‹ La morale de Dumas filsChapitre 10 sur 22 · LA RÉFORMATEUR DES MOEURS ET DU CODE · texte numérisé non relu

LA RÉFORMATEUR DES MOEURS ET DU CODE

L'auteur de UAmi des Femmes est un homme de quarante ans. Avec Mademoiselle La Quintinie, avec Monsieur Sylvestre, son inspiratrice de prédilection, George Sand, revient, vers cette heure, à traiter des questions religieuses et sociales, à prêcher ce mysticisme démagogique issu de Rousseau qui avait conduit sa plume entre 1835 et 1850, qu'elle avait un instant délaissé après la leçon de 1848, mais dont elle crut pouvoir entretenir à nouveau la quatrième génération rousseauiste vers 1865, au prix d'un certain rajeunissement de ses formules. Et c'est bien cette influence que subit à ce moment Dumas fils puisque tout le monde reconnut la femme de lettres célèbre dans le principal personnage des Idées de Madame Aubray.

Dans une sorte de profession de foi qu'il adressait alors au j eune Francisque Sarcej^ et qu'il a réimprimée au premier volume de ses Entf actes, \\ se déclare fatigué d'être appelé l'auteur de La Dame aux Camélias ou du Demi-Monde. Il est rassasié jusqu'au dégoût, proclame-t-il, de cette notoriété boulevardière qui

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fut pour lui le fruit précoce et trop facilement cueilli de ses débuts à tapage. Son insuccès de la veille l'avertit, au surplus, que le public est pour l'instant fatigué des anecdotes d'alcôve qu'il lui a servies jusque-là. Il va donc faire en sorte de devenir utile, lui aussi. Il va mettre le théâtre au service des graves questions dont se préoccupent les esprits sérieux et non plus aider seulement « à la digestion de ses K contemporains ». Il prétend créer des œuvres conformes aux idées nouvelles qui surgissent de toutes parts, exercer une action morale et sociale par la littérature dramatique. — Son premier essai sur cette voie fut Les Idées de Madame Aubray, représentées en 1867.

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