‹ La morale dans le drame, l'épopée et le romanChapitre 3 sur 52 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

J'avais montré surtout, dans la première édition de cet ouvrage , cette liaison constante du devoir et de l'obligation. J'accorde, dans celle-ci, une plus grande importance à l'étude des états historiques de la moralité ; j'y fouille plus avant dans l'âme des peuples, dans le génie des littératures ; j'y fais voir, en particulier, comment l'idéal du bien se transforme toujours, et comment l'histoire morale s'explique tout entière par une conciliation progressive, inégale selon les temps et les races, entre les émotions fondamentales reconnues et classées par la psychologie.

Je me garde d'attribuer aux poètes des pensées qu'ils n'ont pas eues. Ce qui m'intéresse est ce qu'ils ont dit sans le savoir. Les œuvres ne valent pas tant, au point de vue où je suis, par le dessein avéré de leurs auteurs, que par leur signification nécessaire dans l'ensemble des événements humains. Mes lecteurs peuvent être rassurés; je ne les engagerai point dans le roman d'une certaine critique littéraire.

En revanche, les véritables lettrés auront peut-être quelque profit à me lire. Je souhaite d'avoir leur suffrage aussi bien que celui des philosophes. Si ce travail reste encore bien imparfait, il n'est pas, je crois, sans avoir son utilité et sa nouveauté.

L'ÉPOPÉEEXAE ROMAN

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