L'Homme- femme
pas les montrer tuant froidement, par raison dé^ monstrative. Dans la Femme de Claude, le mari tae la « volease », et ainsi le drame ne conclut pas pour la thèse. Clemenceau, enfonçant un couteau à papier sous le sein d'Iza endormie, n'est pas non plus de sang-froid. La condition du théâtre corrige toujours l'excès de la théorie ^
Le drame espagnol disait : saigne-la^ \ Ces maris, le don Garcia de Francisco de Rojas^, le don Guttiere et le don Lope de Calderon, ne sont pas des jaloux, des Othello que la fumée de la passion aveugle ; ils raisonnent leur cas avec une émotion grave et contenue; ils tuent la femme, même la sachant innocente, et simplement pour prévenir le déshonneur. Que l'amour fortifie la pitié, que la jalousie ou la honte de l'opinion aiguillonnent l'honneur (don Lope se venge secrètement afin que la vengeance ne
1. La comédie du Demi-monde roule sur ce conflit, à savoir si M. de Jalin doit ou non dire à M. de Nanjac, qui la veut épouser, que la prétendue baronne Suzanne d*Ange a été sa maîtresse. Le marquis de Tonnerins, lui, son premier amant, déclare nettement à Suzanne que du jour où, par des circonstances indépendantes de lui, il connaîtrait Thomme d'honneur qu'elle voudrait épouser, il apprendrait la vérité à cet houime. M. de Jalin accepte un duel pour avoir le droit de dire la chose, que le marquis considère comme un devoir. «. C'est la justice, c'est la loi sociale qui veut
♦ qu'un honnête homme n'épouse qu'une honnête femme. »