Rhét.^ liv. II, ch. VIII
2^i LA MOHALG DANâ LE DKAUÉ
vâlat dans Tesclave. Il faut venir au xyhi^ siècle pour voir le théâtre attaquer fraacbement le fanalisme et l'intolérance religieuse, Voltaire dans Mahomet^ Lesaing dans NçUhan le Sage*.
Aîn^i l'extension de la sympathie suit celle des groupes de sociétés, lesquelles sont le lieu d^m délerminisnde supérieur qui régit les phénomènes de notre nature morale. La famille antique, indoue, grecque et latine, est le premier groupe considérable et elle devient; rinftrument des groupes plus élevés ; un^ masse d'idées )a constituèrent et en firent Tassociation compliquée que présente la vieille Rome. Ses liens parurent à la longue trop pesants et il arriva que la famille, qui étaii devenue un gouvernement et un culte sous la main rude de 1 aïeul, rentra peu à peu dans son lit naturel. Mais celaar* riva seulement après qu'il sç fût produit^ par son moyen, des habitudes* des sentiments, des idée^ c^^ pables de soutenir les relations d'un autre ordre qui en dérivaient. On sait aujourd'hui que la cité antique ne fut <|ue la réunion des génies, qui étaient la famille ayant atteint res:trême développement que l'ancien droit privé lui permettait d'atteindre-. Puis la g^ns se brisa, se perdit^ et Ton s'éleva a la notion d'une société civile d'une nature spéciale et plus
i . Mahomet eii de 1741 ; Noithan, de 4774.
% Fastel de Coulanges : la Cité antique^ Uv. II, ch. X et pas^im^
abstraite, qui avail pour élément Tindividu. Ce fut «ofîfi ^ans 1^ vaste empire dont Korpe était la tête qm s'élabora Tidée de l'Ëtai tel qu^ nous le com pr^Qoos, non plus l'Etat fédéral que voulait former Âibénes préteodaut à rbégémonie des villes grec qviés^ noa plus l'Ëlât despotique de la royauté macédonienoe, mm un organisme solide et souple, que la Barbarie vint démembrer, sans en tuer pourtant respril.
Notice épopée française est, conuioe la grecque^ du coipiDênoement d'uq monde ; seulement ce nouveau monde eH héritier de Tidée romaine. C'est pourquoi h Chanson de Roland ^ qni est tant inférieure à TIliada, et qui n'en a ni la variéié d'accent, ni lés grâces de détail, lui est pourtant supérieure par la pen^ qui la remplit, par la notion profonde d'une utilité sociale. Ce sont des sentiments tout personnels qui occupent le oœur de l'homme homérique ; il ne contrat^ de lien qu'avec tel ou tel dieu, et par un ai^te individuel ; le sentiment d'une obligation morale astreignant les hommes à obéir à up gouvernement lui est tout à fait étranger ; il ne connaît pas de loi: vipkoç n'est pas un mot homérique^. Le moade de la€haiaspn est autre. Roland, le preux, est baron chrétien ; il ne bouderait pas si longtemps