‹ La morale dans le drameChapitre 46 sur 59 · E. NAViLLÊ, /» Ph^iquê et îë Mofaie^ in RWé phUoê. mars · texte numérisé non relu

E. NAViLLÊ, /» Ph^iquê et îë Mofaie^ in RWé phUoê. mars

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termiaation même de son caractère. Que M. Feuillet â tronvé }à un dramaiiqàe et habile dénouement I

il est possible de distinguer, dans Tétudè d'utl earaclèt'e itiditiduel, la déterniination dû genre, celle de respëce^ et celle de l'individu. On a fait souvent la remarque^ sur le théâtre français comparé à eeliti de Sfaakspeare, que Voltaire» par exemple^ qui a été bon peintre de la jalousie, s'en tient aux signes du genre et ({Ue Sbakspeare indique toujours ceux d'es^ pè€e« Tartuffe a un signe d'espèce, qui est l'oreilk rouge et le teint bien fleuri* Le rotnati, qui a tant de ressourcés d'analyse, cherche l'individuel. Le roman naturaliste, avec MM. de Concourt, Zola, etc., épuise la description des particularités du sujet tnorai, et à eattse dé cela cette école est exactement déterministe.

Bâl2ac, dans Eugénie Grandet, avait étudié avec ufie rare perrectlofi les influences de Thérédité et de Tbabitude. Sous là main rapaoe du riche Grandet, dans tmô maison de Saumur fioire et sans soleil, mère, Ûlle et servante vivent chichement, assujetties, décolorées. Un moment, à la flamme de l'amour, Eogéilie s'amollit et commence de se transformer; pttiâ dêfoô, découfâgée, elle est reprise par les habitudes de son enfance. Elle se marie et reste veuve ; son père et sa mère ne sont plus ; et pourtant la riche M'''' dé Bofifôn^, malgré ses huit cent-mille livres dé rente, vit comme avait vécti la pauvre Eugénie Gran-

det, n'allume le feu dé sa chambre qu'aux jours où jadis son père lui permettait d'allumer le foyer de la salle ; elle est toujours vêtue comme Tétait sa mère. Son âme délicate est pâlie sous des teintes froides.

M. Zola s'attarde volontiers à retracer les crises d'une nature médiocre, qui, sous l'action d'un ferment qui y était déposé, s'altère et se dégrade insensiblement. La volonté, chez Gervaise (de V Assommoir), est en un éiat d'indifférence et sujette à suivre telle ou telle route selon que les circonstances feront naître les motifs. Que le zingueur Coupeau ne tombe pas du toit et ne prenne pas l'habitude de boire durant sa convalescence, la Gervaise restera la femme honnête et laborieuse qu'elle est au début; mais, lorsque Coupeau a pris le chemin de « V assommoir » du père Colombe, Gervaise s'y achemine à son tour, parce que le fond de sa nature est une mollesse, un ^ abandon facile des sens ; elle a été conçue pendant J'ivresse, de père et mère adonnés à la boisson, et voilà le germe héréditaire, la fatalité physiologique qui remplace le destin.

Mais ici même apparaît le défaut de M. Zola, qui est de tout aggraver, tout empirer. Il arrive que ses héros, soumis à Tinfluence d'un motif qui exclut tous les autres et s'empare de l'être moral tout entier, tombent en un état de folie véritable. Sa M'"® Mouret (de la Conquête de Plassans) devient

vraiment folle de son amour mystique et charnel pour Tabbé Faujas. Mouret n'est pas moins fou du cas de sa femme, et celui-ci fou à lier.

Je pourrais analyser un grand nombre d'œuvres. On trouverait toujours la même chose : d'un côté, la détermination de la volonté par les motifs, qui viennent de l'hérédité, du tempérament, de l'éducation, du milieu, des circonstances actuelles; et d'un autre côté, le pouvoir de la raison de produire des motifs nouveaux en opérant sur les éléments tournis. En sorte que Thomme a le sentiment d'une liberté morale, qui est relative, et néanmoins suffisante pour qu'il s'estime lui-même toujours responsable *.

Que le poète fortifie Faction des motifs éclairés et justes, qu'il nous inspire, comme dit Labruyère, des sentiments nobles et courageux, son œuvre prendra une valeur supérieure. Et à ce propos j'ajoute qu'une œuvre bien faite, quoique sans but expressément moral, intéresse toujours le moraliste, parce qu'elle l'instruit sur la valeur pratique des motifs et parlant sur le mode d'éducation le plus propre à préserver et à réparer la santé morale.

1. Observer d'ailleurs, avec M. Kibot(te« Maladies de la volonté, Paris,18B3), que, «considérée comme état de conscience, la volition n'est rien de plus qu'une affirmation », et que « ce n*est pas Fétat de conscience, comme tel, mais bien Tétat physiologique correspondant, qui se transforme en un acte. »

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Détârnoiner une figure d'art, n'est-ea pas ]a faire vpaid 9 Le drame^ dans le détail, (pontra la méca^ nisme, la nécessité; dans l'ensemble, il montre le perfectionnement du déterminisme de rinstine^ brut par eelui de la raison et de la eonscience acquise. Ce serait peine percjue de chercher plus loin.

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