‹ La morale dans le drame: l'épopée et le roman (volume 2)Chapitre 35 sur 49 · Critique dramatique, tom. III. Édit. des Bibliophiles · texte numérisé non relu

Critique dramatique, tom. III. Édit. des Bibliophiles

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ment les dommages irréparables de la faute^ et Tauleur optimiste compromet la morale sous le préieite de satisfaire la morale du vulgaire spectateur. Si la justice faite est une source, une condition même du plaisir dramatique 5 la c moralité de la fable > n'est pas pour cela la fin de Tart.

J'ai parlé des fins pratiques de la tragédie grec' que* Ces fins étaient la matière du devoir, le ressort de raction ; elles n'étaient pas l'objet même de Yténvre d'art. A l'occasion, les poètes tiraient parti d'an fait légendaire pour servir la cause de leur trille; c'était Un élément de l'intérêt, non pas le fond^ Us cherchaient reflet tragique plutôt que là sigtiifiéa^ tion morale de l'événement, et la leçon de leur théâtre réside surtout dans le caractère des réflexions que les vicissitudes de la destinée humaine leur inspirent. VAniigone me parait être la seule tragédie antique où le poêle ait préparé la morale du dénouement en adjoignant à raclioh principale une action secondaire, qui est si touchantOi je veux dire Tamour d'Hémon. Hémon vient se tuer sur le corps d'Ântigone, dans la caverne où son père Gréon a fait enfermer la courageuse fille ; quand la reine Eurydice apprend la perte funeste de son fils, elle sort en silence pour se donner la mm*t. • Cette suite d'accidents, remarque M. PalinS qui détraieaient

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la famille de Créon, terminait la tragédie comme une rétribution expiatoire due à son forfait et à Tinno*cence de âa victhne. ]» La tragédie de Sophocle est comprise en un système moral ; mais elle ne ressemble pas du tout à ce qu'on a appelé depuis le drame moral. Enfin Âristote, j'en suis d'avis avec M. Barthélémy Saint* Hilaire^ n'assigâa point, en sa Poéli^ que construite d'après les chefs-d'œuvre de la scède grecque i tin but moral à la tragédie.

La comédie de Plaute et de Térence dépeint les , mœurs, raille les travers. On trouve, dans YAululaire^ l'avare pt*is au piège de son avarice; dans le Sùlditl fanfaron^ le libertin enlacé en une intrigue qui lui vaut des coups de bâtoti ; dans le Petit Carthaginois^ le marchand de jeunes filles 'frustré de ses gains honteux. Mais, le plus souvent, le dénouement est rissue d'utie aventure plutôt que la conséquence d'Un caractère moral bien défini.

De même la comédie espaguole de Cervantes, de Lope de Vega, de Calderon, de Tirso de Molina et même de Moreto^ est surtout de récréation et de peinture. Nos anciens dramatiques, dit M. E. Hartzenbusch^ ne prétendaient pas au titre de philosophes ou de moralistes; ils laissaient la charge d'en* seigner à la religion. « La comédie morale, celle

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