‹ La morale dans la démocratie (volume 2)Chapitre 9 sur 43 · LA MORALE DAN- L IMHYIIH · texte numérisé non relu

LA MORALE DAN- L IMHYIIH

en lui l'humanité, sera-t-il bien apte à remplir ses devoirs sociaux et à pratiquer les vertus civiques? Voyez ce gastronome : a la manière dont il caresse de l'œil et -avoine cette volaille truffée et cette poudreuse bouteille, pensez-vous qu'il puisse être un bien ferme citoyen, un vaillant défenseur des libertés publiques, un irréconciliable ennemi de César? Non, César en aura bon marché, quand il aura passé le Rubicon, peut-être même avant qu'il l'ait passé.

Mais c'est surtout l'ivrognerie qui est la grande plaie de nos sociétés, parce qu'ici les moyens de jouissance sont à la portée de tout le monde et que ce vice a un attrait particulier pour hs classes les moins heureuses, c'est-à-dire les plus nombreuses. L'homme à qui la vie est dure cherche volontiers dans la boisson l'oubli de ses peines; mais il y puise aussi l'abrutissement : il néglige pour le cabaret sa femme, ses enfants, ses vieux parents, <-i mauvais mari, mauvais père, mauvais fil>. comment ne serait-il pas aussi un mauvais citoyen î 11 ne sut même pas ce que ce titre exige de lui. Je connais une ville de grandeur moyenne où d se consomme quatre-vingl mille petits verres d'eau-de-vie par jour: dans une autre, plus importante, mais qui ne dépasse pas cent mille âmes, d s'est débité, dans l'espace d'une année, cinq millions de litres d'eau-de-vie, outre le cidre, le vin et la bière i L). Croyez-vous que àr si dovavtiolisrs habitudes ne soient pas un grand obstacle ii I établissement dos institutions démocratiques dans 1rs pays qui «mi s,, nt destitués? Ne sont-elles pas aussi, dans les paysoù ces institutions sont enra< inées, un grand obstacle a leur jeu régulier et a leur libre développement ? Vous connaissez mieux que moi . messieurs, les maux que cause ce vice dans vos petites républiques. le \"is, d'un autre côté, combien <■ démocrate Channing s'inquiétait des ravages que i e même vice faisait aux États-1 nis. Il va jusqu'à demander

que le gouvernement inti la ven spiri-

tueux s (1). ( aller trop loin et entrer dai 6 voie

»! m. que i ai déj ée ; De qu'il tant. e » in* 1 1

immande el pratique si bien lui-m< dire ini

quer dans les s par tous les m< Liment de la

lité humaine, le respe< i de soi-môi oirs qui

en dérivent.

viens d'indiquer l'iuipo de la sobriété dans la

démocratii de la chasteté m • moins ide.

Certains phili s» du dernier siècle, comme H & el

Diderot, onl traité bien ' e que I

• la i "Ht une I luà

laqui : iliait leadevi e famille el de lé témoin

meut de F . . qu'il regard)

maîtres janséuisb . comi e plus

Ji lions du christianis . ils ont, leur aveugle réacti< i

livré la I oui pas vu qu'ils ienl

ainsi, en < royanl les aflraw hir, l'homme el enlevaient particulièremeul

qu'ils iia\ ut pai miuei i famille,

qu1 n. m.

dans le m<

i ■ vie privée

ouvellt Sans i etti n . non-seuleme oiul

lignite et de bonheur pour l'individu, particulièrement pour la femme ; mais la famille et par suite la société ellemême sont menacées. Aussi la chasteté a-t-elle été en honneur pans les républiques anciennes, à Athènes et h Rome, tant gu'ellesoni été florissantes, et le déclin de cette vertu a-t-il marqué celui de ces républiques. <>u ne se demande pas sans effroi ce que, dans nos sociétés démocratiques, peut devenir, en L'ab& «tte vertu, le sort des Femmes du peuple, et, par

une conséquence nécessaire sociétés elles-mêmes. (I y a là un abtmede réflexions que je ne saurais épuiser, niais qu représentera quand j'aurai à parler de la famille. 11 n-

iore ici «pie du n de soi-même.

Cerei soi-même repousse encore un vice ux,

[avarice, qui d'un moyen utile, l'argent et la fortune, l'ait un but suprême ; et il commande le désintéressement, ce qui ne veut pas dire le renoncement absolu aux biens extérieurs, mais un certain détachement sans lequel l'homme perd sa dignité et son indépendance morale. Le désintéressement dont

>arle n'exclut pas Yéconam >eut être -même

une vertu, eu tant quelle a pour but d'assurer dai enir

moyens d'existence et notre indépendance i par

mite notre indépendance morale; ' cette \ une

grande importance dans la d< i itie. Ceuxd'entn

nce 'lu bonhomme Richard^ ce livrequi déviait être le bréviaire de tous les vrais démocrates, savent quel prix Franklin attache h cette vertu; mais l'éc ie n'est pas L'avant ille~ci est un vice dans l'individu el un fl pour la société, particulièrement pour la société tique, où la circulation de la richesse est surtout re.

Il est encore un genre de désintéressemenl «pie commai

même : c esl !•• di daii v té-

rieures, des honneurs qui n'ont de prix i >ur la vanité, oude< •• que l'on nomme l( l rame qui atta<

t\r ! n n p. ii i,u i< e .1 ces choses est comme un grand enfant ; et,

MÈMJ

» oDimc un enfant, il ne se laisse i jn» • trop mener par i es hochets. \ h 9ont-ils im des grands instruments du despotisme. C'est ce que comprit fort bien l'auteur du 18 brumaire lorsqu'il établit son institution de la Légion rTho . en dépit de la résistance que lui opposèrent l'opinion et ce qui restait encore d'esprit républicain dans les corps officiels i . Ma - quand ces soi les de dislincti tient pas des

moyens de corruption entre les mains «lu despotisme, elles

mtraires a l'espi l'esprit démocratiq i l - républiques Feront donc toujours bien de repousser cette invention des monarchû

i .i.s les vei tus que je \ i< r «-n revue rentrent

daus cette vertu aie «in»' l( rot désignée sous

le nom de temp< Bl qu'ils résumaient dans cette for-

mule : abstiens-toi formule qu'il ne faut pas prendre dans un sens absolu, mais daus celui des limites marquées par la raison : mais il est encore un autre chœur de vertus qui ne dérive pas moins du respect de soi-même, et «pu n'a pas une moindre impôt tance pour la - et la démoci I ta peut

le faire rentrei dans tnciens appelaient le

la / . dont la formule «-tait :

sup) P lirons aussi les diverses applications de cette

vertu, en les considérant dans leurs rapports avec la dé- Lie.

