Cours de Utt. dram.^ tom. IV, lxii
n'est jannais que méchant, le bon est toujours bon, sans que le malheur altère son naturel. Est-ce la nature ou réducalion qui l'emporte? Sans doute la bonne éducation est une école de vertu ; et quiconque apprit à la connaître connaît aussi le vice en prenant la règle du beau pour guide. » Le chœur, dans Iphigénie à Aulis : « Divers sont les caractères des mortels, diverses leurs mœurs ; mais le naturel vraiment droit se révèle toujours ; la culture de l'éducation contribue beaucoup aussi à nous rendre vertueux. » C'est-à-dire que les tragiques ont compris que nos actes volontaires sont des jugements, et que l'éducation est capable de rectifier ces jugements et d'influencer la volonté, faiblement sans dpute, son caractère naturel étant à chacun une. détermination moyenne rigoureuse. De ce que la volonté est un jugement, Platon prétendit qu'une volonté libre est une volonté juste et que le vice est involontaire. Il vaut mieux dire, répliqua Aristote S que le vice est volontaire dans la même mesure que la vertu. Aristote s'embarrassa d'ailleurs dans cette question du libre arbitre, l'une de celles, dit Macaulay ^, félicitant Bacon d'avoir passé outre, qui ont coûté aux philosophes des travaux pareils à ceux des damnés dans la Tartare grec. Nous sommes libres, jugeaient au fond Aristote et les
1. Morale à Nie, liv. HI, ch. vi, trad. Barthélémy Saint Hilaire.