CHAPITRE II
Fins pratiques du théâtre grec ; durée de la famille (ravenlurc d'Oresle) ; sainteté de la sépulture (VAntigone de Sophocle, les Suppliantes d'Euripide). — Kpisodes du Mahabharata et du RaghoU'Vança. Le Livre de liulh. — Triomphe de la cité et de la race {VIliade, les Perses d'Kschyle, les Romanceros^ le procès de Ganelon). — Distinction, à partir des stoïciens, entre le droit et la loi, entre la justice et son moyen utile. — La vertu comme énergie disponible (Sénèque le Tragique, Corneille et Polyeucte^ le théâtre espagnol). — L'idéal humain {don Carlos de Schiller).
Manger à sa faim, posséder la femme de son choix, s'assurer la jouissance des biens qu'on a acquis, femmes et enfants, pâturages et bétail, satisfaire à ses passions bonnes ou mauvaises et à son besoin de mouvement, combattre chaque jour pour sa sûreté ou pour son orgueil, c'était le souci de l'homme barbare, et c'est celui de l'homme civilisé. Les passions violentes ont pris, au cours du temps, ces formes adoucies, plus utiles à l'individu et à l'espèce : amour dans le mariage et dans la famille, libre dévouement de l'amitié, esprit municipal, patriotisme, amour de l'humanité. Le besoin d'exister en a fait vouloir les moyens ; il a produit les fonctions sociales, que déjà nous pouvons étudier dans les chants des premiers âges.
Bien faire, dans le théâtre grec, est une expression précise, concrète. La formule qui prescrit d'obéir aux