i bomme est Fait pour travailler : il n'obtient rien « 1 1 1« * par le travail. La / est donc un vice. Le travail, au con-

traire, noblement supporté, est une vertu. le rattache cette vei tu -m < ou rage, | que le travail exi re un «-t1 ntre la peim et travail sont deux expressions qui vont

bien ensembh lis il Faut dire aussi que cet effort même est la source d'i n où le travailleur

trouve < ette \( rtu b un tout Bon pi ix dans

i \ MORALE DANS L'INDIVlM .

sociétés démocratiques, où chacun doit pourvoir luimême ;i - oins. L'antiquité, qui avait des esclaves sur lesquels elle se déchargeait du travail manuel, ne pouvait guère tenir le travail en honneur : c'était pour elle une œuvre

île. Plusieurs de ses sages tentèrent cependant de l'élever à l;i hauteur d'une vertu. Voici comment en parlait, avant s rate, le poète gnomique Phocylide : « Travaille, tu dois payer la vie par tes travaux. Le paresseux t'ait un vol à la société. N'as-tu pas appris de métier, vadonc bêcher la terre; donne-toi de la peine, tu ne manqueras pas de travaux. Sans le travail, rien n'est facile à l'homme; le travail ajoute ene a la verl Ces > : Travaille, tu dois payer ta vie

/////• tes travaux, et celles-ci : Le ti'avail ajoute encore à I" vertu, devraient servir de devise à m - - iét< $ démocratiques. Oui, le travail est un devoir el une vertu; oui, il honore l'homme, au lieu de le rabaisser; mais il faut pourtant qu'il ne l'absorbe pas au point de lui interdire absolument toute culture d'oprit. Cela n'importe pas moins à la démocratie. Le courage a encore d'autre isions de s'exercer: contre (ouffrance physique, qui est la condition de notre nature ; contre la souffrance morale, à laquelle elle n'est pas moins condamnée; contre les disgrâces de tout genre, particule menl celles de la vie publique c'est peut-être là que le couest le plus difficile h pratique] . Dans tous i 5, il faut que l'homme se dise à lui-même homme. Tout le monde

connaît cette parole de Sénèque : Il n'y a pas de plus grand spectacle que celui d'un bomm eur aux pi avec

l'adversité tout le monde doit y applaudir; mais peutêtre 1'' stoïcisme, 'pu l'a inspirée, a-t-d trop exigé de l'homme. Il faut défend i le déc >ui agement, l'abattement, le

. h. .us il ne lai lui interdire absolument !<■>

et ell( sensibilil de son

cœu I Virgile : r< rt/wi, n p

profonde nie ni humain? Pourquoi voudrait-on que ces larmes

\n \ir 1 1 1 de sympathie don! parle le poète n'an ni jamais à nos

i mort wts hotm I e le

i «if la vî( - rot,

ins r,n, : du elle est u n honneur

il une loi, rappelle-to ien :

bommi ntarm aura

riei entrepi ises du despol

n'ai pas - >mman<

!•' d< i i( es qu'il pi

Il esl p me un

: la oie jurée.

D imme l K me sin i en-

' • [uiesti

imulati

-I un depsqu'( I

même philosophi

l'un Que dire de <

: ambil qui

qu'un mai 1 1 upule

quand il y trouve son avantage? Je ne sache point d'expression assez torte pour le flétrir. Quant au mal (pie de tels hommes peuvent causer à la démocratie, je n'ai pas besoin de vous en rappeler les exemples; vous les connaissez assez.

En général le respect de soi-même communique àl'homtne, je ne àisps&Yorgueil, qui est un vice, mais une légitime/ferté, qui n'exclut pas la modestie dont je vais dire un mot tout à l'heure), mais qui repousse la bassesse ou l'esprit de setirilité, et qui, en rendant les hommes capables de se tenir debout, place la démocratie au-dessus des atteintes du despotisme. Il y a un mot de Kant qu'il faudrait écrire sur le front de tous les courtisans: a Celui qui se fait ver peut-il se plaindre d'être écrasé? l) »

111. — Mon troisième point était celui-ci: Travailler au perfectionnement moral de soi-même. Vriller sans cesse sur soimême, i hercher à se bien rendre compte de tous ses mobiles, s'appliquer à les élever el à les purifier toujours davanta ne jamais croire que nous avons atteint la perfection, qui e perpétuellement pour nous un idéal, mais travailler toujout rendre meilleur, voilà noire devoir sous ce rapport.

• lace \& modestie, qu'il faut bien distinguer de la fausse

humilité. La première est une vertu inséparable de la conscience de notre infirmité morale, et qui est la condition même de tout progrès ultérieur : celui qui croirait avoir atteint la perfection se croirai! aussi dispensé de tout nouvel effort; i un vice «pu rabaisse l'homme et en fait un instrument au service d' un i ou d'un chef {perinde m cadaver), el «pu par la même raison est con l'esprit de

la démocratie.

Le soin de l'âme, bien entendu , n'exclut point d'ailleurs celui du ; il I appelle au contraire. : e n'est p raison

que Franklin a fait de la propreté une vertu, et tussi

. i». i o i . ■ nu h

tilt I .:'. t. I. | ■ ' I

h i>up de mi son que les au< ieus qui avaient un senli

menl si vif et si jusle de l'harmonie de l'âme el «lu corps, ont

Fail de la gymnastique, qui s'applique a rendre les corps

iplesel robustes, une partie essentielle de l'éducation (1).

1/ /v sana in corpore satio, telle était leur devise; cette devise

devrai! être aussi celle de nos sociétés démocratiques 3 .

Mais ne doublions pas non plus, le corps n'est que l'organe, l'instrument de l'an i st l'âme, je veux dire l'ensemble de Fa< ultés supérieures qui nous . |< vent au-dessus des animaux, lie de nous-mO uel qu'en aoit <1 ailleurs le pi iui ipe substantiel . qui doit ôtre !«• dernier objet de nos soins et de no efforts ;el ceci m'ai urne a la conclusion de . i I er, maintenir et développer toujours «I»1 plu^ en plus en soi-même la dignité de la nature humaine, voilà le mier point de la morale el voilà aussi le premier point de la démocratie, linsise Fondera le carat lèn , sans lequel l'hon

si plus que le jouel - passions et tourne a tous les

vents, el sans le i démocratie a son tour devient la proie

de lou? les vices qui dominent l'individu. Ainsi sera assuré le

ne de la liberté, de la liberté dans l'égalité, suivant la

nu le que j ai donnée de la vérita locratie. I lommeje

disais en < orumem tint, celui qui respecte en lui-même la

"il.- humaine la res] e< Le aassi chez les autres : il n'attente

donc point & leur liberté, de inème qu'il ne leur permet pas

«I attenter u la sienne; 1 1. honoi eux i oi e en lui le

litre il'IiNum e s'ai i ir eux aucun priv on-

. i d( l'humanité, a < ette « - — : - 1 1 1 1 « * . pat « ons< -

•I1" ut. qui « st, avec la liberté! le principe vital de la dén cratie.

