‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 20 sur 43 · LA HÔRALE DANS [.ATELIER · texte numérisé non relu

LA HÔRALE DANS [.ATELIER

progrès dans presque toute l'Europe. — les préjugés politiques, ([ni entravenl le librç essor «les individus et des peuples, les préjugés économiques, qui les égarenl en des voies funestes; dissipons tous ces préjugés, nous rendrons l'homme à luimême et nous assurerons l'avenir de la démocratie.

SIXIÈME LEÇOH

Mi sdames, Messieurs,

\ la question que j'ai traitée dans la dernière leçon sous Ire : L morale dans tatetiery j'ai cru devoir ajouter dans ni"ii programme, comme objet d'une leçon ^p',< iale, cette nouvelle question : Ta morale devant I" misi I ette question est étroitement liée h la premièi malheureu-

sement la misère n'est <|ii»' trop voisine >!«• l'atelier ; a la voulant vous entn r de la morale dans l'atelier, ai-je été induit a vous parler <l»' la misère. M s n'en ai parlé •mi quelque sorte <jn incidemment ; il faut reprendre aujourd'hui ce sujet pour le traiter à part comme il convient, en mettant la morale en face de la misère et en lui demandant ses enseignements sur < <• point.

li société moderne, même dans les pays les plus civilis et < 1 1 1 i se montrent le plus justement Ders de leurs p comme la France, l tagleterre, I Allemagne, I Italie, la r>«ilgique, la Suisse, présente un affligeant contraste : tandis qu'un certain nombre d'individus vivent dans l'abondai

• •ut de superflu, nagent dans 1rs delin - vives

expressions n'ont rien d\ un plus grand n bre

ii ont | '"• !•• nrrt'ssjiiiv. snit ijue le travail leur manque,

soit que le salaire qu'ils retirent de leur labeur soit insuffisant pour les noun . ou pour subvenir aux liesoins de leur famille, soit que le malheur la maladie, les infirmités de la

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vieillesse les ait frappés, soit enfin que le vice (la paresse. l'ivrognerie, etc.] ou seulement l'imprévoyance ait été l'instrument «le leur misère.

Le mal que j'indique n'est pas nouveau. A vrai dire, il y a eu dans tous les temps, en plus ou moins grand nombre. riche* et des pauvres, je veux dire, carie mot pauvre est relatif, des indigents.

Les préceptes que l'on trouve dans ht Bible à l'égard des pauvres, nmime celui qui prescrivait aux Juifs de ne point cultiver leur terre, leurs vignes ou leurs plants d'olivier la septième année, afin que ceux qui sont pauvres trouvent de quoi manger Exode, 23, 11 . ou celui de ne pas ramasser les épis restés dans le champ, mais de les laisser pour les pauvres /. 3 >. '2'2 , I.' Psaume <l< David 'i0 qui proclame

« heureux celui qui a l'intelligence sur le pauvre et l'indiru « *iit ■> . et tant de maximes relatives a l'aumône que renferment le livre de Tobie, YEcch que, etc. ; enfin l'insistance avec laquelle les Evangiles, \es Actes des Apôtre* et les Epîtres prè( lient l'aumône, tout cela atteste combien était grandi chezlesjuife 'pour ne pas remonter plus haut), le mal de la misère.

Elle existait aussi dans l'antiquité grecque et romaine. Le p çnomique Pbocylide, qui vivait vers la lin du VI siècle avant Jésus-Christ, insiste .i plusieurs repi sur le devoir de secourir les pauvres, et témoigne par là de l'existence du mal a cette époque : v rebute point le pau- . dit-il (vi . - « Donne. dit-il encore wr. donne a l'ini malheureux : ne lui dis pas de revenir le lendemain, iens-toi que i pleines mains qu il |aui donner à

l'indigent.

dans l,i so que ei dans la société romaine, au

it les beaux jours d République, le flénu de

l mdi-encr rrsta toujours renfermé dans un cercle ,hsiv étroit,

ce qui explique pourquoi la morale antique est m sobre de

SIXll Ml I ! < <'N.

