‹ La morale dans le drameChapitre 39 sur 59 · Édition Assézat, toni. VIL De la poéM draVMitique, l\l · texte numérisé non relu

Édition Assézat, toni. VIL De la poéM draVMitique, l\l

sa femme, pardonne à celte créature repentante, que le bon hasard lui fait un jour rencontrer. Ces deux êtres, tels que. Kotzebue les a peints, sont faits pour se rapprocher et essayer à nouveau le bonheur. C'est la solution désirable, ce n'est pas la solution commune, remarque M. Ernest Legouvé, qui a montré dans Une Séparation la réalité habituelle et terrible. Mais le xviii® siècle avait ouvert une veine de pardon intarissable.

« Lorsque je vois, écrivait encore Diderot', un scélérat capable d'une action héroïque, je demeure convaincu que les hommes de bien sont plus réellement hommes de bien que les méchants ne sont vraiment méchants; que la bonté nous est plus indivisiblement attachée que la méchanceté; et qu'en général il reste plus de bonté dans l'âme ^'un méchant que de méchanceté dans l'âme des bons. » De telles pensées soutenaient lai confiance des philosophes dans leur œuvre. Cette confiance n'était pas vaine ; ils savaient qu'on améliore les hommes en augmentant la somme des motifs éclairés et bons qui agissent sur leur volonté, et ils voulaient faire une atmosphère morale aux consciences obscures. Mais il est certain que la prétention de Diderot à gouverner l'art et le théâtre par la morale était erronée de la ma-

Page 1