I IW. Ml.

l.e mariage, les époux et particulièrement In femme

Nous avons vu ce que la morale exige de l'individu, et ibien les vertus qu'elle attend de lui importent àladémbien au contraire les vices opposés à ces vertus son! particulièrement funestes ;t cette forme de société. Si maintenant, au lieu déconsidérer la Ëiorale dans l'individu, nous l'envisageons dans la famille, elle nous apparaîtra d'une ière encore plus éclatante comme le fondement nécessaire d'i line et solide démocratie. D'ailleurs, les vertus mêmes où j'ai déjà montré les a de la démocratie, c'est à la famille qu'il appartient aVtmt tout de les inculquer dans l'individu: elles ne peuvent guère se former que par son action; elle en doit être la première école. Quand donc je montrais ce que doit être l'homme comme individu pour pouvoir donner un fondement solide à la démocratie, je suplis implicitement la coopération de la famille dans cette formation de l'individu, qui n'est guère possible que par son intervention, et c'est là précisément un des points que j'aurai ;i loucher en pai lanl de la morale dans la famille. Mais, avant d'envisager la famille dans son rôle édu< ateur et d'y montrer le moy itteindre le but quej li d'abord indiqué, il faut idérer dans sa constitution même, et, en relevant, soit

rRoisri mi M- on.

vertus qu'exige cette constitution, soit les qu'elle

repoussa . faire voir de quelle manière ces vertus et ras \ ,i,i, t el affe< lent la démocratii

Cicéron, dans ce traité d D s où il a résumé i tnl d'éloquence loul wil de |a morale optique >elle la famille l«i principe de la cité el comme la pépinière de la république [principhin

I I, <•. wii ; i le m efli : qui forme le premier el le i

étroit lien de topte société bumajne et l'on peut affirmer, ce que l'analyse <|m \.i suivre mettra évidence, que «lu respect i lien i ions qu'il

e dépend le bien de la cité, particulièrement de la cité démocratique et <l<i l'humanité tout entière. Oi la Famille elle-ipême a son principe d&us le mari ''II»' n'existe qui

par lui-

L'homme et la femme ont besoin l'un de l'autre pour compléter el » reproduire, De là l'attrait qui les entraîne l'un

l'autre. C'est ce qu'exprime Platon dans le Batiçm t sous une image poétique pp les i •■ pai lies

«l'un même être, qui, sép cherchent k L'at

trait «iin les pousse l'un vers l'autre psi loul ible pli

esthétique et moral, • dire qu - du I"'

soin des seps, «lu sentipienl dp beau et de la - bie des

l est le ii iple Ql dou( est li sentiment complexe

•h appelle Vam ! i i len he exi du plaisir en

dehors de Tan^our est toujours pour l'bopime et pour la femme

une dégradation ii la langue flétrit- elle sous le nom «lr

i,i|»|>im( bernent des foi mé uniquement

vue «lu plaisir des sens et qui se dissipe avec lui. Mais l'amour ne suffit pas encore pour moralisai leuruqion; i qu il la lais» epipire du i api i( e et qu'il ex|

l'abandon les enfants qui pepven! en résult< i

si un m" mt pou? flétrir cetti de liai

qui s'affran< bit <l<' tout» ion p sitive. De quelque \"il«'

La MORALE DANS LA FAMILLE. 35

brillant que puisse se couvrir l'union des sexes dans L'humanité, cette union n'est réellement morale que dans le mariage. Ici l'homme et la femme s'engageant solennellement devant la société, qu'ils prennent pour témoin et pour garant de leur engagement, à vivre désormais l'un pour l'autre et à élever en commun les enfants auxquels ils donneront le jour,

rent leur dignité réciproque et sauvegardent l'avenir des fruits de leur union. Tel est en effet le double but du mariage : d'une part, en ramenant l'uni» m de l'homme et de la femme a la règle morale, il la soustrait à l'empire de la bestialité et du caprice, empire également dégradant pour l'un ei pour l'autre, mais particulièrement funeste a la femme; et, d'autre pari, il assure aux enfants l<"> soins auxquels ils oui droit.A ■ mariage accompagne-t-il le premier pas de

l'b u inanité vers la civilisation. Les poètes on les philosophes de l'antiquité, quand ils chantaient ou décrivaient les commen-

entsdela civilisation, sous quelque nom qu'ils la i!imgnassent, ne manquaient pas de mettre le mariage en première ligne. «C'est loi, s'écrie < licéron .dans une éloquente invocation à la philosophie l , qui sera tout à fait exacte si on l'applique en général a la civilisation , c'est toi qui as curant)'1 les villes, qui as appelé les hommes épars à vivre en Mincie, qui les as unis entre eux, d'abord par le lien du domicile, ensuite par celui du mariage conjugiïs).* L'établissement de ce lien «'si en effel le signe de l'élévation des hommes aux idées morales, |j relâchement ou le méprisdulien conjugal est au contraire l'accompagnement et la marque de la ice des sociéti urer l'étal moral et j l'avenir «l'un peuple par l< [u'il fait du

Ou ne saurait mer que dans l'antiquité la sainteté du m riage n'ait et >nnue : vous sa^ squ'où fut pousse à je oc parle pas de la Rome des l mais de i

V, ch /. u.

rROIStl ME l El

de la République, — le respect du lien conjugal. «On ne i raignait pas alore, dit l'historien Valère-Maxim. l . les i

d'un corrupteur pour la femme < l au t un: mais une pudeur mutuelle donnait au regard età l'aspect un desaintet Mais, il faut le dire aussi, ma 6 respect du lien oonju qui régna chei l«i- anciens dans les beaux temps, une énorme

lacune subsista parmi eui dans les idées et les iurs relati-

,iu\ rapports de l'homme et de la Femme. Alors même que le respect de la femme m et de la jeune Bile destinée a devenir a son t - » 1 1 1 une chas i trône était de rigueur, la pureté des mœurs n'était te en dehors île < e

cl.-, il) «^t permis, disent Plaute el le vieux Galon, d'aller pai la \ ie publique; il es! seulement défendu de | par

les t » u i * 1 -> qui sont fermi s . mu- lequel rep<

la cité antique, ouvrait d'ailleurs la plus large carrière au libertinage Ce n'est pas que les philosophes de l'antiquité ne ■ .t élevés a l'idée de la ch tsteté absolue dans le rapport des sexes en dehors du mariage; les sti tuaient que

