Eth. :Nic., lib. VIII, c. I (édit. Didot
LA MORALE DANS LE DRAME i5
lions qui ne gardent plus que le souvenir des ivresses passées? On a fait la part du feu, la part de la bête, etVunion des âmes, qui persiste seule, n'est pas moins étroite. Vauvenargues * observe finement que, si les sens forment le nœud de Tamour, ils n'en sont pas toujours l'intérêt principal, et « qu'il n'est pas impossible qu'il y ait un amour exempt de grossièreté. » Un homme, dit-il, ayant toute liberté du choix, ne se décide pas toujours pour la femme qui lui paraît la plus belle : la raison de cela est que chaque beauté exprime un caractère particulier ; et celui qui entre le plus dans le nôlre, nous le préférons. C'est donc l'âme que nous cherchons, et si l'on nous persuadait que l'intérêt des sens est opposé à celui de l'esprit, nous le lui sacrifierions. Cet amour pur, ajoule-t-il, resterait pourtant une passion et ne saurait être confondu, avec l'amitié ; « car, dans l'amitié, c'est l'esprit qui est l'organe des sentiments, et ici, ce sont les sens. » Vauvenargues laisse pourtant à décider ce dernier point, et je tranche ce doute en rattachant tout le groupe des relations sympathiques, je ne dis pas à riastinct sexuel précisément, mais 4 l'impulsion vers autrui qui l'accompagne ^.