‹ La morale dans le drameChapitre 21 sur 59 · Tom- I <le la tr^d. d§ F.-V, Hugo · texte numérisé non relu

Tom- I <le la tr^d. d§ F.-V, Hugo

2. Beneferest (1530-1583), dont Shaksp^re lisait les ffiftoirçs *rt^g^l^e^i^ avait tiré son f^U d'Anûetli de la Chranique danaUe de Saxo-Grammaticus (fin xii* siècle).

fils, et il a son père à venger* ; mais il n'obéit pas au même commandement moral, et c'est la dissemblance des deux situations, quant à la nature du devoir, qui m'intéresse.

Le caractère qui a frappé M. Taine dans les héros de Shakespeare, c'est leur imagination 2. Son Hamlet, dit-il, a une imagination passionnée; il est une âme d'artiste, pareille à celle du poète lui-même, faite pour rêver et non pour agir; un mauvais hasard ^ l'a fait prince, un hasard pire le fait vengeur d'un crime, et il se trouve condamné par la fortune à la folie et au malheur. Le malheur fond sur lui tout d'un coup ; il voit la laideur humaine dans sa mère ! tt Hamlet parle comme s'il avait une attaque de nerfs continue. Sa démence est feinte, je le veux ^; mais son esprit, comme une porte dont les gonds sont tordus, tourne et claque à tout vent avec une précipitation folle et un bruit discordant. » S'il hésite à tuer son oncle, ce n'est point par horreur du sang et par

1. Giovanni Âlfredo Cesareo : Hamlet e i suoi critici^ in Ritnsta Europea, vol. IV, fascic. vi, IG déc. 1877.

Page 1