la pureté pour l homme est de n'ai» iseï Me la pudeur de personne ei .le m- | d( - i' .ii-M- naturels tant qu'ils ne sont pas cotisai 1 1 - par le saint e ment «lu mai (Qui-

conque . dit l'un d'entre eux, un philosophe exilé pai N parce que ses le (citaient l'enthousiasme de la jeunesse i I . \\ 71 . Musonius Rufus, « quiconque dé-

sire ne pas Mre un voluptueux, un efféminé, ni un homme pervers, ne doit regard nue .les amours permis que ceux du m. m q 3).»S ne |uc i I tèle tiennent le même In \i -• développèrent asaei lard, et elles oe lu

jamais très-répandues dans la société an tiqu< \ d,le

christianisme Userait très injuste de le contester a exercé une

l \ Un et d>

heureuse influence sur l'humanité, bien qu'aussi, pour tout dire, clans sa réaction contre le libertinage payen, il ait souvent dépassé le but. En prêchant, comme les stoïciens, mais avec une plus grande puissance, la chasteté, non-seulement dans le mariage, mais hors du mariage, et en faisant de cette institution la régie absolue de l'union des sexes, il a fortement concouru à purifier les idées et les mœurs relativement aux rapports de l'homme et de la femme, et à relever la condition de celle-ci, non-seulement dans la famille, mais dans la société.

Mais, en dépit de ses enseignements et malgré le progrès qui lui est dû, il s'en faut (pie le lien du mariage soit dans nos sociétés modernes, qui se piquent d'une si haute civilisation, aussi honoré qu'il devrait l'être. Quelles sont les causes qui détournent une aussi nombreuse partie de nos contemporains de ce devoir imposé parla Ici morale à l'union des sexes? Il faut avoir le courage de dévoiler nos plaies, afin d'y chercher le remède.

Une première cause, c'est la dépravation mêmequi résulte de la misère. Le défaut de culture morale qui est la conséquence de ce fléau, et cette autre conséquence déplorable, la promiscuité qu'entraîne l'exiguïté du logement (une seule chambre, quelquefois même un seul lit pour toute une famille) chassent la pudeur et accoutument a regarder les rapports sexuels comme chose moralement indifférente. La fille se donne mus scrupule au compagnon qui lui plaît, ou se vend

sans honte a l'homme qui vent la paver. One de fîtles-m

ne voit-on pas parmi les classes pauvres! i;i que de tilles qui se prostituent au premier venu pour quelque argent! La dépravation résultant de la misère les a façonnées tout exprès pour ce vice, h la misère elle-même les j pousse. C'esl elle

qui recrute eu grande partie les hideuses phalanges de la

prostitution ! .

i i Duchatelct atteste que mi Lroii mille créatures perdue*, trente*einq

ment avaient mi . lat qui pouvait lei nourriri al que qu ati avaient <tc

la SIÈMB I

I i toujours la misère, d'ailleui > hic parmi

classes pauvres, qu - un

il <l indépendance illégitime provenant d'ordinaire d'un manque d'éducation morale : on vil ensemble, i; en se i«N('i\;i!it il»* m* ijiiiltrr. des que cela ne conviendra plus, pour former une autre liaison ou vivn seul. El les enfants? Ils deviennent ce «jn'iK peuvent.

-t encore, cbei les Femmes, l'amour de la parure ou du luxe, non réglé par le principe moral I mbien de Biles sont perdues par là !

Ha s, s'il \ a des Biles qui se vendent, |u'il j

hommespoui beter; et si la misère est, comme je l'ai

pelé, une Cause <l«' dépravation, la - n est une

aussi, quand «'Ile n'es! pas relevée par des principes moraux, i .n elle il"imr aux oomtni ens de satisfaire i"::^ leurs

caprices Combien de Bis de ramille, au lieu <l«i pro&terde Fortune pour faire l«' bonheur d'une jeune fille di; lée, l'emploienl a payer i de viles •

tures, et, a la place «lu bien qu'ils pourraienl genl «'t entretiennent l'immoralit

Voila le mal. Je n'ai tait que l'indique! <•! en 1er les

prn 1 1 II doit \ avoii lit*

pou I \»'uv I indiquer ausi I mbattn

misère et pai là n-inlir la rie aui sentiments moraux qu étouffe ; éveillai et raviver chei lous l'idée de la dignité, de ilu mai i. ippeler la femme au n

me »'t i hiiiiiiiit* au femme, particulièrement

mime i i< be au respw i il»1 la Femme pauvre, et pour iléti n plu uptetir que la victii indis

que il hui le oonti |iii a lieu : voilà la

miaiit plus essentie ris la

démocratie que celle-ci, ayant besoin de s'appuyer sut1 le principe de lit dignité humaine, souffre davantage de tous les ou- Faits ;i ce principe. D'ailleurs, n'est-ce pas en général la tille du peuple, c'est-à-diré la classe même que la démocratie doit s'appliquer à relever, qui sert de proie au liberti- : et par conséquent ofe vire ne la louche-t-il pas tout particulièrement? Enfin, le progrès économique des sociétés démocratiques, en répartissant sur un plus grand nombre d'individus la richesse, qui, dans les sociétés dHstflcratitji esl le privilège d'un petit nombre île familles, met àUS^i a la portée d'un plus grand nombre les moyens de satisiain leurs fantaisi quettl a besoin de trouver un plus large

Ire-poids dans la moralité populftii .

est malheureusement ce (pie n'oril pas compris certains écrivains du dernier siècle, qui voulaient travailler a l'émancipation de l humanité, cl certains réformateurs de m tre temps qui se sont proposé pelur but d'améliorer le sort du peuple. Parce que la pudeur est un sentiment qui A besoin d'être développé par l'éducation, cl paire que le mai: une institution garantie par la Société civile et consacrée par la religion, I- vains du ivui siècle auxquels je tais allusion ont pensé que > 'étaient là desc!i<»s,'. de convention : et ils m ont pw vu qu'en croyant ramener sut* ce point l'humanité

a la nature, ils la ramenaient a l'animalité. <••• n'est pas Wnsi

que Rousseau entendit le retour <> I" nature : il S'est éloqueminrni élevé contre ces sophismes et contre la corruption dont îlsétaienl d'ailleurs l'effel plutôt que la cause ; ci il a entrepris de relever dai - les âmes l'idée de la sainteté du mariage i .

is uotre siècli lins réformateurs ont cru que le o eil

leur moyi aux débordements d'^ passions.

mi de donner à celles-ci un libre coUrs : ils ont inventé la i l' altmiattie et la femme libre, Pour supprimer

ru

le désordre dans la a : ue Lrouvi i mieux

que d'effa< • i la limite qui l'a sé| - : il

ne s'lt| pas qu'univei - le détruire.

