‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 26 sur 43 · LES CITOYEN · texte numérisé non relu

LES CITOYEN

toutes les vertus, refusait, au péril de sa vie. d'obéir aux ordres iniques du tyran Critias, prétendant lui interdire tout entretien avec les jeunes gens, oului prescrivant d'aller saisir a Salamine un riche citoyen dont il voulait confisquer les biens et trancher la vie; et ce même Socrate ne résistait pas avec moins de courage au peuple qui demandait, contrairement a la justice et a la loi, la mort des généraux vainqueurs aux Arginuses (1). Quand on parle de ce dernier genre de courage civique, un nom se proente à la mémoire, celui de Boissy d'Anglas, immortalisé par l'héroïsme qu'il montra. comme président de la Convention nationale, le l ' prairial an III (20 mai 1795 . Assailli par les clameurs de la foule qui a envahi l'assemblée, menacé, couché en joue, il reste impassible; 't, sans paraître même s'apercevoir du danger qu'il court, il rappelle la foule au respect de la représentation national»' On lui criait : « Nous n'avons pas besoin «le ton imblée, 1»' peuple est ici, tu es le président du peuple.

signe et le d< -Ta hou; signe, ou je te lue: d lui, tranquille, répondait : « Pour moi. la vie est peu de chose, mars prenez garde : vous parlez de commettre un grand crime, je miis représentant dupeuple,je suis président de la Convention; ■ el il refusait de signer. La tète d'un représentant du peuplequi vient d'être massacré par la populace pour avoir voulu résistera l'< avahissement de lu Convention, lui est présentée au bout d'une pique : il la salue «m demeure fermée son poste (2 . Voilà un grand exemple de courage civique. Malheureusement, Boiss] d Aii-i.is ne Mit pas opposer au césarisme, qui vint bientôt confisquer toutes les libertés conquises par la Révolution , cette fermeté stoïquo qu'il avait montrée m (ace d'une foule en délire : il se la inateur et

comte de l'Empire. I! est juste d'ajouter qu'il conserva jusqu'à m mort les principes libéraux dont d avait nourri «it fortifii

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joui mais ces principes mêmes auraient «In loi faire

çnitéa impériales. Héroïque devant la tyrannie de la foule, il se montra faible devant celle de Napoléon. I fut, M est \ rai , une faiblesse trop commune parmi bcs oonct- - on voudrait au moins ne pas la retrouver chei un Boiss] d \

I )w a quelquefois comparé le coui militaire. Il s'en faut que le preo il louji ii hauteur du second. Combien n'a-t-mi pas vu d'officiers, intrépides délia mort sur les champs de bataille, lâchement sous le joug «lu despotisme, et du rang de b< etomh celui de plats courtisans! D'où vient ce conti ( est que civique suppose à la fois une élévation d'esprit el une fermeté de caractère que ne suppose pas n< emenl militaire. Aussi est-il plus raie. Il < Bl aussi plus précieux. Le courage militaire peut faire un peuple conquérant : le coin ivique fait 1rs | >• mi | »lt •> |j|n %, | 'est, 1

Sieurs, (T t|W' li'S annales de VOtre histoire vous t !

lemples éclatants, tussi les noms «1rs

B thelier, d( i ier, dei B inivard, des B sont-ils justement honorés parmi \"iiv 1 ebra*

vèrent les tortures <'t 1rs derniers supplices pour i hir

leui pays du joug <i«' la tyrannie; et, grands mépriseurs de mort, suivant I vjiivssion i|u< M livard appli-

quait ' Berthelier, ils n'hésitèrent pas a cnnrniri s.-s idirrio <!«' leur sang.

l i m âge civiqui pas toujours aussi diflicil

• dans «1rs conditions beaucoup plus ais«vs, il • •si trop peu commun. (Combien mimune, au contra

