Trad, F.-V. Hufo
poignard imaginaire; il le touche, il lui semble voir dessus des gouttes de sang qui n y étaient pas tout à l'heure. « C'est celte sanglante affaire qui prend ainsi forme à ma vue. » En avant ! que la terre n'entende poin( ses pas ; les mots jettent un souffle trop froid sur le feu de Taction.
La première frayeur de Macbeth, après le crime, est que quelqu'un ait passé, ait parlé. Il s'inquiète de n'avoir pas pu prononcer amen, quand les officiers qu'il égorgeait pour arriver jusqu'à Duncan ont dit, en se réveillant à demi, — Dieu vous bénisse ! Il lui semble entendre une voix crier : Macbeth a tué le sommeil, le sommeil innocent... Macbeth ne dormira plus î Et pourtant il veut bénéficier du meurtre, il tue Banquo ; il veut éteindre cette race de Banquo, à laquelle les sorcières ont promis le trône. Il luttera jusqu'au bout, et il mourra « le harnais sur le dos. »
«• La plupart des critiques, écrit M. Onimujs *, me semblent s'être trompés en prêtant à Macbeth, après le meurtre .du roi, des sentiments de remords. Au contraire, il désire uniquement profiler de son crime ; il s'en applaudirait presque, s'il se croyait assuré de conserver la couronne. Plus de sentiments humains dans son cœur, sa conscience est morte; ce n'est