lé amoun - 1 mouven , transforme en vertus la plu comme elle transfoi me en vices la plupart de itillesi On en < tablil div< union; .l< vous t, qui permettent !ue d'avoir plusieurs maris de divi ta chaque bomme d'avoir plusieurs femn < instituent ce «ju»' l'auteur <!»' ce 1 1 appelle des ménagt - / wi/i ; je me boi ne a rap five remarque, que i cette liberté, ix plaisirs,

l'ouvre de mon - aux mo m i tu le ne

pense ; Ileurs que des tbé< i ies dont l'immoralité >'a<-

cuse Bi franchemenl aient jamais ex< r< é uni graude influei i . ni qu'elles aient jamais pu être un danger public, oon on a tant affecté de le croire en I8/18. I os le prin-

cipe «lu miil : il est dans les - *\\w j at à

l'heure. M e qu'il impoi te d< remai 1 sortes de théoi i( - vonl p our

suivent leurs auteurs : ils veulent relevei la condition de la Femme dans la ^"< ièté, et Is coo mem ei t par la idei . J< continue.

La même loi qui exige que l'homme et la Femme élèvent leur liaison u la dignité du mariagi exige au- qi union, ui ; conl é( par <'i!\ mê

ame une chos lien 1

al esl 1 1 'lu mai ! le devo

de part ei «l autre 1 1 ' udul ivenl

.«•s chei la Femn les 1 nséquei 1 e. Il

lani que I'' ma . omu 1 1 dit 1 \

i S il est un état affreux au monde, c'est celui d'un malheureux père qui, jsans confiance en sa femme, n'ose se livrer aux plus doux sentiments de son cœur, qui doute en embrassant son enfant s'il n'embrasse point l'enfant d'un autre, le gage de son déshonneur, le ravisseur du bien de ses propres enfants » ; cela est juste mais il faut aussi que la femme puisse compter sur la fidélité de son mai i : si l'état du mari dont vient de parler Rousseau est affreux, est-ce que celui de la femme qui se voit payée de son amour et de sa vertu par la trahison, et qui perd la confiance et l'estime dont elle entourai! son mari, est-ce que cet état n'est pas tout aussi affreux, el Rousseau a-t-il raison d'établir une différence dans la rigidité des devoirs relatifs des deux sexes? Non, l'infidélité du mari n'est pas, aux yeux de la morale, moins coupable (pie (elle4 de la femme; peut-être même l'est-elle souvent davantage.

La iidchte réciproque esl donc la loi même du maria d'où vient que cette l«i esl si souvent violée :

Une îles principales causes réside dans la manière même dont >r R ni 1rs mariages, je veux dire dans l'indifférence a l'endroit des conditions morales de cette union. Il s'agit de faire en quelque sorte de deux personnes une seule, de former de deux parti< s diverses un tout moral ou elles se complètent réciproquement; il >eml>le doue que la première chose à rechercher, ce soit la sympathie des âmes et des caractères; mais ment la dernière dont on s'occupe. Les considérations de rang el de fortune dominent tout le reste, je ne dis pas que cela soit universellement ainsi ; je dis que cela est trop souvent i

Vous ni devenu le mariage dans la société

aristocratique du dernier siècle, v'»u> le i <"jne de la monarchie

i ultère était ;t la mode dans ce monde-la; chacun

allait de -mii luit. s'il \ avait encore quelque fidélité

dan rapporta d< sexes, elle était pour l'amant ou pour

jj lUnlHl M! LEÇON

la niait si une faraude dame que H sseau i rendue

célèbre, M d Houdetot, se montra toute sa vie fidèle à son amant, Saint-Latnbert, pendant que son mari* M. d'Houdetot, restait fidèle à Ut dame qu'il aimait. <•♦• qui lui Faisait dire: \ isa^ Dn89M d'Houdetot et moi, la vocation le la fidélité; seuleraeol il ¥ avait un malentendu. I j avail en effet un mal-

endu entre eux, el ceci nous révèle en - e du

désordre que j |u'unn

m e:M à Houdetot ; i \ . 1 1 1 été m sans

apercevoir i Bek>n l'exp M I ipinaj . mais

suivant les convenances voulues* à un homme qui, sans l'aimer, — il «mi aimait une autre — l'épousa suivant ces me oonvenam i est ainsi que se faisaient ordinairement les

ma iristocratiques : on n'avail I qu'au

fortune, sans oucier du reste. Le maria ut arrêté d avance d'après ivenances extéi ieui nie que

les lut'. onnussent : la jeu ne fille sorta \ ent

pour épouser le mari qu'on lui a ail choisi . et I»* liant sa maîtresse ou ne lardant pas a en prendre une elle, donnait .1 sa irnniM' un exemple bieulo 1 ela

sophismes d'une mauvaise philos >phie 1 due

dans la société, et joignez-j en< >utre I

des institution me qui tient

du trône les solennels adultères d'un Louis \IN et «I un Louis \\ ,el vous m. étontu

méi et les écrits de ce temps nous retracent nda-

k t.il>!ean. I 11 "! s'é! intraire que le nombre

mauvais ménages ne fôl |ias il en concluait qu'il Fallait quel'homm( eût une h ilurelle

1 SUS «le titilles 1rs mainates |||st il II I |.»||n | .

Di lurs, d telle que l'a lail i Révol il

LA MORALK DANS LA FAMILI K. 43

un moindre rôle; il y a là un progrès dans le sens démocratique, et ce progrès ne fera que croître à mesure que la société, en se démocratisant toujours davantage, rapprochera de plus en plus les rangs autrefois si profondément séparés; mais la considération de la fortune, de la doteX deceqtie l'dn appelle si odieusement les espérances, domine trop souvent les considérations morales. Trop souvent le mariage esl une affaire d'argent. Un épicurien de ma connaissance, resté vieux garçon, avait coutume de demander quand on lui annonçait le mariage de quelque camarade: «Dans quel prix se mariet-il?» C'est ici surtout que se tait sentir l'un (les fléaux de notre époque, l'un des plus grands dangers qui ttieoacentla démocratie, je veux dire la prédominance «les intérêts matériels, la préoccupation exclusive du bien-être j l'amour désordonné du luxe, le désir effréné de briller, en un mot le culte du veau d'or. Le mariage lui-même, le plus grand et

le plus délicat des actes de la vie, est devenu un moyen de

satisfaii oui dominant: on me! l'argent en première ligne : le reste t-à-dire l'essentiel, l'esprit, lé cœur, la figure même, ce miroir de Pâme, tout cequi peul exciter el entretenir l'amour et assurer le bonheur dans le mariage, tout cela.esl regardé comme chose accessoire et voloi îfié.

