‹ La morale dans le drame, l'épopée et le romanChapitre 45 sur 52 · L-\ MORALE DANS LE DR AMR · texte numérisé non relu

L-\ MORALE DANS LE DR AMR

qu'elles font prochaines et tangibles, achèvent enfln l'ordre moral.

Dans le monde de la loi écrite, la loi exprime Tordre et porte la peine qui garantit Tobéissance à cet ordre. Les sanctions légales sont, à bien regarder, une sorte de régulateur des sanctions naturelles. Ce sont les effets observés des actes qui conduisent les sociétés primitives à s'organiser d'une certaine façon ; le « fait » redresse l'homme dans les choses de la société et de la justice, comme il contrôle toutes ses expériences. Cependant, ni les sanctions naturelles ne s'épuisent sur l'individu: elles frappent sur plusieurs générations d'hommes; ni les sanctions légales ne sont infaillibles. Nous concluons logiquement des faits à un idéal de justice sociale qui n'est pas réalisé. Que la croyance en la survie des âmes ait eu son origine dans la crainte de la mort, dans la difflculté même de concevoir le non-être, ou bien dans les phénomènes du rêve, qui montrait le mort vivant d'une vie insaisissable, et pourtant à demi réelle aux yeux de l'homme primitif, on justifia du moins cette croyance par le désir de la justice. On continua dans un monde ultérieur le monde actuel pour le parfaire ; on imagina des châtiments et des plaisirs qui seraient la sanction dernière des actes de la vie inférieure ; et la crainte de ces châtiments inévitables, l'espérance de ces félicités divines, furent un mobile de la volonté humaine.

Mon dessein n'est pas d'exposer ici ni de critiquer les doctrines de la vie future. Le drame ne touche guère à ces spéculations, et il nous permet tout au plus de reconnaître la valeur de la croyance comme motif général de la conduite. Encore nous la montre-t-il beaucoup plus faible qu'elle n'a été sans doute.

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