etat d'organiser !♦• ti a\ ail afin «l'asMini chacun les irces ; s, étoufferait dans les individus toute activité et toute prévoyant e, et par suite pousserait iciété tout entière a n ruine, en même temps «juVllr la condamnerait au despotisme l«' plus absolu <•! !«• plus intolérabl

lution «lu problème n'est pas de faire que tesouvrii travaillent jxn omptedi ÏEtat^ mais qu'ils puissent arriver ni a travailler pour leur propre compte^ individuellement o i collectivement, et, en tout i prémunir trois fléaui que j'ai noi mes tout k l'heure '• n chôma die et la vieilles» .

•la que faut il ! Deux chi s I 7c, qui est la pn mdition de toute œuvre pi uspèro

rt de rimlixii qui, centuplant les rorces individuelles, leur rend possibl qu'e poui - par elles seules et enfante des mi-

rades, L'esprit d'à lion enté sur l'énergie individuelle, voilà, eu mots, pi incipe qui doit sei vil ici dt

I donc, en vertu de leur lil initiati t pour s'aasu ira en le malheur

aOu d< s de Iravaillei individuellement p

'il |M»iir

. i and p laii i p lursuil «n Ulemagne, en U eu lu

Suisse, en France même) malgré les entraves de la législation lante. Que ce progrés se propage, qu'il pénètre de plusen plus dans les classes ouvrières, qu'il y gagne jusqu'aux couches les plus profondes; alors ce que l'on nomme U \ problème 1 . ce problème qui a égaré tant de généreux esprits et causé tant de tulles terreurs, sera enfin résolu, et lit démocratie n'aura plus à craindre les entreprises du despotisme : elle pourra élever sûrement son édifice sur la base de la liberté politique.

Mais pour tpiece progrès lui-même, qui n'est pas seulement un progrès politique, ni un progrès économique, mais un progrès moral, — et, a vrai dire (j'ajoute ceci a l'adresse des politiques ou des économistes à courte vue), il n'y a pas

i rai el solide progrès politique, ni de vrai »it solide progrès économique sans un progrès moral correspondant, — pour que, dis-je, ce progrès puisse se réaliser, el avec lui tous ceux qqe j'ai réclamés dans cette leçon, une autre condition en< ors pat nécessaire, une condition fondamentale : la diffusion de l'instruction populaire* 11 ne suffit pas d'introduire l'air extérieur et la lumière «lu soleil dans l'habitation de l'ouvrier; il j tant Faire pénétrer aussi l'air et la lumière de la science par le moyen de l'instruction donnée aux enfants des deux sexes, et continuée aux adultes. .V cet égard certains pays, pénétrésdu véritable esprit démocratique, offrent le plus noble exemple. Tout récemment, dans une des plus grandes villes de la Belgique, dan^ une de ces villes «pu. malgré la forme monarchique du gouvernement cenl 'lit de véritables républiques, a Gand, j'ai vu défiler en bon ordre, proprement vêtus, la joie au front, plusieurs milliers d'enfants des écoles du peuple. < ette pn m scolaire s,> Faisait en présence du congrès d( oces sociales réuni dans cette ville I : il \ avait là des hommes éminents venus de divers pays, particu-

\mI II Ml ||. ON.

lièremenl de France : les larmes, je puis le dire, étaient di

< îenève, le jour de la fête des pronu . i ifglorieux et touchant spectacle. En consacrant un quarl de son budget à l'instruction de ses enfants, la ré publique ne croil pas trop faire, el elle a raison : on ne fera jamais trop pour l'instruction do peupl lie persiste dans

cette voie, qu'elle l'élargisse même encore, i : qi exem-

ple soit suivi par tous les peuples qui aspirent h fonder une libre démocratie. Que partout, k côté <l«i la demeure de 1 1 vrier, s'élèvent, soil aux frais de la commune, soit ix de i État, soit a ceui des particuliers peu importe, pourvu que l.t < h oies populaires, des salles de ••"in s

ou «I»' lectures publiques, et, .1 côti de 1 salles, des bibliothèques populaires, où l'enfant, et non seulement l'enfant, mais l'ouvrier lui-même, acquière ou dév< veloppe les connaissances nécessaires à l'homme, en première ligne celle de ses devoirs et d< droits, celle, par cona quent . des lois morales qui doivent régler tous les rapports so< iaux, et celle aussi des lois économiques de la sociéti I dehors de là, qu'attendre des ouvriers, sinon une indifFérew stupide, "ii la violence et la révolte 1 Parla, au contraire, ils

•ut le désir et le moyen il»- travailler eux-mêra< sans désordre, à leur propre amélioration. Que le mot de I . mourant : ■ Plus de lumii e plus de lu-

mière! • devienne celui de la société moderne, si elle ^ « • 1 1 1 vivre de la vie de la liberté. Oui, plus il»* lumière, toujou plus de lumière! voilà ce qui ouvrira une ère nouvelh I humanifc I temps on l'a lais oupirdans I i

rance et dans les préjuj; noran< e, dissipons

les |»i . lous 1rs préjugés, li — je ne

dis pa prit religieux qui relève la nature humaine et la > 1 1 1 1 * - 1 1 1 . je dis li»s préjugés H • i|iii l'oppriment et la déchirent, et qui, aprt produit tant dv 1 utions de '->ici !.. aujourd'hui un si grand obsta< le au

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