LES CITOYENS
le n'ai pas encore parié du patriotisme, qui est bien pourtant aussi une vertu civique, et même, en tant qu'il signifie le dévouement à I" chose publique, une vertu plus haute que celle qui consisterait «laus un respect purement négatif du droit commun. Il est vrai que le patriotisme, pour être vraiment une vertu murale, a besoin d'être réglé par le sentiment <le la justice et celui de l'humanité : car il est volontiers étroit, jaloux, exclusif, injuste, barbare. Il est alors un vice plutôt qu'une vertu. Contre ce vice, qui était en quelque sorte inhérent ii la cité antique, et qui n'a malheureusement pas encore disparu de la société moderne, il faut rappeler cette parole attribuée àSocrate, lequel ne manquait pas pourtant de patriotisme : oJ< ne suispas seulement citoyen d'Athènes, mais du monde •; ou ces mots de Sénèque, qui expriment bien l'esr prit du stoïcisme groco-roinain : Nonsum unianguio natus, patria rnea foins hic mundus est; ou, pour passer de la philosophie ancienne k celle du wm siècle, ce pa du portrait de Montesquieu peint par lui-même, qui représentes! justement la hiérarchie de nos devons envers la famille, la patrie et l'humanité : « Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable a ma famille, je le rejetterais de mon esprit. Si je savais quelque chose qui lût utile à ma famille et qui ne le lût pas a ma patrie, je chercherais à l'oublier. Si
lavais quelque chose d'utile à ma patrie et qui lût préjudiciable a l'Europe et au genre humain, je le regarderais comme un crime. • Ainsi réglé, le patriotisme est une noble et salutaire vertu.
I Jette vertu exclut un \iee qui est encore une des plaies des
États, particulièrement des États démoi ratiques : l'amour des places données par le gouvernement. Là où domine cette manie, mi peut affirmer que l'esprit public est très faiblo. Tirer de l'Étal le plus possible el lui donner le moins possible, i i a h a s la pratique générale ; c'est le contraire de la vertu
nuque, qui Consiste a donner le plus « i , le moins.
SEPTIÈM1 I!
UestdaiislesÉtats démocratiques un autre fléau, qui est d'aut.nit plusdangereux qu'il affecte l'apparent e de l'esprit public, je veui parler de l\ tpritde parti. Il peul être bon qu'il y ail au sein des démocratiesde grands partis, — je ne dirai pas un p aristocratique el un parti démocratique» puisque, au sens propre .if c.s mots, cette distinction n'a plus «le raison d'être dans l'État démocratique, — mais un peu fi ttacbé aui
anciens us \ eles modifiant pas volontiers, ayant pour de*
que le mieui est l'ennemi «lu bien, et un | ennemi de la routine, ami des réfornu reliant toujoun
le mieux; le second poussant en avant le premier, qui lui n'avancerait pas-, le premier tempérant et modérant 1»'
•ml. qui sans lui irait trop vite; t"ii^ deux concourant ainsi, chacun à sa manière, au bien publii M - si les partis, au lieu il»' concourir ensemble au bien général, sacrifient l'intérêt public à leurs intérêts particuliers ou à leur baine
proqu< chacun d'eux ne reconnaît de patriotisme, (1 honnêteté, de mérite que chei les Biens, »'t si, dans chacun, l'esprit de parti tient lieu de toute vertu, a n'est plus un
bien, mais un fléau que leui stence. On peut admettra
des partis dans 1 État, mais il faut repousser l'esprit de parti, « 1 1 . i est le contraire de l'esprit public. Celui y ndre I union •'i la concorde; celui-là n'enfante <ju»' la h, une et la disi !.i discorde, nous retombons toujours sui la même conclusion, la discorde appelle le despotisme
L'esprit public, de même <|u«' tout vertus que je
viens de passer en revue, renferme dans <!•• justes Un Yam politique, qui» dans ces limites, est sans doute li lime et salutaire, mais qui, m ilrhnrs «l»- ivs Imrnrs, lâchant la bride au débordement d'une personnalité qui pretem
les aul ' un fléau redoutable, surtout dans lei
de ralii's, mu | aco\s du |K)uvoir est ouvi
moyens d'en abuseï s'offrent d'eux niêm< imbitieux. Il j «i sans doute, comme je viens de le dire, une ambit