ceptes a l'endroit des pauvres. ( esl que l'esclavage, et avec l'esclavage, le patronat, cheilesRoii arrètaienl le développement de ce fléau. L'esclave était assuré < mbsistance : le maître dont il était la propriété, et qui était par la intéressé a le conserver, pourvoyait à ses soins et le sauvai! au moins <!<' la misère. D'un autre cftfa iffranchis ou les hommes libres, «mi devenant les clients de quelque riche patron, trouvaient dans oe patronage un abri contre l'indigence. Ainsi ce fléau était refoulé par la constitution même de la société antique.

\u moyen âge, le servage produisit, chei ceux auxquels il s'appliqua, c'est a-dire cbei les travailleurs agricoles, le même effet que l'esclavage qu'il avait remplacé. Le serf, attaché a la glèbe, était au moins nourri par la glèbe. D'un autrecA|é, les corporations de métiers et les confréries politiques ou religieuses assuraient, sinon I»' bien-être, au moins (1rs moyens «I existence h < eux qui en faisaient partir ; < euxla n'avaient pas a < raindrc la misère. Mais aussi a cette époque, d'une pai t. la barbi nérale de la s< confiscation de la propriété territoriale par un petit nombre «I»*

[leurs, guerres continuelles, enfance de l'industrie «-t. d'autre part, l encouragement donné à la mendicité par l'abus de l'aumône et i'ai la glorification même de cet état je reviendrai sur oe point . développent l'indigence sur un»4 vaste échelle, lies pauvres pullulaient en France et ailleurs dans ces tempp

Comme s'il n'j avait pas assez de pauvres en Fran< e, «lit

pauvre du x\ siècle que fait parler Honteil dans son // / fri/.i t . il. p. 10 . il niais en est

venu de la G • ■ e, qui, p [u'ils parlent aussi peu

de peine que les pauvres d< I Départent fran< sis, sont n dans les meilleui tisons • I * aux meilleures lai I ne sais trop si ei même ils ne quêtent pas et i valoir les anciennes indulgi par les pap<

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ceux qui donneraient de l'argent pour secourir leur ville prise depuis près de cinquante ans; ce serait d'ailleurs bien digne de mendiants grecs. Il nous est venu encore, les mis disent d'Egypte, les autres de Bohême, de grandes troupes de mendiants appelés bohémiens, qui, malgré leur nom, se rencontrent plus souvent en Champagne ou en Gascogne que dans leur prétendu pays. »

Au wii siècle, sous le règne du Grand Roi. si l'on perce celte brillante surface que présentent la cour et la noblesse, on trouve deux millions de pauvres, sur lesquels il y avait au moins cinq cent mille mendiants. D'après le témoignage de Yauban Préface au projet dune dbne royale , sur dix Français, il j eu avait un qui manquait positivement de pain, cinq qui n'en avaient pas suffisamment, et trois dont la position était fort gênée.

donc pas un mal nouveau que le règne de la misère dan-, une portion considérable delà société; mais il faul reconnaître que les causes mêmes qui semblaient devoir la chasser, la liberté du travail et le développement de l'industije, en engendrant une concurrence acharnée qui produit elle-même l'avilissement des salaires, et en substituant les machines a la main d'oeuvre et les grandes fabriques aux petits ateliers, ont donne à ce Beau un développement et un

actère toul nouveau qui l'ont fail désigner sous le nom nouveau aussi de paupérisme. Le paupérisme, c'est la misère Bévissant en masse parmi les travailleurs qu attire et qu emploie l'industrie, et devenant, en quelque sorte, l'étal endémique de l.i population ouvrière agglomérée dans les grands ( entres manufacturiei ,

Transportons-nous dans un de ces centres industriels, si

nombreux en Angleterre, en France, en Belgique, etc. En

lever tout hautes cheminées <l où s échappent

drs Unis de noire fumée, en entendant le bruit des machines

.1 vapeur et des métiers quelles mettent en mouvement, en

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