‹ La morale dans le drameChapitre 41 sur 59 · Grundzûge der phynolog. Psychologie, siebenz. cap · texte numérisé non relu

Grundzûge der phynolog. Psychologie, siebenz. cap

bas, la vertu n'est jamais sans récompense, le crime sans punition. « Ce n'était pas pe^i de choise que le mélodrame! c'était la moralité de la Révolution! » Il ne fait pas l'apologie de ce genre comme ouvrage d*art. Et d'ailleurs, décochant un trait au romantisme, « la tragédie et le drame de la nouvelle école ne sont guère autre chose, dit-il, que des mélodrames relevés de la pompe artificielle du lyrisme. » Mais il croit fermement « qu'un mélodrame sagement conçu, qui, au but général des compositions dramatiques, celui d'exciter la crainte et la pitié, joignait avec succès celui d'éclairer la raison, de montrer le crime dans sa laideur et de faire aimer la vertu, était la seule tragédie populaire qui convînt à notre époque. J'ajoute avec conviction qu'après l'enseignement religieux, il n'y en a point qui ait rendu des services plus éminents à la morale publique et qui soit plus capable de lui en rendre encore *. »

« Vive Id mélodrame où Margot a pleuré ! »

Ce vers d'Alfred de Musset est la meilleure raison. Selon une loi qui gouverne les révolutions litlé-

4. Introd. ^n Théâtre choisi de G. de Pixérécourt, et article de la Revue de Paria ^ du 5 juillet 1835, tom. XIX. — M. Louis Bîanc pensait que l'Etat ne saurait renoncer à la direction de la société par le théâtre, sans abdiquer, et il voulait qu'on retirât la direction des théâtres aux spéculateurs, pour la confier à l'Etat ! — Uist. de J)i^'AnSf tom, IV, ch. xf.

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LA MORALE DANS LE DRAME iol

raires aussi bien que toutes les autres, il se fit une réaction égale à Taclion, et en général la littérature modtîrne est plutôt pessimiste, à mesure qu'elle passe de l'inspiration de George Sand à celle de Balzac, de l'idéalisme au réalisme, et surtout de Balzac à ses continuateurs qui se sont nommés « naturalistes. » • Je n'attache pas, je l'avoue (je fais ici une digression), grande importance à ces termes. Le drapeau et l'étiquette ne signifient guères, et, à vouloir définir précisément une espèce littéraire, on se prend toujours en des toiles d'araignée. Il y a les écrivains de génie et les médiocres, les œuvres fortes et les œuvres faibles. L'essentiel est de voir juste^ de faire juste, ne fût-ce qu'un petit morceau. Un vers d'Horace dit très bien cela ;

aScribendi rectèsapere est et prineipium et foDs. >

{M Pisonesy 309).

Secondairement une école, un auteur se distinguent par le point de vue sous lequel ils regardent les choses, et aussi par le rendu, par le style. Les œuvres d'art sont des morceaux de la vaste analyse de notre nature morale ; pour exécuter une telle analyse, ir est besoin de varier sans cesse le point de vue et de renouveler, par conséquent, les formes de ï'art. Mais quel critique se chargera de trouver une formule pour la littérature dans tous les temps ?

Disputera-l-on entre Daphnis ci Cliloé et le Banquet de Trimalciony entre Roland furieux et don Quù chotle, entre le Tasse et le Camoëns, entre la Princesse de Clèves et Manon Lescaut, entre Candide et Werther, entre Walter Scott et Dickens, entre le .Vicaire de Wakefield et Madame Bovary t A quoi bon chicaner les naturalistes et les classiques? Il y a plusieurs manières de faire réel, de faire vivant. iPour un personnage d art, dureç* dans la mémoire des hommes, c'est aussi vivre. Et tel, qu'on dit masque ou mannequin, existe pourtant de cette sorte : c'est qu'il est partie d'un ensemble moral qui a une réalité; c'est que, dans Tétude du monde si divers, le poète est bien maître de procéder par l'analyse d'un individu, ou par celle d'un fait d'ensemble, ou par la création d'une hypothèse, d'une fantaisie! Ce livre que j'écris s'appuie d'exemples empruntés à des œuvres qui appartiennent à des littératures très différentes, et ces œuvres ont donc une valeur réelle, puisqu'elles contribuent à éclairer, chacune par quelque côté, la nature morale de l'homme!

Si le drame bourgeois, au xviii° siècle, péchait à l'ordinaire par excès d'indulgence, M. Dumas fils l'a amené à une sévérité extrême. Il sacrifie, remarque M. Emile Montégul* , son duc de Septmons, de l'J^-

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