‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 31 sur 43 · LES FEMMES DANS L'ETAT · texte numérisé non relu

LES FEMMES DANS L'ETAT

taille. I m ilote arrive; elle lui en demande en tremblant : Vos cinq Sis ont été tués. — Nil esclave, t'ai-je demandé cela? — Nous avons gagné la bataille! La mère court au temple el rend «aux dieux.Voilà la citoyenne.» Oui, la citoyenne de Sparte, c'est-à-dire d'un État artificiellement organisé en vue de l'oppression et de la guerre, non la citoyenne de la démocratie moderne. Celle-ci pourra bien rendre grâces à Dieu du la victoire de son pays; elle ne craindra pas de pleurer la mort de ses entants.

Cette 90rte d'exagération du patriotisme n'est plus à craindre aujourd'hui : si Rousseau a tort de la prendre pour la mesure du civisme de la femme, il a raison de due qu'elle n est plus de notre temps. Mais il en est un.' autre qui n i si encore que trop commune die/, les femmes, comme «liez les hommes : je veux parlerde ce patriotisme exclusif et barbare qui se lait comme un devoir de détester les peuples étrangers, • pu prend plaisir a les dénigrer et ii les railler, et (pu, chose horrible a duc mais trop fréquente, ne peut se satisfaire qu au prix de leur sang< Ce genre de patriotisme, odieux chez les hommes, pour quiconque a des sentiments généreux el

élevés, 1 est encore plus ehe/ les femmes, de qui Ton n'attend

que bonté, douceur, humanité. Loin de le partager, elles doivent s'appliquer a l'épurer chez les hommes. Qu elles rappellent a leurs époux, a leurs frères et .i leurs fils, quand ils I oublient et ils ne sont que trop enclins a l'oublier] . que le patriotisme '->t un vice et u<>n un.- vertu, quand il étouffe en uous, ii i égard des autres hommes, le sentiment de la justice •i i elui de l'humanité.

Les aigreurs el les violences de l'esprit de parti sont aussi s odieuses chez elles que chez nous. Quoi de plus révoltant que de voir la bouche d une feumie déchirer a belles dents ceux qui n appartiennent pas au pai li auquel elle est attachée, et souffler entre les hommes la haine et la discorde? Leur oe doit-il pas être, au contrairi i [isolatrices? Qu'elles

m un mi leçon

g'appliquenl h fermer les plaiesdu i J, au lieu de les

envenimer, «-ta rapprocher les citoyens, au lieu de les divib fi action qui leur convient dans la société. C est dans cet espi il qu'elles doivent cultivci \)u\r du pati io-

tisme, 1 1 qu'elles \ ourront a leur tour revendiquer j ent le titre de citoyennes, l< ut en laissant aux hommes l'cx< des droits politique

Si je rais bon man h< p ur les Femmes des droits politiqui il n'en est pas de même des droits civils. Ici j»' trouve que nous sommes très-injust< >lles, ei efusant de les

placer sur le pied de l'égaliti eten les traitant en mineures, ime fait le G de civil français, qui est sans doute en partie l'œuvre de la Révolution, c'est-à-dire de la philosophie du wiii siècle, mais qui, soit que I» s idées ne fussent pas en< ore asseï avancées sur ce point, soit pai l'effet de l'influence «lu Premier-Consul, lequel avait les femmes en fort médkx re estime il ne les jugeait bonnes qu'à faire des enfanta . consaci e bien des injustices a leui ( i\ il

que l'on regardecomme un chef-d'œuvre i et qu'une

partie des peuples de l'Europe ont empi unté a ! Code civil n'est pas juste à I égard des femmes; et dire qu'une loi n'est pas justi d des femi dire qu'elle n'est

vraiment morale, car l'injustice est toujours une .immolé. Mais c m me mes critiques et mes réclamations pourraient être taxées pai quelques personnes luti< nna je veux me placer ici derrière l'autorité d'un membre de 1 \< adémie française, l'auteur de !'// M. I ivé. le n< ferai guère, dans ce que je vais ajouter, que lui servir d'écho i .

S i, le I ode civil n'est pas juste lorsque, par son fameux .11 licle 213 il mi] i •• ,i la femme I sou mai i.

i onime si elle n était pas une personne au même litre que

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