■ lâcheté qui laii que l'on s'incline ni le des|>otisme, noo-seulemcnt in- résistif, mais sans mol dire, ou même •mi I ni son joug, que I d'un œil indiffèrent à

t. mi- les attentats du pouvi tre la vie, la liberté, les biens de i 'is. et que, loin de sympaili^-i as<

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Urnes, on leur jette la pierre. Cette lâcheté peut naître en rai d'une certaine faiblesse d'esprit et de caractère qui donne toujours raison à la force plaît a céder au tor-

rent; mais elle a aussi plus particulièrement sa cause dans cet appétit de<> jouissances matérielles et du luxe que j'ai déjà plusieurs fois signalé comme un des fléaux de notre époque. Comment celui qui est l'esclave de ses plaisirs et de son faste

serait-il pas celui de César? Le soin du bien-être p alors ii' renient avant celui de la liberté publique, et Ton

»pie, par ce coupable égoïsme, on s'exp voir soi-même dépouillé de t<>u>le> avantages que Ion a cm Mirer par là.

Ce n'est donc pas tout a lait sans raison que ion a présenté la modération dans la simplicité dans joûts

comme une partie de la vertu républicain! i dire qu'il

faille en revenir aux lois souiptuaires de Lycurgue ou de Calvin? Non. L'espril moderne répons lois

comme attentatoires a la liberté de l'individu et comme cou- Iran périté de la soci( ais il Tant aussi «pi»' les ens sachent réprim ux-mê i - jouissances matérielles et du luxe qui tend • nvahir et offre au despotisme des prises si faciles.

< lutre la vertu qui tient à la liberté, il en est une autre non moins essentielle au vrai citoyen de la déinocral st celle

qui regarde VégaliU est 1»' 1ère ^' la dém< i

que tous les membres de ►ciation, a moins d'une

////v. et par conséqi y jouissent des mên fils et politiques. En établis-

sant cette égalité, la démocratie ne réalise pas seulei qu'exige le titre de citoyen, bomme : mm--

lement, en effet, l'égalité civique, mai égalité humaine

là où certaines classes ou certains individus nt de droits civils el pol dont les auti

- membre privih lent

lao sj cm mi i.i « on

aime des inférieurs, des mineurs subordoniftis cela n<' suffit pas encord. 11 faut aussi que 1«' i de cette • galité entre l< qui lui-même se fonde sur

celui de la dignité humaine, pénètre dans il faut

<|u il Casse «m quelque sorte partie de la moelle <lu dém M ureusenient, il n'est pas rare de voii des hommes qui

o menl pour démo • dans la pratique

vrais ai , traiter avec un orgueil d< leux <*i insul-

tiiut < eux de leu [ui sont déshérités de la i

tune, et rétal par leurs fai ons i . la dis que

• constitution politique a voulu combl I ai vu de démo nt la manièi rands

ira au point de se faire remettre leurs lettres su d'argent par des domestiques en livn o inconséquence humaine ! Celui qui esl attaché de cœur aux s démocratiques ne tombera pas dans cette contradiction : il montrera par toute sa < onduite qu'il a le : de la di-

gnité de l'homm

lé le |'ir . aussi de

quelque bi sent

être, n'en sont pas moins contraires a l'esprit de la démolie, «'t qui aussi bien, justement \ tes des républiq ne fleurissent que dans le hies, pour lesquelles elles s.uit un instrument de i« i ei je trouve une • hoquante inconsi quence chez n< lei nés d< ites, Combien n'en voyons-nous er ave( avidit ter avec uni complaisance plus ou inoius visibli trieurs qu'on a si bien nommés les hochets de la vanité I le m'étonne pas de ren< ontrei i c travers dans les déi i raties que le despotisme a fa< onw is il es! jilu^ étrange de voir des « itoyens que leurs institutions républicaines «'ii devruienl pn • i dans les àéi o

lions êlrai e un dédommage ni à celli leur

manquent < hez eux.

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