\ussi suis-je a mon tour étonné que. de la façon dont les hommes se marient, ils ne fassent nas plus souvent encore

mauvais mena

Il esl vrai que cette préoccupation de la dote\ des espérati chez Ifs hommes a en quelque sorti sa raison d'être dans la manière même dont les femmes sont élevées : il semble q i s'évertue à développer en elles^ au lieu des qualités solides, les qualités frivoles, ou même d< I ibles vices, tels que le joûl de l'oisiveté el l'amouf du luxe, ivec des femmes élevées ainsi, la dot, une forte dot, est indi ne elh

suffisante esl pas loul .1 rail m paradoxe que cette

pan Micheletdans son livre du PeupU p \

14 TROIS!) M! Il i ON

voua voua ruiner? épousez une femme riche. ■ Elles-mêmes,

l'eflel d'une telle éducation, refoulant dans leur oa sentiments les plus naturels, les plus doux et les pluséta clicK benl moins dans leur mari les qualités qui rendent un bomme digne d'être aimé que l<is avantages de la fortune. Un poète populaire, sur le compte duquel j'aurais d'ailh eauooup de réserves à faire, si c'était ici le lieu, B i çerati $beureusemenl exprimé dans une petite] travers

notre temps. Elle est intitulée L (

rftve-U n'est certainement pas celui de toutes nos jeunes filles, mais c'est certainement celui «l'un trop grand nombre. leveui voua le redire h ce titi

Le | te représente une jeune Bile dormant à l'heure de

i m ni i Bur lea coussins de s'»n boudoir, <ii il se demande.. ., mais laissons-lui la parole :

I I! |tt|

Effleura i mu.

Qael Matim

irr

l ii i l'- trarqu

Uil H |'.ui\ f <

l»n « M 1 sou Igi mr.

I l'hiroodellc .. prinlei mr.

iroMM ■ ' ille.

iirinur.ir

i.\ MORALE DANS :.\ i AMILLE.

Devant ce rêve du jeune figo, Adieu nos rêves d'avenir î L'enfant en remontre au vieux sage ; L'or aujourd'hui vient tout ternir.

Le remède au mal que je viens de signaler, il est dans la main des mères : il ne s'agit que de relever l'éducation morale de la jeune fille et de la préparer par là à son rôle de femme. Alors, même pauvre, elle sera une richesse pour son mari, tandis qu'aujourd'hui, même riche, elle est souvent pour lui nue cause d'embarras dans la maison, et. faut-il ajouter encore, un mauvais géuie dans la vie publique, une conseillère de là» ■ solutions. Je reviendrai sur ce dernier point.

Voyons maintenant quel est le rôle de la femme comme épouse. Il faut le décrire pour compléter l'idée que j'ai commencé ;i es - : du mariait; et des vertus conjugales. Ce rôle s'exprime d'un mot: elle doil être la compagne de son mari; mais il faut bien comprendre la portée de ce moi.

Elle esl son égale en tan! (pie personne moral».1, douée comme lui d'intelligence, et capable comme lui de moralité. Ace! égard les mœurs et la législation, même dans les pays

socratiques, ont encore plus d'un progrès a faire. La démocratie repousse la femme libre donl j»- parlais tout a l'heure, mais elle doit émanciper la femme de toute tutelle dégradante, <-t, .au lieu de la traiter en mineure, la rétablir sur le pied d'égalité auquel «'11»' a droil et suis lequel le mariage, -'aidant toujours l'empreinle de l'antique servitude, lout ce qu'il doit être. Les hommes ont beau dire que

1 la la raison >ln />/<<- fort, mais la raison du plus fort, quoi

qu'en dise 1»' bon la Fontaine, n s toujours la meilleure.

Mais, h je repousse la - lineté qu'on vui n i a

l'homme, h -i je réclame pour la femme I «-lc.iI 1 1«- dans la

Il rHOlSIl \1l II- ON.

communauté, je reconnais que, connue elle a ses qualités pro- - - 1 . action propre dans i >mmunaul

i première partie de cette Fonction, je vais pro-

noncer un mol bien prosaîqi i . is qui exprime une chose

M'iiiifi - . soin du //" I

tiellè n'exclut pas d'ailleurs une certaine p 0 . il y a une

du ménagi J'en prends à témoin les plus grai depuis le chantre de rage héroïque qui représentait la fille «lu généreux \lcinoùs, v i, allant laver s emeutsau

bord du fleuve sur le conseil de Minerve la i la sa-

jusqu'à l'auteur de w qui nous montre son hé-

roïne < Ibarlotte distribuant à ses jeunes frères des tartines de beurre ; et je puis même invoquer le témo -n - meilleurs

philosophes, depuis s ate jusqu'à Rousseau. Eu* auss sont plu à célébrer cette po< sie. Voyez, par exemple, comment Xénophon, dans le traité qu'il a consacré i L l \omique , ou [u'Étienne de la Boëlie, dans la tra-

duction qu'il en a Faite, appelle d'un mot la nu

iment le disciple «I»' s"< rate fait pai »n-

lant les leçons du machu Femme : L Ile

eh. is- .1 yoii que des bien rang< es de suit Blon

leui espèce ; la belle < bose que des vêtements séparés suh leur litige; la belle chose que des couvertures; la belle « bote <|uc drs la belle chose que des ustensiles •!•'

labli ; la belle chose, enfin, malgré l«i ridicule qu'j trouverait un n ervelé el non point un homme grave, la be

bvi n des marmites avec syméti ie ! Oui, tous les objets sans i \

étrie, paraissent plus beaux i dis| : e. rous i es ustensiles semblent I un

lie |>< ésie du ménage étail en qui I |ue naturelle

LA MOKALF. DANS LA FAMILLE. 'i7

chez un peuple artiste comme le peuple grec, qui portait l'amour du l>eau dans les détails les plus vulgaires de la vie, et pour qui tout «Hait art; mais il n'est pas besoin de remonter jusqu'aux anciens pour en retrouver la trace. Elle n'est pas devenue tout a tait étrangère a nos sociétés prosaïques, el vous pouvez la voir s'épanouir même parmi nus paysans, peu artistes d'ailleurs. Entrez, par exemple, dans la maison d'une fermière de Normandie : voyez comme tout est propre et bien rangé; voyez sqr ce buffet si bieu poli, ces assiettes, ces plats, ces pots de iaïence ou d'etain, tous ces vases de divers genre>. h brillants qu'où pourrait s'y mirer, et disposés avec tant de symétrie que, suivant l'expression de Kénophon, ils semblent former un chœur, et dites s'il n'y a pas là un genre de beauté qui, tout eu charmant les veux, inspire de la sympathie pour la femme qui tient si bien sa maison. Bieu tenir sa maison, c'est là en effet une fonction qui, sous

