Ibid. Deuxième eniretien
nière qu'il rentendait. Celte focile confusion de l'idéal esthétique avec Tidéal nîoral et religieux prouve seulement que le beau répond, comme dit W.
Wundt*, à ridée d'ordre. Notre sentiment esthétique est satisfait quand le monde nous apparaît un ensemble bien ordonné, où est réalisée l'harmonie que nous sentons en nous-mêmes ou que nous voudrions produire ; et nous confondons facilement l'ordre qui est le beau avec l'ordre qui est le bien ou le vrai, quoiqu'il soit toujours distinct de ces. deux pour notr« intuition.
Le mélodrame a pratiqué cette théorie de Diderot, et il l'a usée. Charles Nodier, qui se chargea d'éditer, en 1841, le théâtre choisi de M. de Pixérécourt, loue cet honnête homme d'avoir répandu dans le peuple des idées de justice et d'humanité, de lui avoir fait son éducation morale dans un temps où les églises étaient fermées. « Les méchants n'au- , raient osé se présenter dans un lieu de divertissement où tout les entretenait de remords déchirants et de châtiments inévitables. Un trouble invincible les aurait trahis. » Dans les circonstances où il apparut, le mélodrame était une nécessité. Il fallait dire à ces hommes de sang de l'époque révolutionnaire, à ces proscrits, à ces soldats, que, même ici-