une forme OU SOUS mit' autre, Convient à toute femme. Les

soins du ménage ne peuvent taire rougir qu'une sotte ou nue fille mal «'levée. Tinle mes amis demandait un jour a une

jeune peiM.ime. placée a talile entre QOUS deux, si c'était elle (pu avait tait un cerLun gâteau qu'il trouvait délicieux : le lie me môle pas de ces choses-là», répondit la demoiselle

d'un ton piqué. Ce n'est pas sans doute une vertu que de savoir faire des gâteaux, mais c'est en général une clinsr précieuse, même pour une demoiselle riche, que de s'entendre au ménage et de savoir au moins le diriger. S: la demoiselle dont je parle avait lu et goûté i I de Kénophon,

elle n Cul pas été offensée de la question qui lui était ad Hajs je m'empresse d'ajouter que je ne veux pas borner là île de lit femme. Je n'accorderai pas ii la de nos

aïeux, citée par le Cbrysale de Molière L> j /< m»u s savan Il eue mi

\ . poinl d' ive» un h i

je veux .m contraire «|u»' son esprit, m! la I pression du mémo personnage de Molière, ait dei *de tout : je veui qu'< Ile l'ait assez cultivé poui être en état de lire autre chose que des romans et de s'instruire elle-même t<>ujours davantage, pour rendi ation intéressant

bod mari, enfin pour pouvoir i son tour diriger l'éducation de ses enfants.

On se défie beaucoup trop d'ordinaire <!<■ 1 'intellip l.i femme. Elle se distin ins doute de i ll«' de l'homme: j'accorde, en mettant à pari les exceptions, qu'elle a, en général, moins d'étendue, de suite1 el d'impartialité l . el qu'elle est, par là même, moins capable de s'appliquer aux sciei abstraites, comme les matlirmatiques. la métaphysique, la logique, etc., ou aux questions générales, comme celles de haut»- politique; mais les sciences naturelles, maisl'l istoin la gi graphie, mais la morale pratique, mais les mais la littérature, tout cela, enseigné comme il convient aux i est-à dire d'une n e propre à les inl r el

;i les toucher ce qui est, ilest vrai, un art délicat et rare par conséquent » tout cela n'est pas au-dessus de leur sphère; elles \ montrent même souvent plus «l«i Facilité que les hommes. On

lôfie trop, je le répète, de l'intelligence des femmes, et < pour cela qu'on fait d'elles des créatures insignifiantes pour1 leurs maris, lesquels se voient ainsi souvent forcés, suivant i expression de Rousseau, de se renfermei eux-mêmes.

J'ajoute qu'on les rend aussi parla incapables de rempli!1 dans la société bien des fonctions « | n i leur conviendraient admirablement, mais que jusqu'ici l'égnïsme des hommes;

lusivement réservées; i est là un point sur lequel nous aurons à revenu .

La culture de l'esprit n'exclut pas, d'ailleurs, quanti rlle est solide, l<' développement des qualités du oœur, et il faut

!.\ UOHAl.l h\\~ i { FAMJL1

convenir que c rest surtout par là que la Femme doil brillei : ■ •-i son vrai trésor. Mais il ne suffit pas qu'elle ait le cœur bon, compatissant, charitable; il faut aussi qu'elle l'ait élevé ei fier, de telle sorte qu'elle puisse soutenir son mari dans l'adversité et dans les disgrâces de la vie, et qu'elle soit la première a l'encourager aux mâles résolutions. Malheureusement l'éducation qu'elles reçoivenl les rendent souvent impropres ace rôle: combien j'ai vu de filles d'Eve pousser leur mari a manger la pomme !

J'ai dit ce que doit être la femme comme épouse; j'essayerai, dans la prochaine leçon, de tracer son rôle dans la Famille en montrant en elle la mère, la première institutrice de ses enfants; j'indiquerai plus tard son rôle dans la république. Quand elle saura s'élever à la hauteur de ce triple rôle, elle obtiendra le respect et plus aisément la fidélité de son mari; celui-ci sera moins tenté d'aller chercher chez d'autres Femmes ou parmi d'indignes créa es une distraction à l'insipidité du commerce d'une servante vulgaire ou d'une brillante poupée.

Rappelons-le en finissant : l'avenir de la démocratie est attaché a la sainteté du lien conjugal et au respect des loisdu mariage. C'est donc là que nous devons porter nos efforts, ri pour cela il «'si deux moyens qu'il convient surtout a uni' société démocratique ' j«i !'<i dis pas pour cela a Y État] d'employer : l'un indirect, qui consiste à travailler autant que possible à P amélioration physique du sorl ^r la Femme, en cherchant à l'arrachera la misère, h la retenir à la maison, à lui confier toutes les Fonctioi quelles elle est propre; I autre, dir qui réside dans la culture morale laquelle relèvera a la Fois l'homme et la femme et les rendra ca| de comprendre

et de pratiquer dans toute son él udu< la vei u « on •. Je ne ici .1 signal r uoyens; le développement entera en son lieu dans la suite de i

i \ Mon ILE DANS LA l-'Win 1.1

I m <iilniii«. | .«. ilomr»tlt|Ura

Nil SDAMI 5, Ml -il i i

.1.' n'iii encore parlé qui1 ilu mariage, des époux et parti culièromenl de la femme comme épouse; maintenant, pour compléter l'étude que nous avons entreprise sur la morale de i.i famille dans ses rapports avec la démocratie, il faut parler des enfants, donl le soin forme précisément l'une des deui grandes Ans du maris Quels sont les devoirs desépoui & leui égard, ou •!• i omme />' \ qu'il nous

d'abord oxaminei . dénuit, suivant l«i but même

de i l'observation ou I issiou il - par

rappoi t .1 la dé cral

/. wunim les enfants, c'esl là, ai je dit, I une il

rides Bns du ma il est précisément destinée assurei

aux fruits de l'union de l'hoinme et de la femme 1< qu'ils

irut pour ii< pas p il i I poui se développe! ; c'est la,

[uent, uni mais il faut bien

Ire toute l'étendue de i ette loi ou des devoirs qu'elle

pre» i il-

.1 aboi appliqu

nature hum I ias seulement donnei -i

vie pli j'étein-

drail bu Lui ou ne se développerait pas i onvenablemenl . mais

elle signifie aussi et .surtout lui donner i<is soins moraux, la culture morale, laquelle ne va pas sans une certaine culture intellectuelle* eu un mot \ éducation, sans laquelle il resterait en quelque sorte à l'étal d'enfance. Il faut faire de cet enfant uu être moral, une personne digne de ce nom< c'est là le devoir absolu des parents. Par conséquent, donner à la petite créature qu'ils ont mise au monde la nourriture et 1rs soins que rédame son corps ne suffil pas ; il faut qu'ils s'appliquent aussi a cultiver son âme, c'est-à-dire a développer ><is facultés intellectuelles et morales. Que s'ils peuvent se faire aider dans cette tâche, ils ne doivent pas s'en décharger sur d'autres; car c'esl d'abord et surtout à la famille qu'elle appartient.

Malheureusement dans notre société ce n'est pas là d'ailleurs un vie»4 nouveau) le devoir que je rappelle ici est trop souvent négligé.

Ce vice tient, chez nue grande partie de uos contemporains, a une cause dont j'ai déjà indiqué l'effet sur I»' mariage luimême, je veux dire à la misère et à la dégradation morale qu'elle idre. G rit unpèreei unemère, quel'indi-

gence a retenus ou plongés dans cette dégradation, donnerontils ii leurs enfants une éducation morale dont ils n'ont pas même l'idée? ils se lienn mt pour trop heureux s ils peuvent leur procurer un rti< de pain, el se croient quittes envers

eux a ce prix.

D'autres, qui ne peuvt □ >armi les indigents,

mais qui n'ont d'autre iree que leur travail quotidien,

bornent trop souvent l'éducation de leurs enfants à Vappi

• croient quittes envers eux, quand ils leur ont

(ail apprendre un métier qui les mette en état de gagner leur

quelque cho n'est pas tout. Les dures

doute, i eux dont je parle a cultu et morale dos en •

fants: mais d \ a nu autre obstacle i i incui ie,

D'au e parle maintenant • . des fa-

milles i iches ou qui travaillent nir n< il leurs

devoii s à 'liants, par deui

sons : l'une, qui agit plu sur les bomnx s

la poursuite de la fortune, la fièvre des affaires ou la n i her- < he des honneurs : l'autre, qui a nt jiIhn particulièrement sur les femmes, mais qui a aussi son influi n< e sui l« s homm la dissipation «l»1 la rie mondaine, de cette rie si ride et si fausse "H tant <!<• gens cherchent le bonheur, mais où ils

ivent que l'étourdissement. < \ causes, qui tiennent

elles-m lu mal que j'ai signait ime un des fléaux de

notre ! imps ■ im< ; >utabl< . si l'on n)

atie, le culte des int< até

riels, I amour du luxe et de la parure ; ces deui 1 ises rendent ceui 'en lais uvahir indifférents à Icn- 1 des 1 morales < 1 «in développement <l« ces «laus l'âme «!<' leurs enfants. \u lieu d'élever, «I'- fornv même s is enfant 1 i ient, ce qui exigerait qu'on

s.- laissât un peu m h r pai 1 cupat

'•ni émet 1 • • -"in a des m éti

1 même \ i< •• que déplorait .m temps de l'eiu

pire romain, l'auteur du Dialogue \ trefois

| chap. WN m 19 . le Bis né d'une mère chaste n'était point élève* dans la maison d'uue nourrice qu'on achetait, mais dans !»• seiu et entre les bras «!•* ^a mère, qui n Lui sa i" incipalc loii lier sur son intéi ie

vouer a se ^ujourd hui, l'enfant vient k peine de

re, qu 1 niifié h une e» 1 1 1 laquelle <mi

adjoint un • "'i qu il wit, et 1 est ordina

m, -ni le plus méprisable «i111 ,"' peut remplir aucun

emploi îéi ieui . N oil devenu I»' soin des enfants

dans les grandes famil laines à I ledest tu

\mii siècle, dans ces familles aristocratiques dont je rappe-

f \ MORALE DAN- LA FAMILLE. 53

lais l'autre jour les mœurs conjugales, on n'avait pas d'esclaves sur qui l'on pûl se débarrasser de ce soin; mais on remettait ses (ils à des précepti urs ordinairement fort ignorants et que l'on ne traitait guère autrement quedes <1<m tiques Qlles \ gouvernantes encore moins éclairées

et qu'on ne traitai! pas mieux; ou bien on 1rs ensevelissail dans des couvents, d'où elles ne sortaient, quand elles en taient, que pour épouser l'homme qui leur avait été choisi et entrer de plain-pied dans un monde auquel elles n'étaient nullement préparées. Le mal que je déplore n'est donc pas nouveau : mais, comme beaucoup d'autres \ ices de l'ancienne aristocratie, il s'est étendu en se répandant dans la bourgeoisie. Les couvents, supprimés en France par un décret de l assemblée nationale du 13 février !7(.î0. mais rétablis par le premier Empire et devenus, sous les I, plus nombreux qu'avant la Révolution 1 . ou des pensionnats qui ne valent re mieux, servent encore a débarrasser un grand nombre de parents «lu soin d'élever leurs Biles: et les collèges leur Rendent le même triste service pour leurs ûls. Ils se croient quittes, ceux-là, en payant des frais de pension el en amassant de l'argent pour les entants qu'ils onl exilés de leur maison; mais ils sont coupables en négligeant le premier et le plus important de tous les devoirs.

Je viens de parler des collèges. Les États qui offrent aux parents des internats, comme sei oes d'enfants que I au-

teur du 18 brumaire substitua aux renie- centrales en par la Révolution, et qui n'ont |>;t^ péri avec lui, es Etats encouraient par là le vice que je ' I

l . les familles

courraient aux p< irticul raient en( eau-

coup ferait point le com-

tmilles. Il s ailleurs de savoir

ON

s'il ii«' i de

i de D ferea où les

enfants serai es!

iv dont je De doute pas pour rua part. Que l'Étal Fasse faire des ( nuis qui .lent et élèvenl l'instrui I i la bonne

heure; mais il n'esl pas apte à donner autre chose que l'instruction, ou I* on qui résulte de l'instruction ellemême ; \9iAn ; s! l'affi doit l'œuvre de la Famille I qu'il peu! ] où les parents se trouvent I r de leurs enfants etdeconfiei a d'autres le >oin i élever. Il n\ a pas de ms exception : uis donc p idmettre toutes les exceptions nécessaires, ma ue lesexcepl deviendront pas la r^jrle même. I 'es! d'éleversoi-

me ses enfant doute avec l<i concours de mal

publics ou particuliers, mais ndonn< 5 le

soin il«' leur culture est-à-dire l'es menu

I éducation.

il osl un point dont il Faut on m< néti ,,st que cett( ttion morale, qui doit œu-

vre propn

.us l,i Foi me qui

leur àtre, l( ! 1 u et surtout

,1 leur inculquer d< ^ristote, qui Fut un

.1.^ plus grands moralistes en mps qu'un des plus

nds philosophes rie I Vrisb

elle-même une habitude : elle est, luivant les termes 1 icel-

ls par lesquels »! explique éfinition ]/ \

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